BÉTHUNE Hippolyte de

Catégorie: Portraits
Année : 1694

 

*P.363

Âge du modèle : 51 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1694 pour 140 livres (ms. 624, f° 9 v° : « Mons[ieu]r l’évesque de Verdun [rajout : Hypolite de Béthune] »).

Bibliographie :

Hulst/3, p. 176 ; Mariette 1740-1770, III, f° 45 v°, n° 11, VII, f ° 6 ; Roman, 1919, p. 38, 40, 42 ; Perreau, 2004, p. 211 ; Levallois-Calvel, 2005, I, p. 67, 171, 255 ; ibid. II, p. 150, 153, 160, 162, 165, 174, 178, cat. P. Dr. n° 68 ; Perreau, 2013, cat. *P.363, p. 108 ; James-Sarazin, 2016, II, cat. *P.397, p. 138 ; Perreau, « Monsieur de Verdun, croqué par Hyacinthe Rigaud », http://hyacinthe-rigaud.over-blog.com/, mis en ligne le 16 mars 2019.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 45 ; L. 35 cm. Verdun, palais épiscopal. Inv. PM55000782. Inscription : « HIPPOLITVS DE BETHVNE EPISCOPVS COMES VIRDVNENSIS ». Armoiries (contre une moulure architecturale) avec les armes de Mgr de Béthune. Voir Pouillé du diocèse de Verdun par l'Abbé N. Robinet (1888, p. 45) : « Le portrait de M. de Béthune est a l'Evêché, ainsi que celui de tous les autres évéques de Verdun jusqu'à nos jours. » Il s'agit d'un arrangement par un autre artiste du visage du prélat dans une vêture construite malhabilement.
  • 2. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 130 ; L. 100 cm. Verdun, hospice Sainte-Catherine. Inv. PM55001297.
  • 3. Gravé par Pierre Drevet en 1697 selon Lelong et en 1698 selon Hulst et Mariette. H. 44,5 ; L. 34. Dans un ovale de pierre, buste à gauche sans les mains. Dans la bordure de l’ovale : « HIPPOLLITTUS DE BETHUNE EPISCOPUS COMES VIRDUNENSIS ». Sur le dessus de la corniche du socle, de part et d’autre de l’écusson aux armes du modèle : « Hyacint.e Rigaud Pinx. - Pet.s Drevet sculp. ». Voir Moreri, 1759, II, p. 436 ; Lelong, 1775, p. 148 ; Paignon-Dijonval, 1810, 7408  ; Nagler, 1836, III, p. 479 et 1843, XIII, p. 183 ; Le Blanc, 1856, II, n°22 ; Firmin-Didot 1876, P. Dr., n°21 ; Firmin-Didot, 1875-1877, P. Dr., n°407 ; Mireur, 1910, II, p. 534, 536-538 ; Soulange-Bodin, 1914, p. 6-49 ; Audin & Vial, 1919, p. 287 ; Jougla de Morenas 1975, II, p. 112 ; IFFXVIIIe 1951, VII, P. Dr., n°17.
  • 4. Huile sur toile. Hyacinthe Rigaud et atelier ? H. 81 ; L. 65 cm. Vente Bourges, 30 mars 2019, lot. 69 [comme « École Française de la fin du XVIIème siècle, portrait d'écclésiastique. »].

Copies et travaux :

  • 1694 : « Deux [copies] de mons[ieu]r Levesque de verdun » pour 110 livres (ms. 624, f°10, v°).
  • 1694 : Leroy reçoit 20 livres pour « deux copies de Monsieur L’Eveque de verdun » (ms. 625, f°1 v°), vraisemblablement celles produites la même année.

Grand-oncle du prince d’Henrichemont peint en 1690, du marquis d’Ancenis, frère du duc de Béthune et oncle du duc de Charost, Hippolyte de Béthune (1643 – 24 août 1720), fut évêque comte de Verdun du 3 août 1681 à sa mort, succédant ainsi à Armand de Monchy d’Hocquincourt (1667-1679). Abbé de Saint-Vannes, prince du Saint-Empire et aumônier de la Reine Marie-Thérèse, il était l’un des enfants d’Hippolyte I de Béthune (1603-1665), comte de Selles et de Charost, marquis de Chabris, conseiller d’état d’épée et chevalier des ordres du roi et de Marie d’Aligre (épousée en secondes noces en 1608).

Il fut l'un des évêques qui se rallia, le 22 mars 1717, au clan des appellants contre la bulle papale Unigenitus dénonçant le Jansénisme. Rejoint ensuite par les évêques de Pamiers, Condom, Châlons, Agen, Saint-Malo puis Auxerre, Laon, Bayonne et Angoulême, il répondait ainsi à l'appel initial du noyau dur dit « des quatre » et dont trois furent des modèles de Rigaud), qui appelèrent à contrer le pape dès mars 1717 : Jean Soanen, évêque de Senez, Charles-Joachim Colbert de Croissy, évêque de Montpellier, Pierre de Langle, évêque de Boulogne, et Pierre de La Broue, évêque de Mirepoix. 

Dans le premier tome de sa Bienfaisance Françoise, ou mémoires pour servir à L'Histoire de siècle (Paris, 1778, p. 116-117), Simon Antoine Charles Dagues de Clairfontaine nous donne quelques indices propices à dresser un portrait aussi pieux que possible de l'évêque de Verdun tout autant que celui de sa fortune :

« Hippolyte de Béthune, Evêque & Comte de Verdun, Prince du St-Empire, étoit encore plus recommandable par sa piété & par ses vertus personnelles, que par sa naissance , quoique d'une très-ancienne & très-illustre maison, alliée à divers Souverains & aux premières Maison de France. Rien n’approche de la fin glorieuse de cet illustre Prélat. Il fut pendant 40 ans d’épiscopat, une ressource inépuisable pour les pauvres de son diocèse dans leurs misères, & dans un tems surtout où elles se multiplioient par des évènements fâcheux. Les malades, les vieillards & les petits enfans lui furent toujours en recommandation ; il étendoit ses mains charitables & bienfaisantes sur tous leurs besoins. Cet administrateur économe des biens de l’église, biens qu’il regarda toujours comme le patrimoine des pauvres, a, pour ainsi dire, étouffé en faveur des membres que Jésus-Christ recommande à tous les hommes, & surtout aux Bénéficiers, les sentimens de tendresse que le sang auroit pu réveiller dans son cœur. Après quelques legs particuliers faits à ses domestiques, à quelques-uns de ses amis, & a quelques maisons Religieuses, il nomma & institua pour ses légataires universels en tous ses biens, meubles & immeubles, l’hopital & les pauvres, tant sains que malades, de Verdun ; savoir, pour la moitié, l’hopital nommé Saint Hippolyte, fondé par ledit sieur Evêque, destiné à l’entretien & soulagement des pauvres malades de la même ville & du diocèse ; à la charge de donner tous les ans sur les biens légués à ces hopitaux, la somme de 300 livres aux Dame de la charité, pour être employée au soulagement des pauvres de la ville, dont les sœurs grises prennent soin. Il fit en outre plusieurs legs à son Eglise et à son Chapitre. On estime que la succession de ce Prélat a dû monter à plus de trois cens mille écus pour chacun des deux hopitaux. »

Louis Bertand, dans sa Vie de Messire Henry de Béthune, archevèque de Bordeaux (1604-1680) (Paris, Picard, 1902, p. 52), témoigne de la même bienfaisance d'Hippolyte de Béthune, tout en nuançant son portrait : « [il] était un prélat de mœurs régulières, zélé pour le rétablissement de la discipline, charitable envers les pauvres, pour lesquels il fonda, I'année 1713, un hôpital auquel il laissa en mourant presque tous ses biens. Mais en même temps, il était d'un caractère altier et susceptible, entêté de sa grandeur et de sa naissance, fort ignorant dans tout ce qui touche aux sciences ecclésiastiques. »

Dans son portrait, Béthune est représenté dans un ovale à mi-corps, devant un fond neutre, sa croix sur la poitrine, et les cheveux au naturel. L'année de la confection de son effigie, il en profitera pour commander à Rigaud une copie du premier portrait de Louis XIV en 1694 pour 120 livres (ms. 624, f°10, v° : « Une du Roy pour m[onsieu]r. Levesq. de verdun »).

Un buste du prélat, attribué à Coysevox, est conservé au musée Jacquemart-André de l'Abbaye de Chaalis (Revue de l'art ancien et moderne, 1914, vol. 25, p. 331).

 


 mise à jour : 16 mars 2019 (P.363-4)

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan