BOURBON Louis Alexandre de

Catégorie: Portraits
Année : 1708

 

*P.992

Âge du modèle : 30 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [à mi-corps]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1708 pour 1200 livres (ms. 624, f° 27 : « M[onsieu]r. le Comte de Toulouse Grand amiral de france. [rajout :] Alexandre de Bourbon, légitimé de France »).

Bibliographie :

Hulst/2, p. 120 ; Hulst/3, p. 188 ; Mariette, 1740-1770, III f° 47 r°, n° 44-45, VII, f° 15  ; Basan, 1767, p. 174 ; Lelong, 1775, p. 156, n° 4 ; Faucheux, 1884, p. 103 ; Roman, 1919, p. 137, 141, 159, 160, 165, 167, 172, 173 ; Rosenfeld, 1982, p. 295-296, note 62a ; Constans, 1995, II, p. 765 (n° 4313 et 4315), p. 758 (n° 4274) ; James-Sarazin, 1999 (2003), p. 274 ; Perreau, 2004, p. 206 ; Levallois-Clavel, 2005, I, p. 78, 124, 170, 175, 177 ; ibid. II, p. 84, 85, 86, 88, 89, cat. P. Dr. n° 36 ; Marcheteau de Quincay, 2006, p. 10 ; Perreau, 2013, cat. *P.992, p. 208-209.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 127 ; L. 85. Versailles, musée national du château. MV8070 (coll. Blackley ; don, 1955).
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 127 ; L. 85. Versailles, musée national du château (en dépôt au musée de la marine). MV8070. Collection Blackley ; don du Major Armand D. Blackley en 1955. Voir Constans, 1995, II, p. 765, n°4315, repr. 
  • 3. Huile sur toile d’après Rigaud (copie tronquée à mi-corps). H. 113 ; L. 97. Sermentizon (Puy-de-Dôme), château d’Aulteribe, fondation Onslow de Pierre – C.N.M.H.S. Inv. SA/1/0338. Legs du Marquis de Pierre (1954). 
  • 4. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 138 ; L. 105. Collection particulière (coll. Marie de Pastoret, marquise de Plessis-Belllière au château de Moreuil, 1870 ; sa vente ap. décès, Paris, hôtel Drouot, 10-11 mai 1897 ; Revel, coll. G. Farenc, n° 126 [inscr. au dos de la toile] ; Paris, gal. G. Petit, 31 janvier 1912, lot 48 ; coll. marquis de Casa Torres, n° 13 ; par desc.).
  • 5. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 152 ; L. 126 cm. Paris, mobilier National. Inv. GMTB428. En dépôt au château de Rambouillet (ancienne collection duchesse de Lévis-Mirepoix ; vente Paris, hôtel Drouot, 13 mai 1976, lot 21).
  • 6. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 115 ; L. 90 (version avec variantes : les mains du comte sont d’une autre disposition), Versailles, musée national du château - MV6641, inv. 6933, B 2001 (ancienne collection). Voir Constans, 1995, II, p. 765, n°4313, repr. 
  • 7. Huile sur toile d’après Rigaud (en buste). H. 81 ; L. 63. Versailles, musée national du château - MV2115, inv. 9600, LP 298. Achat (1833). Voir Constans, 1995, II, p. 758, n°4274, repr. 
  • 8. Huile sur toile d’après Rigaud (à mi-corps). H. 110 ; L. 100. Inscription au verso : Toulouse, Luis Alexandre de Bourbon, comte de Amiral et Grand veneur de France. Fils légitimé de Louis XIV. Né le 6 de juin 1678. Marié le 22 février 1723 à Marie Victoire Sophie de Noailles. Mort le 1er décembre 1737. Autre inscription : Petit Salon/ (.) P (A) Uneau. Ancienne collection Orléans-Monpensier. Y°78 ; galerie des ducs de Montpensier, Séville, 1866, n°31 ; Isabelle d’Orléans-Bourbon (1897-1919) ; Ferdinand d’Orléans, duc de Montpensier (1919-1924) ; Isabel, duchesse de Montpensier (1924-1958) ; marquis viudo de Valdeterrazo (1958-1969), n°36, p. 28 (repr.) ; Vente des Pinturas, esculturas, […] y objetos de Arte procedentes de las colecciones de los Serenisimos Infantes de Espana, Duques de Montpensier, Condes de Paris […], Madrid, 6 juin 1996. 
  • 9. Huile sur toile, suiveur de Rigaud (variantes). attribuée depuis de XIXe siècle à Jean-Baptiste Charpentier « le vieux »), H. 128,5 ; L. 96,5 cm. Rambouillet, hôtel de ville. Hist. : Don de M. Mauquest de la Motte Père, conseiller municipal, en 1808. D’après l’inventaire de 1985, le modèle de cette copie serait le tableau de la collection du Plessis-Bellière. Selon un érudit du début du XXe, Félix Lorin, le tableau aurait pu être un don du duc de Penthièvre à de La Mustière Père, bailli de 1741 à 1775, époux de Mademoiselle Gaillard, fille du premier valet de chambre du comte de Toulouse (les de La Motte descendaient des de La Mustière par les femmes). Cependant, d'après Helga Rouyer, attachée de conservation au Palais du roi de Rome que nous remercions, le portrait lui parait trop somptueux pour avoir été offert à un simple bailli*.
  • 10. Huile sur toile d’après Rigaud. H.135 ; L. 107 cm. Uzès, château d'Uzès, salon bleu.
  • 11. Huile sur toile d’après Rigaud [buste], H. 81 ; L. 65 cm. Paris, banque de France.
  • 12. Huile sur toile d’après Rigaud [buste], H. 73 ; L. 59,7 cm. Collection particulière (vente NY, Christie’s, 9 octobre 1991, lot 92).
  • 13b. Gravé par Pierre Drevet à l’identique du portrait initial mais en buste dans un ovale de pierre et en contrepartie entre 1714 et 1719. H. 46,7 ; L. 38,3. Dans la bordure de l’ovale : « LOUIS ALEXANDRE DE BOURBON COMTE DE TOULOUZE GRAND AMIRAL DE France ». Dans la bordure extérieure : « Offerebat Johannes Baptista - Thibault Americo-Martinicanus ». Sur la corniche du socle de part et d’autre d’une composition aux armes : à gauche, « peint par Hyacinthe Rigaud ». ; à droite, « P. Dr.evet sculpsit ». 
  • 13c. Gravé par Pierre Drevet entre 1714 et 1720, en buste, tourné à droite. H. 46,3 ; L. 37,8. Dans la bordure de l’ovale : « LOUIS ALEXANDRE DE BOURBON COMTE DE TOULOUSE, GOUVERNEUR DE BRETAGNE, AMIRAL DE France ». En bas de l’estampe, à gauche et à droite : « H. Rigaud pinxit / P. Drevet sculpsit ». Dans la bordure extérieure de l’ovale : « Offerebat Maria Claudius Augustinus - et Henricus Franciscus DUCLOS BOSSART ». Version adaptée d’après le portrait de 1708 figurant le comte dans un ovale de pierre, en contrepartie, avec mains gantées et canne. L’ovale surmonte un riche cartouche aux armes des bâtards de Bourbon, entourées des colliers des ordres de Saint-Michel, du Saint-Esprit et de la Toison d’Or, surmontées d’une couronne de la maison de France et traversées verticalement par une ancre. 
  • 13d. Gravé par Étienne Ficquet, copiant Drevet (une main du comte sortant de l'ovale). Sur la tablette, respectivement à gauche et à droite : « Hyac. Rigaud pinx. - E. Ficquet sculp. ». Dessous, dans le socle : « LOUIS ALEX. DE BOURBON / Comte de Toulouse / Né le 6 juoin 1678. Mort le 1er dé[cembre] 1737, âgé de 60 ans ».
  • 14. Pierre noire et rehauts de craie blanche sur papier bleu, attribué à Charles Viénot (actif entre 1699 et 1705). H. 33,6 ; L. 25,9. Vente Paris, Hôtel Drouot (Tajan), 16 mars 2005, lot 81, repr. 

Copies et travaux :

  • 1708 : Leprieur reçoit 70 livres pour « une coppie de M[onsieu]r le comte de Toulouze en grand ».
  • 1711 : « Une copie de M[onsieu]r le comte de Toulouse p[ou]r le même [monsieur Bellanger] » pour 75 livres (ms. 624, f°33). Le commenditaire, sans doute Bellanger de Thourotte peint lui aussi par Rigaud en 1708, commande en même temps une copie du Grand Dauphin et une du duc de Bourgogne.
  • 1711 : Leprieur touche 24 livres pour « un buste de M[onsieu]r le comte de Toulouse » (ms. 625, f°27 v°).
  • 1711 : Vialy reçoit 20 livres pour « un buste de M[onsieu]r le comte de Toulouse » (ms. 625, f°29) 
  • 1712 : « Une [copie] de M[onsieu]r le comte de Toulouse p[ou]r m[onsieu]r l’envoyé de Genne » pour 75 livres (ms. 624 f°34).
  • 1714 : « Une [copie] de M[onsieu]r le comte de Toulouse p[ou]r. m[onsieu]r Fleury, gouverneur de Quimper » pour 75 livres (ms. 624 f°36).
  • 1714 : « Une [copie] de M[onsieu]r le comte de Toulouse p[ou]r. m[onsieu]r l’envoyé de Gennes » pour 75 livres (ms. 624 f°36 v°).
  • 1714 : La Penaye réalise « un buste de M[onsieu]r le comte de Toulouse » pour 24 livres (ms. 625, f°36 v°).

Second portrait de Louis-Alexandre de Bourbon (1678-1737), comte de Toulouse, après celui peint en buste en 1690, à l'âge de 12 ans. Si l’original n’est toujours pas localisé, nous en connaissons de nombreuses copies qui avouent leur dette à l’atelier de Rigaud. Marcheteau de Quincay, dans sa récentre rétrospective au musée de Caen, a démontré que l'artiste s’était sans doute inspiré du portrait d’Henry de Berghe par Van Dyck, popularisé par l’estampe. Le modèle est figuré dans un paysage de marine agrémenté d’une tour imaginaire à droite, et portant sur son torse l’insigne de la toison d’or (reçu en 1704) et le cordon de l’ordre du Saint-Esprit (reçu en 1693). D’ailleurs, cette dernière distinction est parfois représentée avec variantes sur les différentes copies. La gravure, quant à elle représente deux ancres croisées supportent les armes des bâtards de Bourbon entourées des colliers des ordres de Saint-Michel, du Saint-Esprit et de la Toison d’Or, surmontées de la couronne de la maison de France.

En tant que Grand Amiral de France, le comte de Toulouse était très aimé de ses subordonnés et ne manquait pas de mérite au combat. Placé à la tête d’une escadre, il fit en effet reconnaître à Messine et à Palerme l’autorité de Philippe V en 1702 avant de battre, près de Malaga deux ans plus tard, une flotte anglo-hollandaise. Blessé, il bloquera Barcelone en 1706, mais devra finalement s’en éloigner face à la flotte anglaise nettement supérieure. Le choix de la marine de fond s’imposait donc. Hulst relate la genèse de cette seconde effigie : « Cette même année 1708, il commença le portrait de M. le comte de Toulouse, fils du roi et grand amiral de France. Ce portrait est sur une toile de cinq pieds de haut ; dans le fond est une marine agitée par la tempête. » Il poursuit plus loin, à propos de la première des deux estampes de Drevet : « Demi-figure avec une main prise dans un tableau où la figure va jusqu’aux genoux, avec un fond de marine, au lieu qu’ici c’est un bout de paysage. Est de grandeur de thèse pour celle de J.-B. Thibault. Peint en 1708, gravé en 1714 ». Pourtant, on sait que l’estampe figurant le comte de Toulouse la main levée a été utilisée en frontispice de la thèse dédiée au comte de Toulouse : « ThesesVtriusque juris//Canonici. Civilis Ex materia sortito ducta […] joannes baptista thibault Americo-Martinicanus Licentiatus Burdigalensis. 27 fevrier 1719 à Paris en la Chambre Juris auditorio pro Doctoratu »[1].

La datation de Hulst semble donc quelque peu prématurée. Quant à la seconde version de l’estampe de Drevet, elle fut réalisée en s’inspirant d’un portrait existant et figurant Ignace de Lieutaud et que les livres de comptes répertorient en 1712 : « Buste avec une main gantée ; c’est l’original de l’une des deux estampes de M[onsieu]r le comte de Toulouse ». Hulst décrit le burin comme une « demi-figure, avec une main gantée composée exprès afin de varier pour cette estampe ; aussi grandeur de thèse ; a servi pour celle de Marie-Claude-Augustin et de Henri-François du Clos Bossart. Peint en 1708, gravé en 1714 par P. Dr.evet ».

Si Mariette parle d’un « troisième portrait différent des deux precedens, du même Prince, gravé par Drevet le pere d’après Hiacinthe Rigaud » mais que ne cite pas l’abbé Lelong, on garde encore la reconnaissance de dette (600 livres) des frères Clos Bossart, en date du 25 juin 1722, et déposée chez le notaire Doyen le 13 janvier 1724[2].


[1] BNF, Est., AA 6, thèses 1700-1790, t. II, Mf E023314

[2] Arch. Nat., Minutier Central, ET/XLIX/509.

* mise à jour 13 octobre 2017 

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan