DODUN Charles Gaspard

Catégorie: Portraits
Année : 1723

 

P.1322

Âge du modèle : 44 ans

Huile sur toile
H. 142 ; L. 114 cm
Collection Privée

Daté et signé au bas du pilastre : « peint par Hyacinthe Rigaud / 1724 »

Historique :

Historique : Paiement inscrit aux livres de comptes en 1723 pour 3000 livres (ms. 624, f° 41 v° : « M[onsieu]r D’Odun controlleur général »).

Bibliographie :

Hulst/3, p. 195 ; Mariette,  1740-1770, III, f° 48 r°, n° 72, VII, f ° 21 ; Lelong, 1775, p. 179 ; Barbier, 1866, t. I, vol. I, p. 429 ; Roman, 1919, p. 196, 198, 199, 201 ; Audin et Vial, 1919, p. 287 ; Bayard, Felix et Hamon, 2000, p. 130-134 ; James-Sarazin, 2003, cat. I, n°1105 [original=coll. Lagerfeld] ; Perreau, 2004, p. 191 [original=coll. Lagerfeld] ; cat. Nantes, 2005, n° 55, p. 67 ; Levallois-Clavel, 2005, I, p. 31, 87, 126 ; ibid. II, p. 259-260, cat. P.-I. Dr. n° 126/V ; Gerin-Pierre, 2005, n° 55, p. 67 ; Perreau, 2013, cat. P.1322, p. 269-270 [original=coll. Lagerfeld] ; James-Sarazin, 2016, II, cat. P.1402, p. 479-480 [original=coll. priv].

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 131 ; L. 99 cm. Coll.part. (vente Paris, hôtel Drouot, Libert, 25juin 2010, lot 38).
  • 1bis. Huile sur toile (Rigaud et La Penaye ?). H. 142 ; L. 114 cm. Paris, galerie Eude, 1836 ;  acquit par Edmond Dodun ; par descendance au château de Kerdisson à Pontivy ; vente Paris, hôtel Drouot, Couturier-Nicolay, 29 mars 1985, lot 30 ; collection Lagerfeld ; vente Christie's New York, 23 mai 2000, lot. 59 ; collection particulière ; vente Paris, hôtel Drouot, Thierry de Maigret, 6 juin 2018, lot. 50.
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud (en buste). H. 81,6 ; L. 64,6. Nantes, musée des Beaux-arts. Inv. 690. Anc. Coll François Cacault-Clisson ; Achat du musée (1810). 
  • 3. Gravé en médaillon par Pierre Drevet en 1726, « demi-figure avec une main, tirée d’un tableau de plus grande composition, un peu ajustée cependant par M. Rigaud à l’ouverture ovale ». H. 46 ; L. 37,8. Dans la bordure de l’ovale de pierre : « CHARLES GASPARD DODUN, CHEV[AVI]ER MARQUIS D’HERBAULT, COMM[AN]DEUR ET GRAND TRESORIER DES ORD[RES] DU ROY, CONS[EIL]LER G[E]N[ER]AL DES FIN[AN]CES DE FRANCE ». Dans l’ovale, sur le bord extérieur, de part et d’autre d’une composition aux armes, respectivement à gauche et à droite : « H. Rigaud pinxit en 1724 - P. Drevet sculpsit en 1726 ». H. 46 ; L. 38.

Copies et travaux :

  • 1724 : « Une copie de M[onsieu]r Dodun, controlleur gen[era]l » pour 1000 livres (ms. 624, f°42).
  • 1724 : « Un buste du même pour un de ses amis » pour 300 livres (ms. 624, f°42).
  • 1724 : « Autre buste du même pour un avocat au conseil » pour 300 livres (ms. 624, f°42).
  • 1724 : La Penaye reçoit 120 livres pour « une Copie en grand de M[onsieu]r le Controlleur General D’Odun » et 40 autres pour « Un buste du même » (ms. 625, f°35).
  • 1726 : La Penaye reçoit 50 livres pour « Une Copie de M[onsieu]r D’odun avec une main  » (ms. 625, f°35).

Né le 7 juillet 1679 de Charles-Gaspard, conseiller au parlement de Paris et de Marie Gayardon, Charles-Gaspard Dodun, marquis d’Herbault, Grand trésorier de l’ordre du Saint-Esprit (1726) devint très tôt contrôleur général des finances et intendant de Franche-Comté. La protection conjointe de Mme de Prie et du duc de Bourbon fit de ce parlementaire un président de la chambre en 1710. Il est nommé, le 14 novembre 1715, maître des requêtes et membre du Conseil des finances puis, en décembre 1721, l’un des commissaires des finances qui furent désignés pour assister le contrôleur général Félix Le Pelletier de la Houssaye. Le 28 mars 1722, il est promu intendant des finances, et enfin, le 21 avril de la même année, contrôleur général. Sa nomination est accueillie favorablement et l’Académie Française tient à le complimenter. Saint-Simon décrit Dodun comme quelqu’un de capable et d’honnête. Titré marquis d’Herbault en Beauce par lettres patentes de mars 1723, grand trésorier des ordres du roi le 24 mars 1724, accusé de malversations financières sur le trésor royal, il démissionnera de ses charges sous l’influence de Fleury le 14 juin 1726 (trois jours après le renvoi du duc de Bourbon). Détesté alors de toute la cour et du peuple, on lui doit cependant d’avoir établi « l’arrêt du 15 juin », stabilisant la valeur du louis et de l’écu et d’avoir initié, par ses rapports, le jeune roi aux matières de finance et d’administration. Après avoir épousé en 1703 Marie-Anne Sachot et avoir perdu son fils en bas-âge en 1724, Dodun s’éteint à Paris, le 25 juin 1736 après avoir organisé la reconstruction de la ville Châteaudun consécutivement au grand incendie de 1723.

La posture utilisée par Rigaud est celle commune à plusieurs grands hommes d'État du règne de Louis XV. Le modèle est assis dans un large fauteuil à accotoirs décorés de feuilles d'acanthe surmontées d'une suite de petits culots de plus petites feuilles allant en décroissant à mesure que l'on monte vers l'emmanchure de l'accotoir. Il replie sa main gauche sur sa poitrine pour retenir le grand drapé dont il est vêtu, geste délicat déjà vu dans d'autres portraits comme celui de Michel Gérard de La Jonchère ou la comtesse de Platen. Il tient dans son autre main une plume, prêt à écrire une missive près du nécessaire à cette opération (encrier, poudre, papiers), posé sur une belle table dont le piètement laisse entrevoir une tête de faune récurrente chez Rigaud à cette époque. Dans la version tronquée de Nantes, on aperçoit clairement le cordon bleu de l’ordre du Saint-Esprit ainsi que la croix correspondante, brodée à la place du cœur. 

Lors de la publication de notre catalogue raisonné au début de l'année 2013, nous n'avions pas eu connaissance de la version originale heureusement retrouvée par Eric Turquin en 2013. Aussi, la version de la collection Lagerfeld (que nous n'avions cependant pas vue in situ), passait pour tous les spécialistes comme potentiellement originale. Sa vente sur le marché parisien en 2018, et son réexamen, permet de redonner cet exemplaire, comme l'ont justement supposé les experts, à l'atelier de Rigaud et précisément celle de Sevin de La Penaye dont on reconnaît le métier très sûr mais néanmoins légèrement « glacé ». 

 

mise à jour : 12 mai 2018

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan