LE TONNELIER DE BRETEUIL Louis Nicolas

Catégorie: Portraits
Année : 1701

 

PC.724

Âge du modèle : 53 ans

Huile sur toile
H. 146 ; L. 113.
France, Collection particulière [inédit].

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1701 pour 450 livres (ms. 624, f° 19 : « M[onsieu]r le baron de Breteüil »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 82, 87 ; cat. Orléans, 2002, p. 190, n° 171 [=atelier de F. de Troy]) ; Perreau, « Jean Le Gros (1671-1745), à l'image de Rigaud » [en ligne], www.hyacinthe-rigaud.over-blog.com, juillet 2011.

Perreau, 2013, cat. PC.724, p. 165-166.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 99,8 ; L. 81,3. Orléans, musée des Beaux-arts. Inv. 558. Don du baron Adrien Prieur de Blainvilliers en 1880 (comme école de Largillierre) ; Inscription postérieure à même la toile : LOUIS N. BARON DE BRETEÜIL / ET DE PREVILLY PREMIER BARON / DE TOURAINE INTRODr DES AMBrs / ET DES PRINCES ETRANGERS / AUPRES DU DOY 1701. 
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 88 ; L. 114. Château de Breteuil (salon doré) avec l’inscription postérieure suivante : LOUIS BARON DE BRETEUIL ET DE PREVILLY, 1er BRON DE TOURAINE, AMBASSADEUR DU ROY AUPRES DE SA MAJESTE DES DEUX SICILES 1700. Le modèle est représenté avec le dossier du fauteuil et le chapeau. Dans le même salon, disposé en pendant, est conservé un portrait présumé de Chestienne Lenoncourt, épouse de Louis Le Tonnelier, sieur de Breteuil et de Conty, contrôleur général des finances morte le 30 août 1707 selon une inscription à même la toile. Cette huile sur toile (H. 85 ; L. 111) est faussement attribué à Rigaud. On doit vraisemblablement la rendre à un artiste ayant copié François De Troy.
  • 3. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 58,5 ; L. 73. Château de Breteuil (premier étage, petite antichambre rose), avec l’inscription postérieure suivante à même la toile, de part et d’autre du visage : LOUIS BARON DE BRETEÜIL / ET DE PREULLY INTRODUCTEUR DES / AMBASSADEURS ET PRINCES / ETRANGERS AU PRES DU ROY. Le modèle est représenté en buste sans les mains, le fauteuil ou le chapeau. 
  • 4. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 64 ; L. 83. Château de Breteuil (bibliothèque), avec avec l’inscription postérieure suivante à même la toile, de part et d’autre du visage : LOUIS BARON DE BRETEVIL / ET DE PREVILLY, 1er Bron de ToVRaine / INTRODVCTEVR DES AMBASSADEVRS / ET PRINCES ETRANGERS / AU PRES DU ROY / ET SON AMBASSADEUR / AUPRES DE SA MAJESTE / DES DEUX SICILES. Même représentation que le numéro précédent et en pendant d’une copie d’après Largillierre du portrait de sa seconde épouse. 
  • 5. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 82 ; L. 65. Vendu avec son pendant féminin à Paris, Hôtel Drouot, Dumousset-Debureaux, 4 juin 1997, lot 47 (comme école de Mignard). 
  • 6/ Huile sur toile, suiveur de Rigaud (var.), H. 90,2 ; L. 71,1. Collection particulière (vente New York, Sotheby’s, 28 mai 1999 [=Largillierre]).
  • 7. Huile sur toile, suiveur de Rigaud (XIXe s.), H. 53,5 ; L. 41,5. Collection particulière (vente Bâle, Beurret et Bailly, 23 juin 2012, lot 294).
  • 8. Pierre noire et rehauts de blancs sur papier bleu vergé. Traces des mise au carreau. H. 41,1 ; L. 31,4 cm. Madrid, Bibliothèque Nationale. Inv. Barcia.1906, n.9035. Ancienne collection Izquierdo. Don du Museo de Ciencias Naturales, 1904. DIB/13/15/61. Identifié par D. Brême en 2000 (note manuscrite à la conservation). 

Copies et travaux : 

  • 1700 : Leclerc reçoit 6 livres « pour la broderie de l’habit de M[onsieu]r le Baron de breteüil » (ms. 625, f° 8).

Si les deux premiers portraits du baron Louis-Nicolas Le Tonnelier de Breteuil (1648-1728), peints respectivement en 1692 et en 1698 n'ont malheureusement pas été encore retrouvés, on avait par contre une bonne idée de l'aspect du troisième portrait de 1701, ceci grâce aux nombreuses copies conservées au château de Breteuil. D'inégales qualités, parfois tronquées ou arrangées, elles témoignaient cependant assez bien du faste avec lequel le baron souhaita commémorer sa nomination comme introducteur des ambassadeurs le 19 novembre 1698 (Gazette de France).  

Debout, portant une ample perruque et une large veste de velours brun à poches en passepoils et brandebourgs galonés d'or, Breteuil se tient devant un large fauteuil à haut dossier, sur lequel il s'appuie d'une main. De l'autre, il laisse dépasser son chapeau d'ambassadeur sur le devant du meuble. Si les copies du château de Breteuil ont transformé le dossier du fauteuil dans son épaisseur et son capitonnage, le dessin conservé à Madrid montre qu'il était à l'origine simplement clouté sans bordure en galon.

C'est à la faveur d'une visite dans un château privé du centre de la France où l'on nous avait signalé des œuvres de Rigaud que nous avons redécouvert ce qui semblait être le portrait original peint. Enchassé dans les boiseries d’un grand salon, le tableau semblait en assez mauvais état pour avoir subi des infiltrations d'eau par le plafond et les murs de la pièce ; les dégâts se matérialisaient par des grandes coulures de calcaire sur la surface peinte qui s'ajoutaient malheureusement à quelques manques à la peinture, des zones de chancis dans les vernis et de nombreux soulèvements. Néanmoins, l'aspect autographe ne faisait aucun doute tant la qualité des carnations, des drapés et des matières frappait immédiatement. Les ombres notamment, sur le dossier du fauteuil montraient une grande finesse d'exécution. Un examen plus attentif, à l'aide d'une échelle, montra la grande réussite psychologique du visage et acheva de nous convaincre. Les mains, tout particulièrement, honoraient le savoir faire de Rigaud, avec leurs ongles brillants et le bout des doigts soignés.

Jusqu'ici, la toile n'avait pas été localisée, même dans les archives du docteur Gallenkamp qui travailla le premier sur Rigaud. Pour la présenter dans notre catalogue concis de 2013, nous avions légèrement nettoyé l'image en diminuant les traces blanches mais c'est à l'état naturel que nous l'insérons aujourd'hui dans cette notice.

La très ancienne collection dans laquelle le portrait du baron de Breteuil est conservée, comporte également une autre grande effigie, celle d'un militaire jusqu'ici inédit ainsi que d'autres portraits.

Nous remercions le propriétaire actuel d'avoir accepté de nous laisser prendre des clichés inédits de ces tableaux et de les publier en conservant son anonymat. 

 

 

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan