KAUNITZ Dominique André de

Catégorie: Portraits
Année : 1697

 

*P.309

Âge du modèle : 38 ans

Huile sur toile. Dimensions inconnues.
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Absent des livres de comptes d’où la confusion de Roman avec le portrait de son fils exécuté en 1698. L’inventaire du château de Slavkov, en 1812, attribue à Riggo un portrait de mêmes dimensions mais en ovale, représentant Eléonore von Sternberg, épouse de Kaunitz. Ce portrait servit de modèle pour l’un des huit portraits décorant la salle à manger du château et peints par Maurer dans la seconde partie du XXe siècle.

Bibliographie :

Lossky, 1946, p. 34-36 [comme conservé au château de Slavkov] ; Perreau, 2013, cat. P.309, p. 101 [comme tableau conservé au château de Slavkov, P.589] ; James-Sarazin, 2016, cat. P.342, p. 119 [comme tableau conservé au château de Slavkov].

Longtemps associé au portrait du comte de Kaunitz conservé au château de Slavkov à cause d'une inscription signature apocryphe rapportée au dos après rentoilage (« Hyazinthe Rigaut pinxit 1692 à Paris »), l'effigie peinte par Rigaud de Dominique-André, comte de Kaunitz (v. 1654-1705), représentant de l’empereur au traité de Ryswick (1697) doit être considérée comme perdue. Si son existence est supposée par une lettre que lui adresse son fils en 1698 pour lui demandant de lui fournir les dimensions de son portrait peint plusieures années auparavant par Rigaud, le portrait de l'ambassadeur ne peut correspondre à la toile de Slavkov, ne serait-ce qu'à cause de l'invraisemblance de l'âge du modèle représenté. Dominique-André aurait en effet du avoir près de 38 ans en 1692, date de la signature supposée, ce qui semble, comme l'ont fait récemment remarqué plusieurs chercheurs, désormais impossible à soutenir. L'iconographie de l'ambassadeur est, en outre, bien connue par l'estampe que réalisa Gérard Edelinck en 1697 d'après un tout autre portrait. Le modèle y arbore les insignes de l'ordre de la toison d'or (collier et grand manteau) obtenus dès 1687, insignes que Rigaud n'eut pas omi de représenter ni Kaunitz d'exiger la représentation.

Dominique-André, comte de Kaunitz était le fils de Leopold-Wilhelm von Kaunitz (1614-1655) et d’Eleonore von Dietrichstein (1623-1687), lesquels s’étaient unis le 16 novembre 1626. Le comte épousera quant à lui, le 25 novembre 1675, Maria-Eleonore, comtesse von Sternberg (v. 1657-1706), fille d’Adolf-Wratislaw Udalrich, comte von Sternberg (v.1627-1703) et d’Anna-Lucia, comtesse Slawata von Chlum und Kosumberg (1637-1703). La famille tchèque des comtes de Kaunitz donna à l’empire Autrichien toute une dynastie de diplomates, dont le plus connu est Venceslas-Antoine (Wenzel-Anton), chancelier de Marie-Thérèse et qui se fit notamment portraiturer par Tocqué (Doria, n°150).

Depuis 1526, le Royaume de Bohême faisait partie de la monarchie habsbourgeoise. Des rapports plus intenses, entre cette dernière et la France, se nouèrent au XVIIe siècle. C’est alors, que le comte Vaclav Ferdinand, de la famille aristocratique tchèque Lobkowicz, fort orientée vers la France, devint ambassadeur de la monarchie en France. Or les années soixante-dix sont très peu favorables à une coopération avec la France du fait que la monarchie est alors du côté de la coalition anti-française.

En 1668, Ferdinand Bonaventura, comte de Harrach (autre modèle de Rigaud) devient ambassadeur impérial en France puis cède sa place à notre modèle, grand admirateur de la cour française, représentant de l’empereur au traité de Ryswick (1697), collectionneur d’objets d’art et bâtisseur du château de Slavkov (Austerlitz). Pour la construction du château et du superbe parc qui l’entoure, Kaunitz s’inspirera largement de Versailles. Chevalier de la Toison d’or (maison de Habsbourg) en 1687, il fit son Grand Tour en Italie, en France et en Angleterre. Il est envoyé par l’empereur d’Autriche en ambassade au Vatican, à Turin, et au congrès d’Aix-la-Chapelle où il signe la paix pour l’Autriche. Nommé ensuite ambassadeur en France, il œuvre pour le rapprochement des deux pays. Nommé chancelier, il sert encore deux empereurs avec dévouement, ce qui lui vaut le sobriquet de cocher de l’Europe.

De son mariage il aura trois enfants dont Maximilian-Ulrich von Kaunitz (1679-1746), peint par Rigaud en 1698 [P.589].

 

mise à jour 16 août 2017

Localisation de l´œuvre :

château de Slavkov, Czech Republic

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan