DARLUS DU TAILLY Guillaume

Catégorie: Portraits
Année : 1733

 

P.1382           

Âge du modèle : 50 ans

Huile sur toile
H. 81 ; L. 65.
Château de Cheverny.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1733 pour 600 livres (ms. 624, f° 44 : « M[onsieu]r Dartûs, fermier g[e]n[er]al. id[em] [habillement original] ») ; par héritage à sa fille cadette, Marie-Angélique Catherine ; passé en 1802 à sa fille, Marie-Louise Félicité ; par mariage aux marquis de Vibraye.

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 209 ; Perreau, 2013, cat. P.1382, p. 287.

André-Guillaume Darlus du Tailly (Paris, église Saint-Eustache, 15 juillet 1683 – 10 décembre 1747), seigneur de Crosne (5 octobre 1739) était le fils d’Adjutor Darlus, « marchand de vins privilégié en la cour » puis receveur des traites à Saint-Ellier dans le Maine et de sa première épouse, Madeleine Adrienne Leroy. Bien que son grand père ait été simple laboureur, il occupa les fonctions de fermier général en 1727. Mais auparavant il avait gravi tous les échelons nécessaires à cette élévation sociale : sous-fermier attaché à la cour des Aydes et Gabelles, il devint Chef du bureau des comptes des traites foraines à l'hôtel des fermes sous la régie de Charles Cordier.

Il dut sa nomination comme fermier général au contrôleur général des finances, Le Peletier des Forts si l'on en croît d'Angerville : « Son habileté & son exactitude extraordinaires le firent parvenir aux meilleures places qu'il a toujours dignement remplies. [...] Sur la réputation qu'il avoit d'être le plus habile homme des finances & sur l'éloge qu'en fit le Sr de La Porte, chargé du porte feuille des fermes, M. Pelletier Desforts, en voyant la liste des Fermiers généraux, y plaça le Sr Darlus dans une des dix places à donner quoiqu'il ne le connût que de réputation. Darlus étoit un très honnête homme, d'une grande douceur, d'une politesse achevée et fort charitable[1]. »

C’est à Angers, sur la paroisse Saint-Michel-du-Tertre, le 29 mai 1719, qu’il avait épousé Françoise Geneviève Gaudicher (décédée en 1725), fille d’un notaire royal d’Angers. Sa première fille, Marie Geneviève-Charlotte Darlus (Paris, 17 janvier 1720 – Paris, 24 décembre 1805), femme de lettre réputée, s’unira le 28 février 1735 à Louis-Lazare Thiroux d’Arconville, président au Parlement de Paris [*P.1439]. Son pastel par Charles-Antoine Coypel est d’ailleurs conservé à Cheverny.

Son autre fille, Marie-Angélique Catherine (1724-1802) épousera Denis François Angran d’Alleray (1716-1794), comte des Maillis, seigneur d’Alleray, Vaugirard, Groslay, conseiller du roi et Prévôt de la ville de Paris avec qui elle aura deux filles, dont Marie-Louise Félicité (1745-1829) qui épouse, le 24 février 1764, Louis Hurault, marquis puis comte de Vibraye, maréchal de camps. Ceci explique la localisation du tableau du fermier général au château de Cherveny. La mention rajoutée aux livres de comptes précise que ce portrait fut traité en « habillement original » ce que semble corroborer l’attitude jusqu’ici sans antériorité. Très libre, le col ouvert et son ruban bleu défait, ce portrait atteste de la maîtrise de Rigaud, parvenu au fait de sa gloire et probablement l’auteur de la totalité de la composition.


[1] Moufle d’Angerville, 1784, I, p. 236.

Localisation de l´œuvre :

Château de Cheverny, France

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan