LE TONNELIER DE BRETEUIL Louis-Nicolas

Catégorie: Portraits
Année : 1692

 

*P.305

Âge du modèle : 44 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [à mi-corps]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1692 pour 300 livres (ms. 624, f° 8 : « Mons[ieu]r le baron de Breteüil »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 32 ; Perreau, 2013, cat. *P.305, p. 100.

Premier portrait de Louis-Nicolas Le Tonnellier, baron de Breteuil (1648-1728), qui fait suite à l’effigie de sa mère, peinte en 1691. Le baron sollicitera à nouveau le peintre en 1698 pour un buste valant 140 livres afin de commémorer sa nomination au poste d’introducteur des ambassadeurs. L'année 1701 verra la production d’un nouveau portrait atteignant les 450 livres. Malheureusement, nous ne savons à quoi pouvait ressembler cette première effigie dont le prix de 300 livres en cette année 1692 suppose une composition élaborée. On se rapportera au portrait de 1701 pour l’iconographie existante.

Fils benjamin de Louis Le Tonnelier de Breteuil (mort le 18 janvier 1685), intendant en Cerdagne, en Roussillon et en Languedoc puis conseiller d’État et contrôleur général des finances (1657) et de Chrestienne Le Court (ou Lenoncour), Louis-Nicolas fut contrôleur général avant d’être envoyé en ambassade auprès du duc de Mantoue et d’autres princes d’Italie en 1682. À son retour en 1684, il devenait conseiller du roi. Il acquit à ce moment d’Étienne Chabenat de Bonneuil, vicomte de Savigny (mort en 1680), pour moitié avec Nicolas II Sainctôt, seigneur de Vemars (v.1632-1713), Maître des Cérémonies de France de 1655 à 1691, Introducteur des Ambassadeurs de 1691 à 1709 (voir son portrait dans le goût de Largillierre conservé à Versailles MV3569, 142,5 x 112 cm), la charge d’introducteur des ambassadeurs. Il devait vendre sa charge à Nicolas-Joseph, marquis de Magny en 1715 après la mort du roi. Outre ses Mémoires, il laissa des relations sur deux évènements, la réception des ambassadeurs du roi de Siam (1686) et le mariage du duc et de la duchesse de Bourgogne (1697). Il acheta la baronnie de Prévilly en 1690, ce qui lui conférait le titre de premier baron de Touraine et possédait le château d’Azay-le-Féron. Il est le père de la célèbre « belle Emilie », Gabrielle-Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet-Lomont (1706-1749), amie de Voltaire (voir son portrait par Marianne Loir et celui par Largillierre au Columbus Museum of Art - Ohio USA). Du baron, qui protégea les arts et les lettres, et qui aurait été le modèle de Celse dans les Caractères de La Bruyère (« Du mérite personnel »), mais aussi le héros de L’Histoire des Amours de Cléante et de Bélise, publié en 1689 par la présidente Ferrand qui était sa maîtresse, Saint-Simon (Mémoires, I, p. 569-570), dresse un rapide portrait du baron : « C’était un homme qui ne manquait pas d’esprit, mais qui avait la rage de la cour, des ministres, des gens en place ou à la mode, et surtout de gagner de l’argent dans les partis [traités passés entre le contrôleur général et les gens de finances, les partisans ] en promettant sa protection. On le souffrait et on s’en moquait. Il avait été lecteur du Roi, et était le frère de Breteuil, conseiller d’Etat et intendant des finances [François Le Tonnelier]. Il se fourrait fort chez M. de Pontchartrain, où Caumartin, son ami et son parent, l’avait introduit. Il faisait volontiers le capable, quoique respectueux, et on se plaisait à le tourmenter ».

L’inventaire après décès de notre modèle, qui ne mentionne aucun portrait de lui, signale plusieurs peintures, essentiellement des œuvres religieuses, des toiles décoratives, et quelques tableaux d’histoire dont une Réception d’un ambassadeur par Louis XIV. Voir les portraits de son épouse en 1698 [*P.569] et de son neveu en 1709 [*PC.1027].

Poser une question à propos de cette oeuvre
Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan