WENZEL VON LICHTENSTEIN Joseph

Catégorie: Portraits
Année : 1740

 

P.1426

Âge du modèle : 44 ans

Huile sur toile
H. 146 ; L. 115.
Vienne, Galerie Lichtenstein. Inv. n° GE1496.

Sign. V° : « Peint à Paris par Hyacinthe Rigaud, Chevalier de l’ordre de S. Michel en 1740 ».

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1740 sans prix (ms. 624, f° 46, rajout de Hulst : « M[onsieu]r le prince de Lichtenstein, ambassadeur de l’emp[ereu]r. en grand, figure jusqu’aux genoux, habillement répété d’après celui du portrait de M[onsieu]r le duc d’Antin ») ; Ancienne coll. Lichtenstein.

Bibliographie :

Höss, 1908a, p. 19, 137, 221 ; Frimmel, 1908a, p. 112 ; Frimmel, 1913, p. 7-8 ; Roman, 1919, p. 218 ; cat. Vienne, 1930, p. 30-31 ; H. V(ollmer) dans Thieme-Becker, vol. 28 (1934), p. 350 ; Cat. Vienne, 1948, n°4 ; Cat. Vienne, 1965, n°84 ; Wilhelm, 1976, p. 122 ; Baumstark, 1980, frontispice et p. 311-12 ; Gallenkamp, 1956, p. 289 ; cat. Vienne, 1965, n° 84 ; cat. exp. NY, 1985-1986, p. 159-160 ; Perreau, 2004, p. 195-196 ; Marcheteau de Quincay, 2006, p. 23 et note 108, p. 29 ; Perreau, 2013, cat. P.1426, p. 299 ; James-Sarazin, 2016, cat. P.1513, p. 532.

Expositions :

Vienne, 1980, n°51.01 ; New-York, 1985-1986, n°109.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 74 ; L. 57. Ancienne collection prince Franz Ulrich Kinsky (vente Londres, Sotheby’s, 3 juillet 1991, lot 58). Marcheteau de Quincay signale une version réduite de celle de Vienne, conservée au château princier de Vaduz, peut-être la même que celle de Sotheby’s.

Joseph Wenzel von Liechtenstein (Prague, 9 août 1696 – Vienne, 10 février 1772), fils du prince Philipp (1664-1704) et de Christine zu Löwenstein-Wertheim-Rochefort (1665-1730), fut l’un des plus illustres princes de l’histoire de son pays. À ce titre, il commanda à Rigaud deux spectaculaires portraits qui font encore actuellement l'ornement des collections du duché.

Le premier, à mi-corps, reprend un type d’habillement répété vu en 1710 dans le portrait du duc d’Antin [P.1108], lui-même issu d’une posture inaugurée en 1704 avec le portrait du maréchal de Villars [P.835]. Si l’arrangement des draperies (opulent manteau de fourrure mauve doublé de blanc et de queues d’hermines) et le fond diffèrent du modèle original, le positionnement des mains ainsi que le traitement de l’armure, quant à eux, se conforment parfaitement à ceux de Villars. En tant que soldat, puis comme chef d’état et enfin en tant qu’amateur et collectionneur d’art, Wenzel était persuadé de faire un choix sûr en sollicitant Rigaud dont les œuvres circulaient en Europe depuis fort longtemps avec succès. Il put ainsi attester de ses talents guerriers en tant que maréchal de camp contre les Turcs (1716-1718) ainsi que durant la guerre de succession de Pologne en 1733-1734.

Bien qu’il sollicitera, en 1762, le peintre A. Sánchez d’Avila, le nouveau portrait n’aura sans doute pas la fougue et la prestance de l’effigie fixée par Rigaud. Peint dans sa 44e année, au sommet de sa carrière, le prince servit l’Empereur Charles VI comme ambassadeur impérial à la cour de France du 23 décembre 1737 au 16 août 1741, poste qui revenait à sa prestigieuse maison en honneur à la maison des Habsbourg et ce, après avoir brillé dans le même poste à Berlin en 1735. Les 21 et 23 décembre 1738, il fit d’ailleurs son entrée solennelle à Paris et à Versailles. Sa mission fut de conclure la paix de Vienne de 1738 et de confirmer la Sanction Pragmatique. En effet, si la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714) n’avait pas aboutit pas à la récupération du royaume espagnol par les Habsbourg d’Autriche, elle leur permit néanmoins d’affirmer leur puissance Européenne par l’apport des territoires du Sud des Pays-Bas et les provinces de Naples, Milan et de la Sardaigne. Afin d’éviter une guerre de succession d’Autriche, Charles VI avait réussit à faire ratifier cette « Pragmatique Sanction » qui établissait l'indivisibilité du patrimoine des Habsbourgs en réglant la succession au trône par ordre de primogéniture, en d’autres termes, en permettant à sa fille, Marie-Thérèse de lui succéder en l’absence d’héritier mâle. À la mort de Charles VI en 1740, les droits de sa fille seront toutefois principalement contestés par la Prusse et l’impétueux Frédéric II qui ne souhaitera pas tenir compte de la Sanction initiale. Cette remise en question se matérialisera par la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), laquelle causera la perte provisoire par les Habsbourgs de la couronne impériale et, bien plus grave encore, la province de Silésie (au nord de la Bohême), au profit du roi de Prusse. Wenzel s’y illustrera et sera notamment en Italie comme feld-maréchal et lieutenant général de l’armée, lors du siège de Plaisance (Piacenza), le 16 juin 1746 qu’il remportera contre les Français. Malade, mais général de l’artillerie autrichienne à partir de 1744, il vouera désormais sa vie à réformer son armée. En 1718, il avait épousé une jeune veuve, Anna-Maria von Lichtenstein (1699-1753), avec qui il eut cinq enfants.

Voir le second portrait du prince, « en pied », peint la même année.

 

Localisation de l´œuvre :

Vienne, Galerie Liechtenstein, Austria

Poser une question à propos de cette oeuvre
Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan