ANONYME (FLEURIAU D'ARMENONVILLE ?)

Catégorie: Portraits
Année : 1692

 

P.sup.4

Huile sur toile
Dimensions inconnues (à mi-corps)
Collection particulière

Historique :

Peint aux alentours de 1690-1700.

Bibliographie :

Jacky, 2010, cat. P.444, p. 110 [pour le petit riccordo] ; James-Sarazin, 2016, II, cat. P.273, p. 97 [v. 1685-1690 ; portrait représentant un anonyme].

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 127 ; L. 101,6 cm. New York, collection privée. Ancienne étiquette : Propriété / de M. le Duc de La Rochefoucault Doudeauville. Ancienne collection des duc de La Rochefoucault ; par descendance à Ambroise Polycarpe de La Rochefoucauld (1765-1841) ; à leur fils Sosthène de La Rochefoucauld (1785-1864), second duc de Doudeauville ; par descendance jusqu'en 1880 ; Ancienne collection Sud-américaine (région de Buenos Aires) jusqu'en 2018 ; acquit à cette date par un collectionneur new Yorkais* ; restauré par Lowy à New York ; vente Thomaston Place auction galeries, 27 août 2021, lot. 2224***. Bibliographie inédite jusqu'à sa mise en ligne sur notre site en 2019.
  • 2. Huile sur toile d'après Rigaud (riccordo). Vente Fécamp, 17 décembre 1995, s.n. (entourage de Rigaud, M. de Nadaillac, portrait présumé, v. 1710), H. 42 ; 32 cm. Collection particulière. Bibliographie : Jacky, 2010, cat. P.444, p. 110 [comme portrait présumé du comte de Toulouse par Alexandre François Desportes].
  • 3. Huile sur toile ovale d'après Rigaud. H. 81,2 : L. 63,5 cm. Taïwan, Chimei museum, inv. 0010842*****. Hist. : Paris, galerie Yvonne de Brémond d'Ars en 1976 [comme portrait présummé du scupteur François Girardon] ; vente Paris, Christie's, 26 juin 2008, lot. 39.
  • 4. Huile sur toile ovale d'après Rigaud. H. 82 ; L. 66 cm. Orléans, musée des Beaux-arts. Inv. 927. Hist. : entrée au musée entre 1844 et 1847. Bibl. : catalogue du musée, 1847, cat. 450 [école française du XVIIe siècle] ; Ibid., 1851, cat. 228 ; Ibid. 1876, cat. 51 ; Ibid. 1878, [s.n.] p. 108. Exposé à Orléans en 2002, cat. 157 [comme portrait de Nicolas François Rémond attribué à Jean Le Gros].
  • 5. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 80 ; L. 66 cm. Madrid, musée Cerralbo. Inv. 3748. [Attribution effectuée en 1982 par Juan José Luna, conservateur du Museo del Prado qui situe l'œuvre vers 1701-1710 : « El óleo sobre lienzo representa el busto de un caballero desconocido, de frente, que gira su rostro hacia la derecha. Lleva la característica peluca grande de finales del siglo XVII y comienzos del siglo XVIII y viste jubón con bordados en oro, cuyo cuello se abrocha con una cinta azul, que se ve sin atar y suelta. El personaje está envuelto en una capa bermellón, cuyas crestas se marcan con pinceladas blancas. Juan José Luna, conservador del Museo del Prado, atribuyó en 1982 el retrato a Hyacinthe Rigaud, retratista por excelencia de la época de Louis XIV ».]
  • 6. Huile sur toile d'après Rigaud (suiveur ?). H. 80 ; L. 65 cm. Ancienne collection particulière varoise à Montauroux ; Vente Oise Enchères, 12 septembre 2020, lot. 909, « École française vers 1700 - Suiveur de Hyacinthe Rigaud, portrait d'homme à la perruque et au drapé ». Bibliographie inédite jusqu'à sa mise en ligne sur notre site en 2020.**
  • 7. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 40 ; L. 32 cm. Localisation actuelle inconnue. Tableau confisqué par la Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg entre 1940 et 1942 (inv. KRÄ 21), album, Etats Unis, OMNIA, National Archives at College Park (« Nicolas de Largillière. Bildnis eines Herrn mit Allongeperücke ; SäulenarchiteKtur »). Cette version est assez proche de celle vendue à Fécamp en 1995 (P.sup.12-2) mais en diffère par la représentation, par exemple, d'un galon supplémentaire sur le bord de la tunique****.

Descriptif :

Lors de la vente Christie's de 2008, nous avions été sollicité par les experts pour donner notre avis sur un portrait en buste ovale dont nous n'avions vu alors aucun équivalent mis à part son double du musée d'Orléans et celui du musée Cerralbo. Tous deux de qualité très moyenne, ils n'aidaient alors pas à déterminer l'auteur de l'image. En effet, si, comme Juan J. Luna l'avait signalé la vêture reprenait indéniablement des habitudes prises par Rigaud pour représenter des modèles en tenue décontractée (veste de brocard ouvrante sur une chemise de coton au col lui-même ouvert et à la chaconne dénouée), nous avions émis de nombreuses réserves quant à la partenité de l'œuvre. Sachant le goût des aides d'atelier pour le pastiche, il était alors possible, en considérant une touche molle et sans affect, d'imaginer ici la manière d'un collaborateur (le musée d'Orléans avait d'ailleurs avancé le nom de Jean Le Gros pour sa version).

Toutefois, nous supposions que les trois versions en ovales étaient une réduction d'un plus grand portrait, mais là rencore, la seule représentation de la composition originale que nous connaissions avant 2013 était une très mauvaise photographie en noir et blanc, tronquée, jadis à la documentation des peintures du Louvre. Plus récemment, un petit riccordo découvert par Pierre Jacky, et attribué par lui à Alexandre Desportes est venu confirmer que la composition devait avoir connu un certain succès à la duplication. La réappartition de la copie d'atelier vendue aux Etats Unis en 2021 (P.sup.12-1) confirme selon nous que l'original (non localisé) revient à Rigaud.

Ces formats mettaient en scène de riches clients dans des poses ostentatoires au sein d'un décor autant pallatial qu'immaginairement sylvestre, agrémenté au besoin d'un accessoire. De Pierre Vincent Bertin (1685) à Martin Desjardins (1692), en passant par Henning Meyercroon (1690) et, beaucoup plus tardivement à Voyer d'Argenson (1732), tous posaient nochalamment devant le spectateur, une main tendue vers l'avant, en un mouvement de montre.

Positionné derrière un large fauteuil sur le dossier duquel il s'appuie (le même que l'on voit, par exemple, chez Le Tonnelier de Breteuil), le présent modèle se tient devant une colonnade. Si l'on a proposé une datation basse dans la carrière de Rigaud, nous pensons plus volontiers, compte tenu du développement de la perruque, de la proximité du style du fauteuil avec celui du portrait de Charles René d'Hozier (1691) et de la posture de la main tendue, très similaire à celle du portrait du sculpteur Desjardins (1692), que le portrait doit davantage être datable des alentours de 1690-1695. La colonne annelée à droite, constitue en effet un élément récurrent des compositions du catalan à cette époque, comme dans son Saint André, pour ne citer que lui. Les drapés, au réseau plus complexe que celui du Bertin ou même du Desjardins, témoignent d'un goût plus affirmé, plus récurrent au tournant du nouveau siècle. Juan J. Luna, grand spécialiste de Rigaud et de Ranc en Espagne, datait l'image du portrait des alentours de 1701-1725.

Avec toutes réserves, il serait assez tentant de voir dans ce grand format, le premier portrait de Fleuriau d'Arnemonville, peint en 1692. La récente copie proposée sur le marché de l'art en 2021 (que son propriétaire américain nous avait soumi dès 2019 de même que la maison Sotheby's qui devait initialement se charger de la vente) possède en effet en son verso le même étiquette de provenance que le troisième portrait de l'intendant des finances, peint en 1709. Malgré un cadrage différent du visage, et en tenant compte d'un embompoint pris au fil des années, les deux modèles présentent des caractéritisques physiques communes : même couleur des yeux, même goître sous le menton, même lèvres et nez prononcé et arqué. 

 


mises à jour : * 25 mars 2019 ; ** 27 août 2020 ; *** 31 juillet 2021 ; **** 7 novembre 2021 ; ***** 20 août 2022

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan