FLEURY DE LA JONCHÉRE Charlotte de

Catégorie: Portraits
Année : 1719

 

*P.1272

Âge de la modèle : 27 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [à mi-corps]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1719 pour 1500 livres (ms. 624, f° 39 v° : « Mad[am]e de la Jonchère [rajout : entièrement original ]») ; inscrit une seconde fois en 1721 (ms 624 f° 40 v°, rajout de Huslt : « M[a]d[ame] de la Jonchère »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 187, 191, 192, 197 ; Perreau, 2013, cat. *P.1272, p. 257 ; James-Sarazin, 2016, II, cat. *P.1341, p. 456.

Copies et travaux :

  • 1721 : « Une copie de M[a]d[ame] de la Jonchère pour M[onsieu]r Michel » pour 300 livres (ms. 624, f°40 v°).
  • 1721 : « Autre copie en buste de M[a]d[ame] de la Jonchère » pour 300 livres (ms. 625, f°41).
  • 1722 : La Penaye reçoit 50 livres pour « Un buste de M[a]d[ame] de la Jonchère, avec une main »  (ms. 625. f° 34 v°). 
  • 1723 : La Penaye reçoit 50 livres pour « un autre buste de même [l'habillement] de M[a]d[am]e de la Jonchère » par La Penaye pour 50 livres (ms. 625. f° 34 v°). 

Descriptif :

Demi-sœur de la marquise d’Avaugour, Charlotte de Fleury (1692-1757), dite « Charlotte Raisin », était la fille de Jean-Baptiste Siret dit « Raisin cadet » (1656-1693), comédien à l’Hôtel de Bourgogne et au théâtre Guénégaud (lequel était fils de l’organiste Troyen, Siret). Sa mère, Fanchon Lonchamps (v.1662-1721), dite Françoise Pitel ou « Mademoiselle Raisin », fut une célèbre comédienne et maîtresse du Grand Dauphin ce qui fit dire à certains auteurs que Charlotte Raisin avait été, en réalité, l'une des filles naturelles du prince. En réalité, comme le montre Jal, elle naquit 6 février 1692, avant que sa mère, devenue veuve à partir de 1693, n'entretienne sa liaison avec le fils de Louis XIV.

Notre modèle épousa, le 17 août 1707 devant Louis Doyen, notaire à Paris, Gérard Michel, seigneur de La Jonchère 1. Si son époux, seigneur de Vaucresson avait acheté à Barentin la terre de la Malmaison, sa veuve, qui n'aimait pas la campagne, la loua en 1756 à M. de Boulogne. Elle meurt à Paris, le 18 avril 17572.

Nous pensons que le portrait de 1500 livres fut commandé en 1719 et peut-être achevé et payé en 1721, date à laquelle Hulst rajouta une seconde mention de l'œuvre au même prix, motivé par les travaux qui furent faits à ce moment là. Dans tous les cas, le prix élevé du portrait ne peut correspondre comme l'a affirmé la notice d'une vente à Sotheby's en Italie3, au buste sans mains d'une femme anonyme, et qui ne semble pas avoir été une réduction d'une plus grande composition et dont le style est assez tard dans le siècle (aux alentours de 1730-1740). 

 


 1. Albert Babeau, « Journal de La Jonchère », Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, t. XXV, 1898, p. 131-141. Paris, archives nationales, minutier central, ét. XLIX, 441. James Sarazin indique fautivement la date du 30 août pour le mariage qui correspond, en réalité, au testament de Françoise Pitel, veuve Raisin.

2. Bernard Chevallier, « La Malmaison avant Joséphine », Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, 1979, vol. 106, p. 99.

3. Notice rédigée en collaboration avec Ariane James Sarazin.

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan