MESMES D'AVAUX Jean-Antoine III de

Catégorie: Portraits
Année : 1715

 

*PC.1235

Âge du modèle : 54 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [à mi-corps]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1715 pour 1000 livres (ms. 624, f° 37 : « M[onsieu]r Jean-Antoine de Même p[remi]er président du parlem[en]t de Paris [rajout :] hab[illement] rép[été] »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 176, 182 ; Perreau, 2013, cat. *PC.1235, p. 246.

Copies et travaux :

  • 1716 : « Une [copie] de M[onsieu]r le p[remi]er président » pour 150 livres (ms. 624, f°38).
  • 1716 : La Penaye reçoit 48 livres pour avoir « habillé le portrait en grand de m[onsieu]r le p[remi]er président » ainsi que 40 autres pour « une grande coppie Ovale de m[onsieu]r le p[remi]er president » (ms. 625, f°32).

Grâce au descriptif des copies réalisées par La Penaye et au prix initial de 1000 livres pour l’original, nous pouvons supposer la production d’une effigie à mi-corps de Jean-Antoine III de Mesmes (1661-1723), que nous avons rencontré dans les livres de comptes en 1690, alors qu’il n’était que président à mortier depuis 1688. C’est effectivement en 1712 que notre modèle accéda à la charge parlementaire suprême de premier président ainsi que Saint-Simon s’en fait l’écho[1]. À cette occasion d’ailleurs, le duc nous gratifie d’une longue histoire généalogique sur la famille des Mesmes, bien utile à l’identification des modèles passés dans l’atelier de Rigaud.

Jean-Antoine III ne succéda pas à Claude Le Pelletier (1631-1711), seigneur de seigneur d’Ablon, de Montmélian et de Morfontaine comme on peut le lire souvent. Ce dernier, en effet, pour qui Louis XIV avait toujours eu une grande considération s’était retiré de toutes ses charges depuis 1697[2]. Conseiller au Châtelet, conseiller au parlement de Paris (1652), président de la cinquième chambre des enquêtes (1662), conseiller d’État (1673), ancien prévôt des marchands (1668-1696), ministre d'Etat (1686), Contrôleur Général des Finances (1683-1689), en remplacement de Colbert puis surintendant des postes (1691), Claude Le Pelletier avait acheté en 1686 une charge de président à mortier, qu’il céda, trois ans après, à son fils Louis II. Depuis 1689, la charge de premier président était détenue par Achille III de Harlay (1639-1712), ancien procureur général à qui succéda Louis II Le Pelletier mais en 1707[3].

Lors de la passation du fauteuil, en 1712, l’infatigable duc nous a laissé un portrait de Jean-Antoine III, qu’il faudra prendre avec prudence compte tenu de l’aversion qu’il avait pour le magistrat : « C’était un grand et gros homme, de figure colossale, trop marqué de petite vérole, mais dont toute la figure, jusqu'au visage, avait beaucoup de grâces comme ses manières, et avec l’âge quelque chose de majestueux. Toute son étude fut celle du grand monde à qui il plut, et fut mêlé dans les meilleures compagnies de la cour et dans les plus gaillardes. D'ailleurs il n’apprit rien et fut extrêmement débauché, tellement que son père le prit en telle aversion qu’il osait à peine paraître devant lui. Il ne lui épargnait pas les coups de bâton, et lui jetait quelquefois des assiettes à la tête, ayant bonne compagnie à sa table, qui se mettait entre-deux et tâchait de les raccommoder souvent ; mais le fils était incorrigible, et ne songeait qu’à se divertir et à dépenser. Cette vie libertine le lia avec la jeunesse la plus distinguée qu’il recherchait avec soin, et ne voyait que le moins qu’il pouvait de palais et de gens de robe. Devenu président à mortier par la mort de son père, il ne changea guère de vie, mais il se persuada qu’il était un seigneur, et vécut à la grande. ».

 


[1] Saint-Simon, op. cit, 1712, X, 3.

[2] Ibid., 1697, II, 3

[3] Ibid., 1707, V, 21.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan