RENAUDOT Eusèbe

Catégorie: Portraits
Année : 1703

 

*P.798

Âge du modèle : 57 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1703 pour 150 livres : ms. 624, f° 21 (« M[onsieu]r Renaudot »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 101 ; James-Sarazin, 2003/4, cat. I, n°686 ; Perreau, 2013, cat. *P.798, p. 178 ; James-Sarazin, 2016, II, cat. *P.834, p. 284.

D'ordinaire, chez Rigaud, la mention des titres d'un modèle, se fait de manière assez précise. Les portraits ecclésiastiques, plus particulièrement, portèrent ainsi la mension de leurs titres permettant de les distinguer les uns des autres, qu'ils aient été évêque, archevêque, abbé ou simple moine. L'effigie de Renaudot a été identifiée par Joseph Roman comme étant le l'abbé Eusèbe Renaudot (1648-1720). Il constituerait donc une ecception à la rigueur des livres de comptes de l'artiste, le cas n'étant pas isolé. Peu d'autres quandidats peuvent d'ailleurs prétendre à avoir été peints. Le seul serait son frère cadet, François Renaudot (v. 1655 - Senlis, 3 juill 1727). Novice à l'abbaye de Sainte Geneviève de Paris le 14 janvier 1675, il en devint chanoine régulier le 6 janvier de l'année suivante. Ce n'est que le 30 juin 1717 qu'il entra à l'abbaye à Saint Maurice de Senlis où il mourut dix ans pus tard [1]. Le portrait qu'aurait peint par Rigaud de lui, sans titre, pourrait l'expliquer par le fait qu'il fut réalisé avant le départ de l'abbé pour la cité picarde. Si l'idée est assez séduisante, le consensus actuel veut toutefois que ce soit Eusèbe Renaudot qui ait été peint par Rigaud.[2].

Petit-fils de Théophraste Renaudot (1584-1653), fondateur de la Gazette de France, fils d’Eusèbe « père » (1613-1679) et de Marie d’Aiecqs, Eusèbe avait étudié au collège Saint-Charles puis chez les Jésuites en 1656. Il soutint des thèses de philosophie grecque et latine au collège d’Harcourt le 27 juillet 1664. Maître ès arts, il fit son noviciat à Paris, étudia la théologie à Saumur (1666), puis entra en 1688 à l’Oratoire pour y enseigner. Démissionnaire pour raisons de santé (1672), précepteur du Grand Dauphin et du prince de Conti, il intègrera bientôt la prestigieuse Académie française, en 1688, ainsi que celle des Inscriptions trois ans plus tard. Conclaviste du cardinal de Noailles lors de la succession du pape Innocent XII, il se suivit à Rome en 1700, et y fréquenta de nombreux prélats - peints par Hyacinthe Rigaud d'ailleurs - le cardinal de Coislin, l'abbé Jean d'Estrées ou l'évêque de Montpellier Charles Colbert de Croissy, chez qui y passa quelques temps en Langedoc lors de son retour par Florence en 1701. [3]

En cette année 1703, Rigaud réalise un simple buste comme le prouvent les 150 livres payées par le modèle. Un portrait beaucoup plus vaste, autrefois donné à Rigaud et rendu à Jean Ranc grâce à la gravure en contrepartie de François Chereau, fut vendu une première fois par Tajan à Paris le 23 février 1998 (lot 97), reste très inspiré des modèles du catalan et notamment de son Léonard de Lamet dont il reprend l'ordonnance générale, y compris la colonne de fond [4]

 


[1] Nicolas Petit, « Prosopographie génovéfaine: répertoire biographique des chanoines réguliers de Saint Augustin de la Congrégation de France, 1624-1789 », Matériaux pour l'histoireEcole Nationale Des Chartes, Paris, 2008, p. 324, n°4593.

[2] Voir Ariane James-Sarazin : « Le cas Renaudot est assurément une exception à cette règle, car il ne peut s'agir d'aucun autre Renaudot (père, oncles et frère, tous morts durant le dernier tièers du XVIIe siècle [sic] ».
 
[3] Burger Pierre-François. « L'abbé Renaudot en Italie (1700-1701) » dans Dix-huitième Siècle, n°22, 1990. Voyager, explorer. pp. 243-253
 
[4] Huile sur toile. H. 129 ; L. 97,5. Collection privée.
 
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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan