WENZEL VON LICHTENSTEIN Joseph

Catégorie: Portraits
Année : 1740

 

P.1427

Âge du modèle : 44 ans

Huile sur toile
H. 82 ; L. 65.
Vienne, Gal. Liechtenstein. Inv. n° GE670.

Sign. v° : « Peint à Paris par Hyacinthe Rigaud, Chevalier de l’ordre de S. Michel en 1740 ».

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1740 sans prix (ms. 624, f° 46, rajout de Hulst : « Autre [portrait] en petit [de Monsieur le prince de Lichtenstein], figure en pié, en habit de cérémonie de l’ordre de la toison d’or. Entièrement original. Ces deux portraits ont été paiés un grand prix, et de plus le prince gratifia M[onsieu]r Rigaud d’une superbe tabatière d’or enrichie de diamants estimée à 5 à 6.000 [livres]. ») ; achevé en 1741 ; exp. Salle des Ambassadeurs au Couvent de Picpus ; coll. Lichtenstein.

Bibliographie :

Le Courrier du mardi 28 janvier 1741, n° 17, p. 2 ; Dallinger, 1780, p. 102, n°294 ; Inventario delle collezioni, ms. 1805, n°714 ; Falke, 1873, p. 110, n°962 ; Falke, 1885, p. 90, n°670 ; Bode, 1896, p. 115 ; Höss, 1908a, p. 19, 137 ; Frimmel, 1908a, p. 112 ; Frimmel, 1913, p. 7-8 ; Roman, 1919, p. 218 ; Vienne, 1930, p. 30-31 ; Kronfeld, 1931, p. 128, n°670 ; H. V(ollmer) dans Thieme-Becker, vol. 28 (1934), p. 350 ; Strohmer, 1943, p. 95 ; Cat. 1948, n°4 ; Cat. 1965, n°84 ; Colomer, 1973, p. 29 ; Wilhelm, 1976, p. 122 ; Baumstark, 1980, p. 308-309, n°156 ; Reinwetter, 1980, p. 146-147, n°20.01 ; Cat. expo. New-York, 1985-1986, p. 159-160; [Baumann] Cat. expo. New-York, 1985-1986, p. 160-162, repr. p. 161 ; Baumstark, 1990, p. 119-121, n°30 ; collections, 1995, p. 68, 70, 72, n°54 ; Princely taste, 1995, p. 30 ; Perreau, 2004, p. 195-196, repr. p. 199, fig. 174 ; cat. Expo. Milan, 2006, p. 44, repr. p. 45 ; Perreau, 2013, cat. P.1427, p. 299-300 ; James-Sarazin, 2016, cat. P.1514, p. 532-533.

Expositions :

New-York, 1985-1986, n°110 ; I Principi e le Arti - Dipinti e scultori dalle collezioni liechtenstein, Milan, museo Poldi Pezzoli, 28 sept - 17 dec. 2006, ed. Skira, 2006, n°8.

Descriptif :

Second portrait « en pied » mais « en petit » de Joseph Wenzel von Liechtenstein (1696-1772), après un premier, à mi-corps peint la même année. C’est lors du séjour parisien du prince, et alors qu’il était à Compiègne, que Rigaud peignit les traits de son modèle sur une petite toile, marouflée ensuite sur la définitive. Ce qui aurait pu se traduire par une effigie au gigantisme avancé, se révèle en réalité un petit format au miniaturisme proche de Gerrit Dou. Comme il le fera pour sa Présentation au temple trois ans plus tard, Rigaud semble s’être fait visiblement plaisir ici, usant d’une gamme d’effets et de couleurs tout à fait spectaculaire. Wenzel est représenté en grand habit de la toison d’or et, bien que Rigaud ait été familier du costume depuis la confection du portrait du comte de Sinzendorf en 1729 [P.1357], Wenzel, écrivit le 21 juillet 1740 à son beau-frère, le comte Friedrich-August-Gervasius-Protasius von Harrach (1696-1749) :

« J’ai pris la liberté le 6. courant d’écrire à V[o]tre Ex[cellen]ce pour la prier de m’envoyer un habillement complet de chevalier de la Toison d’or, avec le chapeau et tout ce qui appartient audit habillement, je n’en ai pas reçu de réponse ce qui me fait soupçonner que ma lettre ne sera pas parvenüe à V[otre] E[xcellence], le peintre Rigault à son ordinaire ne veut cependant pas continuer le portrait qu’il a commençé avant qu’il n’ait ledit habillement, c’est pourquoy je prie V[otre] E[xcellence] en cas qu’il soit possible d’en avoir un de me l’envoyer le plutôt que faire le poura […] »1.

Cette lettre de Wenzel, envoyée à Bruxelles le 21 juillet 1740 à son beau-frère, le comte Friedrich-August-Gervasius-Protasius von Harrach (1696-1749), témoigne du soucis de l’artiste de ne peindre que d’après nature (Vienne, Österreichisches Staatarchiv). Le comte Harrach avait en effet été nommé Gouverneur-Général impérial des Pays-Bas (actuelle Belgique) et, bien qu’il n’ait pas été fait chevalier de la Toison d’or avant 1745, Bruxelles était (jusqu’en 1794) le siège de l’Ordre, détentrice des insignes. Sur la longue tunique, on peut distinctement lire la répétition de la devise de l’ordre : JE L’AI EMPRINS (« j’ai pris le risque »). Une cuirasse faussement déposée de manière négligée sur le sol, fait discrètement référence à la carrière militaire du prince et rejoint le premier portrait nettement plus militaire du modèle. Entièrement originale, cette composition ne réutilise que le visage du prince, reproduction exacte des traits visibles dans le portrait précédent à mi-corps. Le Courrier parisien du 17 février 1741 (n°17, p. 2) nous dépeint l’état d’achèvement de l’œuvre : « M. Rigaud ancien Directeur de l’Academie des peintures acheve le portrait de M. le Prince de Lichtenstein, pour être placé, suivant l’usage, dans la Salle des Ambassadeurs au Couvent de picqpus. »

La tabatière mentionnée par Hulst, offerte à Rigaud par le prince en surplus d’une somme non indiquée, pourrait correspondre à celle notée dans l’inventaire après décès du peintre sous le numéro 233 (f° 30) : « une tabatière d’or de brelin garnie de quatre vingt dix neuf Diamans brillans prisée la somme de trois mill livres » par Claude Eleonore de la Fresnaye, « marchand joaillier bourgeois de Paris y demeurant Cour neuve du palais, paroisse Saint Barthélemy ».


1Vienne, Österreichisches Staatarchiv.

Localisation de l´œuvre :

Vienne, Galerie Liechtenstein, Austria

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan