SAINT ALBIN Charles de

Catégorie: Portraits
Année : 1723

 

P.1321

Âge du modèle : 25 ans

Huile sur toile
H. 146,6 ; L. 112,2.
Los Angeles, The Paul J. Getty museum of Art. Inv. 88. PA.136

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1723 pour 3000 livres (ms. 624, f° 41 v° (« M[onsieu]r l’archevêque de Cambray ») ; Bruxelles, coll. prince de Ligne, 1949 ; galerie Arthemis Fine Arts en 1988 ; Achat du musée à cette date.

Bibliographie :

Hulst/3, p. 196 ; Crayen, 1789, n° 47, p. 24 ; Portalis et Béraldi, 1880-1882, III, p. 509, 522 (n° 14) ; Roman, 1919, p. 196 ; cat. Tournai, 1971 [Pion], n° 513 ; cat. Tournai, 1989 [Le Bailly de Tilleghem], p. 68 ; Van der Cruysse, 1988, p. 568-569 ; cat. Tournai [Le Bailly de Tilleghem], 2004, p. 23 ; Perreau, 2004, p. 218-220 ; Perreau, « Monseigneur l’archevêque de Saint-Albin », [en ligne], 4 décembre 2011, www.hyacinthe-rigaud.over-blog.com ; Perreau, 2013, cat. P.1321, p. 269.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile (réplique autographe). H. 147 ; L. 115. Tournai, musée des Beaux-arts. Acquis en 1843 dans la collection Fauquez. Voir Cat. Tournai 1971 [Pion], n°513 ; Cat. Tournai 1989 [Le Bailly de Tilleghem], p. 68 ; Cat. Tournai 2004 [Le Bailly de Tilleghem], p. 23.
  • 2. Huile sur toile. H. 118 ; L. 90. Cambrai, musée des Beaux-arts. Inv. n°19 ; Ancienne collection Victor Delattre ; sa vente (1889). Importante bordure aux armes royales et décorée de putti. Toile tronquée toutefois à gauche et à droite.
  • 3. Huile sur toile (d’après Rigaud ?). H. 200 ; L. 176. Sermentizon (Puy-de-Dôme), château d’Aulteribe, fondation Onslow de Pierre – C.N.M.H.S. Inv. SA/1/0177. Legs du marquis de Pierre (1954). Identifié à tort comme portrait de Charles d’Orléans de Rothelin (1691-1744) selon une inscription à même la bordure.
  • 4. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 129,4 ; L. 96,5. Loc. inc. (vente Londres, Christie’s, 24 mars 1972, lot 95).
  • 5. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 51 ; L. 39. loc. inc. (vente Londres, Sotheby’s, 13 août 1977, lot 254).
  • 6. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 56,5 ; L. 46. Collection particulière (vente Paris, hôtel Drouot, Libert, 7 avril 2004, lot 32 ; vente Paris, hôtel Drouot, Delvaux, 16 décembre 2011, lot 108 ; vente Paris, Coutau-Begarie, 3 avril 2013, lot 1).
  • 7. Pierre noire et rehauts de blanc sur papier bistre. H. 36 ; L. 29. Washington, National Gallery of Art. Inscription au bas de la feuille : « M[onsieu]r de S[ain]t Albain archevêque de Cambray, dessiné par m[onsieu]r Rigaud qui en a aussi peint le tableau. C’est sur ce dessin qu’il a été gravé par M. Drevet [sic] ». Hist. : Vente Paris, Hôtel Drouot (Libert & Castor), 19 juin 2001, lot 11, repr. p. 5 du catalogue ; acquis à cette vente par un collectionneur privé ; don au musée en 2002. Bibl. : Portalis & Béraldi, 1880-1882, II, p. 509 ; Perreau, 2004, p. 218, 219. Exp. : New-York, 2002, p. 20.
  • 8a. Gravé par Georg Friedrich Schmidt en 1741, en contrepartie. En bas, de part et d’autre d’une composition aux armes : « Carolu. Archiepiscopus – Dux Cameracensis. / Par Franciæ. Sacri – Romani Imperii Princeps. / Comes Cameracesii ». Sous le trait carré : « Pinxit Hyacinthus Rigaud Ste. Michælis Eques, Rector nec non Regiæ Academiæ Picturæ ex Moderator, 1724. – Georgius Fredericus Schmidt Sculpsit Parisiis ». 1741. H. 51,8 ; L. 37,5. 
  • 8b. Gravé par Gilles-Edme Petit en contrepartie, en buste dans un ovale en 1743. Sous cet ovale, sur le socle : « 1743. A Paris chez Petit – rue St Jacques près des Mathurins ». Dans le socle : « Charles Archevêque Duc de Cambray / Pair de France, Prince du St Empire / Comte du Cambresis ». Sous le trait carré à gauche : « Suite de Desrochers ». H. 15,7 ; L. 11.
  • 9. Huile sur toile ovale. H. 80 ; L. 60. Vente Roubaix, hôtel des ventes, Mercier & co, « École française du XVIIIe siècle » ; Collection particulière.  

 

Le cardinal Charles de Saint-Albin (1698-1764) était le fils illégitime de Philippe, duc d’Orléans, régent de France (1674-1723) et d’une danseuse de l’opéra, Florence Perrin comme l’atteste Saint-Simon : « bâtard non reconnu de ce prince et de la comédienne Florence. » Bien que son père ne le reconnut jamais officiellement (il le légitima pourtant en 1706), il le poussa à une carrière ecclésiastique en le nommant évêque de Rouen (1721) puis de Laon (1722), Pair de France et en l’aidant à obtenir l’archevêché de Cambrai.

L’année de son accession, 1723, succédant d’ailleurs à Dubois dans ce poste, Saint-Albin commande son portrait à Rigaud. Saint Simon le décrivit comme extrêmement bon mais parfaitement ignorant. Sa grand-mère, la princesse Palatine, était très éprise de lui. Saint-Albin ressemblait beaucoup à son père, en plus grand et plus beau. Le 30 octobre 1721, elle confie à Harling : « Il m’est le plus cher puisque je le considère comme le plus sûr des bâtards de mon fils ; depuis l’enfance il s’est attaché à moi plus que les autres. Je voudrais bien que mon fils le légitime » (Har., 203). Peu enthousiasmé par sa carrière, Saint-Albin était, par contre, passionné par la théologie.

L’incroyable bordure du tableau de Los Angeles est l’œuvre du sculpteur Oppenford. On retrouve un exemplaire de la gravure de Schmidt lors de la vente que Jean-Marc Nattier fit d’une partie de ses biens le 27 juin 1763 et ce, parmi neuf autres estampes d’après Rigaud et sans compter celles encadrées (Bossuet, Mignard, Fleury, Louis XIV, Auguste III…). Dans sa Description de l’archevêché de Cambrai en septembre 1704[1], l’abbé Ledieu évoque l’univers dans lequel Monseigneur de Saint-Albin évoluera, plus particulièrement la chambre à coucher : « Le Portrait du roi d’Espagne est placé sur la cheminée même, celui du roi est au-dessus immédiatement ; à droite, suit celui de Monseigneur le Dauphin et tout de suite celui de Monseigneur le duc de Bourgogne ; ces deux et celui du roi sur la même ligne, tous portraits en buste de la façon de Rigaud ». 

Nous avons la chance de conserver, outre la belle gravure de Schmidt, le dessin correspondant au portrait de l’archevêque de Cambrai. Contrairement à ce que prétend l’inscription qu’on y lit, le dessin est dans le même sens que la toile ce qui empêche d’y voir une œuvre préparatoire à la gravure, ce qu’une rapide comparaison des traits (plus ronds sur le dessin), semble le confirmer. Portalis relate les circonstances qui virent la création de l’estampe par Schmidt (et non par Drevet comme l’indique l’inscription) : « Il le mena chez l’archevêque de Cambrai, Saint-Albin, pour lui faire obtenir l’agrément de graver son portrait. Le prélat parut d’abord trouver le graveur trop jeune, mais, sur les affirmations de Rigaud, il finit par consentir. ‘Il ne conclut point de marché avec l’artiste, et pour lui faire voir combien la recommandation de Rigaud lui donnait bonne idée de ses talents, il l’assura que sa reconnaissance serait proportionnée aux soins qu’il mettrait à son travail. Schmidt eut tout lieu de se louer de la générosité du prélat, car lorsqu’il lui apporta la première épreuve de son portrait, il en reçut 3 000 livres et une tabatière d’or. Schmidt garda la planche pour lui et en tira un profit considérable ».


[1] Abbé Guetté, Mémoires et journal sur la vie et les ouvrages de Bossuet, III (II), Paris, 1857, p. 163.

.

Localisation de l´œuvre :

Poser une question à propos de cette oeuvre
Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan