LE PELLETIER DES FORTS Michel Robert

Catégorie: Portraits
Année : 1727

 

P.1351           

Âge du modèle : 52 ans

Huile sur toile
H. 147 ; L. 113.
Paris, collection privée.

Daté et signé : « fait par Hyacinthe Rigaud, 1727 »

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1727 pour 3000 livres (« M[onsieu]r Le Pelletier, [rajout :] Le Peletier des Forts, controlleur général. Entièrement original ») ; ancienne collection Le Pelletier-Ormesson.

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 202 ; Levallois-Clavel, 2005, p. 366-367 ; Perreau, 2013, cat. P.1351, p. 276.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 146,5 ; L. 111,6. Daté et signé en bas à droite : « fait par Hyacinthe Rigaud 1727 ». Toulouse, musée des Augustins. Inv. RO 219 (ancienne collection Samuel Bernard[1] ; Perpignan, collection Fraisse, négociant ; achat du musée en 1832). Voir catalogue du musée des Augustins de Toulouse, 1835 (Roucoule), n° 338 [comme marquis de Grobois] ; catalogue du musée des Augustins de Toulouse, 1850, n° 326 [=ibid.] ; catalogue du musée des Augustins de Toulouse, 1864, n° 189 [=ibid.] ; Brière, 1907, p. 81-86 [=ibid. ?] ; catalogue du musée des Augustins de Toulouse, 1908, n° 219 [=ibid.] ; émery, 2003, cat. IX.3 [=ibid.][2] ; Perreau, 2004, p. 190, 191 [=ibid. ?]).
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 149 ; L. 115. Versailles, musée national du château. Inv. 7587, MV4404, LP 3656. Achat du baron d’Epremesnil pour Versailles en 1838. Voir Constans, 1995, II, p. 763, n° 4304 [comme marquis de Grobois.]. Gaston Brière décrit ainsi le tableau : « (32.) — N°4404. — Germain-Louis Chauvelin, garde  des sceaux. École de Hyacinthe Rigaud. [Médiocre copie du portrait exécuté par H. Rigaud,  signé : « Fait par Hyacinthe Rigaud 1727 », conservé au Musée de Toulouse et considéré aux catalogues[3] comme un  portrait de Jean Racine. Tableau acquis en 1832 et restauré alors maladroitement.[4] 
  • 3. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 142 ; L. 109. Loc. inc. (vente Amsterdam, Sotheby’s, 7 mai 1993, lot 55 ; vente Toulouse, Arnauné-Prim, 1er avril 2001, lot 133). Version de très médiocre qualité.
  • 4. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 147 ; L. 114,5. Localisation actuelle inconnue (vente Paris, hôtel Drouot, 2 avril 1981, lot 25 [=Le Pelletier]).
  • 5. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 107 ; L. 128 cm. Localisation actuelle inconnue (vente Paris, hôtel Drouot, 2 juin 1971, lot 39 [=Lepelletier]).
  • 6. Huile sur toile, suiveur de Rigaud [buste], H. 68 ; L. 45 cm. Collection particulière (vente Amsterdam, Sotheby’s, 13 novembre 1993, lot 57).
  • 7. Huile sur toile d’après Rigaud. Château d’Aunay-en-Bazois.
  • 8. Huile sur toile d'après Rigaud (La Penaye ?).  H. 70 ; L. 56. Vente Gènes, Wannenes art auction, 31 mai 2017, lot. 806 [comme Germain Louis Chauvelin et attribué à Rigaud] (mise à jour du 24/05/17) Ariane James-Sarazin, « Une version en buste du portrait du contrôleur général des finances Le Peletier des Forts », Hyacinthe Rigaud (1659-1743). L'homme et son art - Le catalogue raisonné, Editions Faton, [en ligne], 25 mai 2017, URL : http://www.hyacinthe-rigaud.fr/single-post/2017/03/26/Une-version-en-buste-du-portrait-du-contrôleur-général-des-finances-Le-Peletier-des-Forts

Copies et travaux :

  • 1727 : « Une copie en grand de M[onsieu]r le Controlleur général pour M[onsieu]r Bernard » pour 1500 livres (ms. 624, f°42 v°).
  • 1727 : « Un buste de M[onsieu]r le Controlleur général pour M[onsieu]r de La Live » pour 300 livres (ms. 624, f°43).

Toujours resté dans la famille des Le Pelletier, le portrait en grand de Michel-Robert Le Pelletier des Forts (1675-1740), comte de Saint-Fargeau nous a permis, dès 2005, de réidentifier l'iconographie jusqu'ici éronnée des différentes versions conservées en mains privées ou publiques, notamment celle du musée des Augustins de Toulouse. À l'occasion d'une communication avec Axel Hemery, conservateur du musée qui ignorait alors cette identité, sa belle version fut ainsi réidentifiée.

Auparavant, et après avoir vu dans les traits du personnage ceux de Jean Racine qui était pourtant décédé depuis 1699, Gaston Brière avait curieusement proposé d'y voir les traits de Germain-Louis Chauvelin (1685-1762), marquis de Grobois, ce qui fut le point de départ d'une tradition tenace[5]. Mais, très tôt, cette hypothèse ne nous avait pas convaincu, tant le visage oblong du personnage ne semblait pas correspondre, à celui attesté de Le Pelletier des Forts, représenté en 1723 par Pierre Dullin et Perrot, en habit de « conseiller d’Etat assistant », pour le célèbre recueil du Sacre de Louis XV Roy de France et de Navarre, dans l’Eglise de Reims, le Dimanche XXV Octobre MDCCXXII[6]. La localisation actuelle du tableau original balaye donc les anciennes conjectures.

Conseiller au parlement (1695), maître des requêtes (1698), conseiller d’État, intendant en Languedoc (1698), intendant des finances (1701), membre du conseil de Régence (1719), Le Pelletier des Forts tint les fonctions de contrôleur général de 1726 à 1730. Il sera cependant contraint de démissionner suite à une affaire liée aux actions de la compagnie des Indes. Académicien honoraire de l’Académie des Sciences depuis le 20 juillet 1727, il était le fils de Michel Le Peletier de Souzy (membre du conseil de Régence), et épousa, le 14 septembre 1706, Madeleine de Lamoignon de Basville (1687-1744), fille du célèbre intendant du Languedoc peint par Rigaud en 1718[7]. C’est à Jean-Baptiste Santerre que nous sommes redevables de l’effigie de Mademoiselle de Lamoignon, réalisée en 1707 à l’occasion de son mariage[8].


[1] ms. 624, f° 42 v°.

[2] Axel Emery, dans Fra’ Galgario, Le seduzioni del itratto nel ‘700 europeo, Bergame, Accademia Carrara, 2 octobre 2003 – 11 janvier 2004.

[3] cf. Roschach, Inventaire des richesses d'art de la France. Province, Monuments civils, t. VIII, p. 116.

[4] Gaston Brière, « Rectificatifs et additions au Catalogue du Musée de Versailles par E. Soulié », dans Bulletin de la Société de l’histoire de l’Art français, 1911, p. 376. L’auteur renvoie également à un autre ouvrage : Gaston Brière, dans Bulletin de la Société de l'histoire de l’Art français, 1907, p. 80 et suivantes.

[5] Cependant Brière avoue qu’en l’absence d’iconographie de Grobois, cette attribution était incertaine.

[6] Levallois-Clavel, cat. Cl. Dr., n°14.

[7] Voir aussi son portrait présumé au musée Fabre de Montpellier.

[8] Huile sur toile. H. 101 ; L. 80,5. Vente Paris, Hôtel Drouot, 21 décembre 2004.

 
(mise à jour du 24/05/17)
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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan