ORLÉANS Philippe II d'

Catégorie: Portraits
Année : 1689

 

P.152

Âge du modèle : 15 ans

Huile sur toile
H. 137 ; L. 105 cm
Perpignan, musée des Beaux-arts. Inv. N° 56-3-1

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1689 pour 500 livres [à mi corps] (ms. 624, f° 4 v° : « Mons[ei]g[eu]r le duc de Chartres ») ; dépôt de l’état en 1803 au musée des Augustins de Toulouse ; réintégré au Louvre en 1954 ; déposé à Perpignan en 1955).

Bibliographie :

Gamba, 1884 (2010), n° 501, p. 111 [=Louis XIV par Mignard] ; Baudi di Vesme, 1899, n° 345, p. 102 [=duc de Bourgogne par Rigaud]) ; Roman, 1919, p. 18 ; Pacchioni, 1932, p. 22 (inv. 543) ; Pinto et Di Macco, 1991, p. 64 ; Constans, 1995, II, p. 762, n° 4298 ; Perreau, 2004, p. 33 ; James-Sarazin, 2009/2, n° 1, p. 92, 94 ; Perreau, 2013, cat. P.152, p. 80.

Expositions :

Gérone, 1957, s.n. ; Heidelberg, 1996-1997, repr. p. 141 ; Perpignan, 2009, cat. 1.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 129 ; L. 97. Versailles, musée national du château. MV4302, LP 4418 (achat, 1840).
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 131 ; L. 98. Turin, Galleria Sabauda. Inv. 543, cat. 345. Anc. Coll. de la Maison de Savoie ; Galerie Royale, 1851-53, Inv. N°327, (comme portrait du Grand Dauphin par Mignard). Voir Guide du musée, 1859, n°372, p. 221 (id.) ; Cat. Gamba, 1871, inv. 501 ; Cat. Gamba, 1884, n°501, p. 111 (attribué à Nicolas Mignard comme portrait de « Louis XIV jeune ») ; Cat. Baudi di Vesme, 1899, n°345, p. 102 (redonné à Rigaud mais comme portrait du duc de Bourgogne) ; Pacchioni, 1932, p. 22, inv. 543.
  • 3. Huile sur toile d’après Rigaud, Le Vésinet, coll. Mme de Reilhac, 1993.
  • 4. Roman signalait deux autres exemplaires : chez Mme de Salanciers à Perpignan et dans la collection Rothan vendue en 1890.
  • 5. Gravé en buste par N. H. Jacob sans date.
  • 6. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 131 ; L. 86 (traits vieillis). Collection particulière (vente Paris, hôtel Drouot, Tajan, 26 juin 2008, lot 84 ; vente Paris, hôtel Drouot, Tajan, 25 mars 2009, lot 141).

Cette effigie Philippe II d’Orléans (1674-1723), duc de Chartres et futur Régent de France, alors âgé de dix ans, constitue l’un des premiers portraits officiels de la famille royale qui nous soit conservé. Fils de Monsieur, Philippe I d’Orléans, frère du roi et d’Élisabeth von den Pflatz, duchesse d’Orléans et princesse Palatine sa seconde épouse, tous deux portraiturés d’ailleurs par Rigaud. Duc d’Orléans en 1691, Philippe II sera chargé de la Régence en 1715 durant la minorité de Louis XV, et mènera une vie que nombreux considèreront comme débauchée en son Palais Royal à Paris. Fortement préoccupé à satisfaire les appétits d’ambition des jeune actrices de la comédie ou des cantatrices à la mode il épousera pourtant en 1692, Françoise-Marie de Bourbon (1677-1749), la seconde Mlle de Blois, fille légitimée de Louis XIV et de Madame de Montespan mais aura de nombreuses maîtresses.

Selon Saint-Simon, « M. le duc d’Orléans était de taille médiocre au plus, fort plein sans être gros, l’air et le port aisé et fort noble, le visage large, agréable, fort haut en couleur, le poil noir et la perruque de même. Quoiqu’il eût fort mal dansé, et médiocrement réussi à l’Académie, il avait dans le visage, dans le geste, dans toutes ses manières une grâce infinie, et si naturelle qu’elle ornait jusqu’à ses moindres actions, et les plus communes. Avec beaucoup d’aisance quand rien ne le contraignait, il était doux, accueillant, ouvert, d’un accès facile et charmant, le son de la voix agréable et un don de la parole qui lui était tout particulier en quelque genre que ce pût être, avec une facilité et une netteté que rien ne surprenait et qui surprenait toujours » (Saint-Simon, Mémoires, XII, 5). Sa mère avait eut auparavant un fils, Alexandre-Louis (1673-1676), duc de Valois. La princesse Palatine, comme si elle pressentait les désordres générés plus tard par son fils, écrit à Sophie de Hanovre : « Il faut que je dise à Votre Dilection que l’horoscope qu’on a tiré de mon fils cadet prédit qu’il sera pape. Je crains fort que ce petit ne soit plutôt l’Antéchrist »[1].

La version du portrait de Rigaud conservée à Turin passe toujours pour un portrait du duc de Bourgogne. Restauré en 1990, sa provenance reste assez trouble. On ne le retrouve pas dans les différents inventaires du Palais Royal de Turin. Sans doute la toile provient-elle d’une autre résidence des Savoie. En 1859, J. M. Callery le décrivait ainsi : « Portrait du dauphin, fils de Louis XIV […], Figure à mi-corps, grandeur naturelle […]. Le jeune prince, âgé tout au plus de 20 ans, est vu de trois quarts, la main droite appuyée sur la hanche. Ce tableau est un peu noir : la main est faite avec un soin et une habileté remarquables : le reste est plus lâché, et peu agréable de ton ». Bien que l’on ait attribué à tort d’autres portraits du Régent à Rigaud, c’est à Jean-Baptiste Santerre que l’on devra l’effigie la plus célèbre de Philippe II d’Orléans.

 


[1] Bod. I, 5, lettre du 16 novembre 1674.

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan