BOURBON Louis-Alexandre de

Catégorie: Portraits
Année : 1690

 

*P.198

Âge du modèle : 12 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1690 pour 141 livres (ms. 624, f° 5 v° : « Mons[ei]g[neu]r le Compte de Toulouze, g[ran]d amiral »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 22 [f] ; Perreau, 2013, cat. *P.198, p. 86.

Œuvres en rapport :

  • 1. Sanguine, suiveur présumé de Rigaud, H. 25,4 ; L. 17,5 cm. Loc. inc. (vente Paris, 17 novembre 1924).

Premier portrait de Louis-Alexandre de Bourbon (1678-1737), comte de Toulouse, l’un des enfants que Louis XIV eut avec Françoise de Rochechouart-Mortemart, marquise de Montespan (1640-1707), laquelle était cependant mariée depuis 1663 au marquis de Montespan, Louis-Henri de Pardaillan de Gondrin (v.1640-1702). La marquise avait déjà eu deux enfants naturels, une fille morte jeune mais surtout Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, duc d’Antin (1665-1736), peint par Rigaud vers 1710 et dont la future belle-fille s’unira au comte de Toulouse. Mais revenons à notre modèle. Légitimé par le roi le 22 novembre 1681, Grand Amiral de France (1683), colonel (1684), gouverneur de Guyenne (1689), de Bretagne (1695), duc de Penthièvre (1695), maréchal de camp (1696), le comte de Toulouse ajoutera à sa condition de prince du sang les grades et charges de lieutenant général des armées du roi (1697), Pair de France, duc de Damville (1694), de Rambouillet (1706) et de Châteauvillain. Grand Veneur de France, il épouse en février 1723, Marie-Sophie Victoire de Noailles (1688-1766), fille du célèbre maréchal de France, Anne-Jules de Noailles (1650-1708) et veuve du marquis de Gondrin (mort en 1712), lequel était le petit-fils de la propre mère du comte de Toulouse. Saint-Simon en livre ainsi le portrait très flatteur :

« C’était un homme fort court, mais l’honneur, la vertu, la droiture, la vérité, l’équité même, avec un accueil aussi gracieux qu’un froid naturel, mais glacial, le pouvait permettre ; de la valeur et de l’envie de faire, mais pas les bonnes voies, et en qui le sens droit et juste, pour le très ordinaire, suppléait à l’esprit ; fort appliqué d’ailleurs à savoir sa marine de guerre et de commerce, et l’entendant très bien. […] Il avait eu l’art de persuader au Roi qu’avec beaucoup d’esprit, qu’on ne pouvait lui méconnaître, il était sans aucunes vues, sans nulle ambition, et un idiot de paresse, de solitude, d’application, et la plus grand-dupe du monde en tout genre : aussi passait-il sa vie dans le fond de son cabinet, mangeait seul, fuyait le monde, allait seul à la chasse, et, de cette vie de sauvage, s’en faisait un vrai mérite auprès du Roi, qu’il voyait tous les jours en toutes ses heures particulières […]. Il était le cœur, l’âme, l’oracle de Mme de Maintenon, de laquelle il faisait tout ce qu’il voulait, et qui ne songeait qu’à tout ce qui lui pouvait être le plus agréable et le plus avantageux aux dépens de quoi que ce pût être. »

On a souvent vu dans cette première mention des livres de comptes l’équivalent du célèbre portrait du comte en Grand Amiral dont le musée de Versailles possède une copie, déposée au musée de la marine. En réalité, ce dernier, par ses dimensions, ne peut correspondre qu’à la seconde mention, en 1708, d’un portrait payé 1200 livres. Notre toile, sans doute un simple buste à 115 livres, augmenté de 26 livres supplémentaires car il s’agit d’un prince du sang, pourrait être rapproché de la petite copie d’un portrait du comte en buste, et déposé par Versailles au musée naval de Toulon.

Le comte de Toulouse reviendra chez Rigaud pour un second portrait, jusqu’aux genoux cette fois, peint en 1708.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan