BOUCHER Louis-Paul

Catégorie: Portraits
Année : 1736

 

*P.1410

Âge du modèle : 80 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1736 pour 600 livres (ms. 624, f° 45, rajout de Hulst : « Mr Boucher (Louis-Paul), ancien juge et consul et secrétaire du roi depuis qu’il avoit quitté l’état de marchand de drap. La tête de ce portrait n’est pas tout à fait achevée, ledt Sr Bouchet étant venu à mourir subitement dans le cours des séances, le 13 7bre 1736. Habillement original », 600 livres).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 214 ; Perreau, 2004, p. 96, Perreau, 2013, cat. *P.1410, p. 294.

Henri Van Hulst prit la peine, lors de la retranscription des derniers travaux des livres de comptes de préciser que le présent modèle, Louis-Paul Boucher (1656-1736), avait repris les affaires de son père avant de devenir secrétaire du roi (1729) puis juge et consul de la ville de Paris (1712) « depuis qu’il avoit quitté l’état de marchand », et que la tête de ce portrait n’est pas tout à fait achevée, « le dit sieur Bouchet étant venu à mourir subitement dans le cours des séances, le 13 septembre 1736 », à l’âge vénérable de 80 ans1.

Boucher avait fait enregistrer ses armes en 1696 et fut anobli en 1729 par une charge de conseiller-secrétaire du roi. Le Mercure de France de septembre 1736 se fait effectivement l’écho de cette disparition (p. 2152) : « Le 13. Louis-Paul Boucher, Conseiller-Secrétaire du Roy, Maison, Couronne de France, et de ses Finances, Ancien Juge-Consul des Marchands, et ci-devant gros Marchand Drapier, rue S. Honoré , au coin de la rue des Prouvaires, ou il avoit fait bâtir une grande et magnifique Maison2, mourut subitement à l’âge de 80. ans, et veuf depuis le 30. Décembre 1715 de Marie-Anne Legalois, de laquelle il laisse une nombreuse postérité ». Il avait effectivement vu le jour sur la paroisse Saint-Eustache le 20 avril 1656, fils de Charles Boucher (décédé le 11 juin 1688 à l’âge de 68 ans), marchand drapier « au coin des Prouvaires à l’enseigne du Lion d’argent » et bourgeois de Paris et Marie de Guignier (morte le 4 avril 1697). On retrouvera l’année suivante, dans les comptes de Rigaud, quelques-uns des six enfants qu’il eut de Marie-Anne Le Gallois : Madame Grimaudet et Madame Rousseau puis, en 1738, son fils Étienne-Paul. Notons que Louis-Paul avait également un frère, Nicolas Boucher, secrétaire du roi depuis 1709. La sœur de Louis-Paul, Marguerite, avait été, quant à elle, la première épouse de Jacques Cadeau, bourgeois de Paris, marchand de draps, entrepreneur de la manufacture de Sedan, secrétaire du roi, remarié par la suite à Nicole Le Roy. Rappelons que le gendre de Louis-Paul, Antoine Rousseau, sera chef de la manufacture de draps de Sedan…

L’œuvre de Rigaud se retrouve dans un Procès verbal de description après interdiction que Madame Grimaudet fit faire dans le logement qu'elle occupait près des Gobelins en 1781 : « […] quatre tableaux représentants, savoir lieu le portrait de M[onsieu]r de Grimaudet de Rigaud, le second le portrait de Mad[am]e de Grimaudet du même auteur, le troisième le portrait de M[onsieur] Boucher et le quatrieme aussi du même auteur, le portrait de Mad[am]e Boucher, lesdits tableaux dans leur cadre de bois doré »3. L’œuvre, inachevée, ne devait pas être signée de Rigaud d’où son absence d’attribution. Il semble par contre que l’artiste ait également réalisé un portrait de l’épouse de Louis-Paul Boucher, Marie-Anne Le Gallois, sans doute absent des livres de comptes.

 


1 Voir son inventaire après décès du 2 octobre 1736 (XXVI, 384), précédé du dépôt de son testament (13 septembre, XXVI, 383) et suivi du partage de la succession du 18 février 1737 (XXVI, 386). L’exécuteur testamentaire était Jacques Cadeau.

2 À la mort de Louis Paul Boucher et de sa femme, la maison de l'angle de la rue Saint Honoré et de la rue des Prouvaires passa à leur fils,ÉEtienne Paul François Boucher, celle de la rue des Prouvaires à Charles Louis Gabriel Boucher.

3 Paris, archives Nationales, minutier central des notaires parisiens, étude XXXVI/576, 29 décembre 1781.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan