SERRA Maria

Catégorie: Portraits
Année : 1695

 

P.438

Âge du modèle : 57 ans

Huile sur toile ovale
H. 79 ; L. 61.
Thaon, château de Fontaine-Henry. Inv. CNMHS, PM14001164

Historique :

Absent des livres de comptes ; coll. Rigaud 1703, « états de mes tableaux sur le prix ordinaire », Paris, archives Nationales, minutier central des notaires parisiens, étude XCV/31 [« Portrait de front de Mme Rigaud », 200 livres] ; Salon de 1704 ; legs à l’Académie, 1741 ; Grande Salle de l’Académie en 1781 ; saisie révolutionnaire en 1793 ; coll. Museum Central des Arts en 1796 ; vente Paris, Henry, Advinant et alii, 6-7 décembre 1819, n° 21 ; coll. Baréra ; vente, Paris, 3-4 janvier 1820 ; château de Fontaine-Henry, coll. Henry de Carbonnel, marquis de Canisy ; par desc. au comte J. d’Oilliamson.

Bibliographie :

Rigaud, 1716, p. 117 ; Hulst/3, p. 176 ; Mariette 1740-1770, III, f° 48 v°, n° 95, VII, p. 7 ; Dezallier D’Argenville, 1745, II, p. 406 ; Guiffrey, 1885, p. 54-57 ; Roman, 1919, p. 46 ; Gallenkamp, 1956, p. 173-176 ; Colomer, 1973, p. 84, 134, 150 ; Rosenberg, Reynaud et Compin, 1974, II, p. 81, n° 719, p. 215 ; Valaison, 1993, p. 285 ; Coquery, 1997, p. 157, 187 [James], 266-267 [James] ; Perreau, 2004, p. 46-47 ; Perreau, 2005, p. 47-48 ; Levallois-Clavel, 2005, I, p. 75, 171, 202 ; ibid. II, cat. P. Dr. n° 116 ; James-Sarazin, 2009/1, n° 55, p. 126, 137 ; Brême & Lanoe, 2013, p. 80 ; Perreau, 2013, cat. P.438, p. 117-118 ; James-Sarazin, 2016, II, cat. P.471, p. 156-157.

Œuvre en rapport :

  • 1. Huile sur toile par Géricault, 1824, H. 81 ; L. 65. Dijon, musée des Beaux-arts. Inv. 1982.29.P.
  • 2. Gravé par Pierre Drevet en 1702 selon Hulst ou 1706 selon Lelong, « buste sans mains, orné dans l’estampe d’une bordure ovale posée sur un morceau d’architecture et accompagnée d’un rideau richement composé ». H. 45,7 ; L. 35,5. Sur le piédestal, au centre : « MARIA SERRE / MATER HYACINTHI RIGAUD REGII PICTORIS / QUI HANC A SE PICTAM EFFIGIEM / IN ÆRE INCIDI CURAVIT / ÆTERNUM / ERGA MATREM APTIMAM / PIETATIS MONUMENTUM ». Sous le trait carré extérieur à gauche : « Drevet Sculpsit ruë du Foin devant les Mathurins ». Deux états connus. (le ms. 624 des livres de comptes de l’artiste donne par erreur l’estampe à Édelinck).

Légèrement plus conventionnel que le double portrait du Louvre, l’ovale de Fontaine-Henry servit également à Antoine Coysevox pour sculpter le buste de la mère de Rigaud. On y retrouve le vêtement typique de cette catalane, à l’identique du marbre. Pierre Drevet fournit également une gravure correspondant au portrait de face, « afin de multiplier et [de transmettre] en quelque façon à la postérité celle qui l’a mis au monde ». Sans doute Rigaud a-t-il fourni à son ami graveur un dessin de la somptueuse mise en scène dans laquelle apparaît le tableau ovale (en contrepartie) avec sa bordure : on y voit un lourd rideau, des colonnes cannelées, une pièce en rotonde, des pilastres ioniques, un socle aux pierres disjointes et abrasées par le temps.

Le peintre possédait, outre l’ovale et quelques exemplaires du burin, la planche de cuivre ayant servi à la gravure et qui échut à la « famille » selon le n°420 de l’Inventaire : « Item une planche de cuivre gravée par Drevet dapres le portrait de la feue dame mere dud feu sieur Rigaud peint par luy meme, cette planche numerotée cent soixante deux prisée la somme de cinquante livres. » Dans son 7e testament du 21 avril 1738, Rigaud prévoyait le legs d’un exemplaire de la gravure à l’Académie, de concert avec « la planche gravée par Drevet d’après son autoportrait », le fameux autoportrait au turban.

Le tableau aujourd’hui à Fontaine-Henry correspond au n°256 de l’Inventaire après décès de l’artiste, évalué le même prix que le marbre : « Item le portrait ovale de la Dame mère dud sieur Rigaud peint par luy même qui a esté gravé par le sieur Drevet numéroté quatre prisé la somme de huit cent livres. » L’artiste considérait vraisemblablement l’effigie en ovale comme un bien très précieux et s’en enorgueillissait suffisamment pour en avoir reproduit l’esquisse sur son autoportrait dérivé de celui au cordon noir de 1727, dont l’exemplaire de l’École des Beaux-arts [P.1346] et celui du château de Cheverny nous montrent, figuré sur le chevalet d’arrière fond, une toile portrait l’esquisse du tableau de Fontaine-Henry.

« Le Portrait ovale de ladite dame sa mère avec sa bordure peint par luy même qui a esté gravé par le sieur Drevet » sera remis selon quittance n° 15 du 11 août 1744 à Pierre-Jacques Cazes, directeur de l’Académie et Jean-Baptiste Lemoyne, professeur (Paris, archives Nationales, minutier central des notaires parisiens, étude LXXIX/44). Il fut estimé 200 livres, dès 1703 par son auteur.

Dans son édition des livres de comptes de Rigaud, Joseph Roman assimile le portrait de Maria Serra avec un exemplaire qui aurait été en possession de Joseph Tastu, imprimeur à Perpignan en 1840. Ce Tastu est connu des archives départementales des Pyrénées-Orientales, puisqu'on y conserve une lettre de lui, proposant au préfet Villeneuve-Barjemont, d'acquérir son portrait de Marie Serre avec un autre figurant Philibert Orry pour 2000 francs1.

 


1. ADPO, 4T96, n°1820.

Localisation de l´œuvre :

Thaon, Château de Fontaine-Henry, France

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan