FLEURY André Hercule de

Catégorie: Portraits
Année : 1728

 

P.1349

Âge du modèle : 75 ans

Huile sur toile.
Dimensions inconnues [à mi-corps].
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1728 pour 3000 livres (ms. 624, f° 43 : « M[onsieu]r le Cardinal de Fleury »).

Bibliographie :

Saugrain, 1726, II, p. 325 ; Mariette, 1740-1770, VII, f° 22 ; Hulst/3, p. 197 ; Basan, 1767, p. 174 ; Gori, 1771, I, p. 365 ; Lelong, 1775, p. 186 ; Barbier, 1866, p. 431, 444 ; cat. Stockholm, 1867, p. 63 ; Sander, 1873, p. 137, et 1876, p. 172 ; Dussieux, 1876, p. 605 ; Leclercq, 1899, p. 129 ; Fontaine, 1910, p. 156, 147-7 ; Granberg, I, 1911, p. 23, n° 89 ; Roman, 1919, p. 203, 204, 205, 211, 213 ; Doria, 1929, n° 107 ; cat. Stockholm, 1990, p. 303 ; Chefs d’oeuvre de Goodwood, collections des ducs de Richmond et d’Aubigny, The Foundation Mona Bismarck, Paris, 1992, p. 37-38 ; Grate, 1994, p. 297-98 ; Constans, 1995, II, p. 843, n° 4770, p. 768, n° 4333 ; James-Sarazin, 2003/4, cat. I, n°1122 ; Perreau, 2004, p. 216-217 ; Levallois-Clavel, 2005, I, p. 31, 83, 126, 131, 160, 201, 256 ; ibid. II, p. 257, cat. P.-I. Dr. n° 125/IV ; Rosenberg et Mandrella, 2005, n° 970, 972, p. 166, 167 ; James-Sarazin, 2009/1, n° 98, p. 160, n° 99, p. 160, 169 ; Perreau, « Le cardinal de Fleury chez Millon », [en ligne], 5 décembre 2010, www.hyacinthe-rigaud.over-blog.com ; Perreau, 2013, cat. P.1349, p. 277-278 ; James-Sarazin, 2016, cat. *P.1431, p. 493-496.

Œuvres en rapport :

Versions à mi-corps :

  • 1. Huile sur toile. H. 156 ; L. 125. Stockholm, Nationalmuseum. Inv. NM 884. Offert aux autorités suédoises par Fleury en 1731 ; collections royales à Ekolsund puis à l’Arsenal en 1792 ; coll. Gripsholm jusqu’en 1865 ; Gustav III 1792, n°649. 
  • 2. Huile sur toile (réplique autographe). H. 158 ; L. 132. Londres, Goodwood House. Anciennement au château d’Aubigny après la mort de Louise de Keroualle, duchesse de Portsmouth et d’Aubigny, maîtresse de Charles II, voir Chefs d’œuvre de Goodwood, collections des ducs de Richmond et d’Aubigny, The Foundation Mona Bismarck, Paris, 1992, p. 37-38, repr. p. 38.
  • 3. Huile sur toile. H. 160 ; L. 128. Comte Paolo Gerli à Milan, exposé à Zürich en 1955, Kunsthaus, Schönheit des 18. Jahrhunderts, n°266, repr. Vendu à Versailles le 4 février 1962.
  • 4. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 150,5 ; L. 110. Budapest, Musée des Beaux-arts. En contrepartie de l’original, probablement exécuté d’après la gravure.
  • 5. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 133 ; L. 97. Vente Sotheby’s, 20 octobre 1971, lot 121, repr.
  • 6. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 145 ; L. 128. Vente Paris, galerie Georges Petit, 13-14 mai 1901, lot 51, repr. Anciennement au château d’Azay-le-Rideau.
  • 7. Huile sur toile d’après Rigaud par François-Albert Stiémart (1680-1740) en 1735. H. 160 ; L. 129. Versailles, musée national du château. Inv. 7569, MV3763, B 1876. Ancienne collection de l’Académie. Sans doute le morceau de réception de Stiémart à l’Académie. Voir Soulié 1880, n°3763 ; Constans 1980, n°4274 ; Constans, 1995, II, p. 843, n°4770.
  • 8. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 157 ; L. 127. Copie par Schröder (XVIIIe s.). Ancienne collection Brian Juhos ; sa vente Sotheby’s, 20 janvier 1997, lot 497 ; vente Sotheby's, 21 juillet 2003,  lot 73.
  • 9. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 163 ; L. 125,5. Brühl, Schloss Augustusburg. Voir Hansmann & Knopp, 1977 ; Rosenberg & Mandrella, 2005, n°970, p. 166-7, repr.
  • 10. Huile sur toile d’après Rigaud. Fréjus, Villa Marie. Inv. CNMHS, PM83000828.
  • 11. Huile sur toile d’après Rigaud (exceptionnelle bordure fleurdelisée). H. 124,7 ; L. 81. Château de Castries. Inv. CNMHS, PM34001668.
  • 46. Huile sur toile d’après Rigaud (Stiémart ?), H. 140 ; L. 130 cm. Collection particulière (Paris, Le Palais Rose, coll. Anna Gould ; desc. ; vente Drouot, Audap-Mirabaud, 5 décembre 2012, lot 50 [=Rigaud et atelier])
  • 47. Huile sur toile, H. 116 ; 95,5. Vente Paris, hôtel Drouot, Millon, lot 9.

Versions en buste :

  • 11. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 80,5 ; L. 64,5. Londres, Wallace collection. P130.
  • 12. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 82 ; L. 65,2. Darmstadt, Hessiches Landesmuseum. Inv. N° GK 153. Ancienne collection des Landgraves de Hesse-Cassel. Légué au musée avant 1769. Dussieux, 1876, p. 185 ; Cat. Darmstadt, 1908, p. 109 (comme original) ; Cat. Darmstadt, 1968, p. 43, n°63 (repr.) ; Cat. Darmstadt, 1997, p. 154 ; Rosenberg & Mandrella, 2005, n°972, p. 166-7, repr.
  • 13. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 77,5 ; L. 60. Vente Londres, Pratt, Knight, Frank & Rutley, 15 février 1929, lot 264.
  • 14. Huile sur toile ovale d’après Rigaud. H. 77 ; L. 62,2. Vente Christie’s, 25 octobre 1985, lot 244, repr.
  • 15. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 79 ; L. 63,5. Vente Christie’s, Wrey, 18 novembre 1949, lot 38, repr. ; probablement le même tableau vendu chez Sotheby’s le 9 avril 1986, lot 6, repr.
  • 16. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 88 ; L ; 69 (en contrepartie). Vente Christie’s, Spencer Churchill  Northwick, 25 février 1966, lot 34, repr.
  • 17. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 81 ; L. 63. Detroit Institut of Art. Inv. n°43-55 (anciennement C.R. Lamm ; Näsby Park).
  • 18. Huile sur toile d’après Rigaud. Anciennement dans la collection De Geer (Pervik, Finlande).
  • 19. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 80 ; L. 64. Perpignan, musée Rigaud. Inv. 846-1-1 ; signé et daté au dos : « fait par Hyacinthe Rigaud, 1729 » (acheté au graveur perpignanais M. Mathieu en janvier 1846). Voir cat. Exp. Rigaud intime, La Célestina, 2009, n°98, p. 160, ill. p. 169.
  • 20. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 80 ; L. 63. Castries, château. Inv. CNMHS, PM34001667.
  • 21. Huile sur toile d’après Rigaud. Lodève, musée Fleury. Inv. RL, 5-6, 1988, p. 439, repr. Voir cat. Exp. Rigaud intime, La Célestina, 2009, n°99, p. 160, ill. p. 169.
  • 22. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 80 ; L. 62. Vente Christie’s, 9 novembre 1956, lot 107, repr.
  • 23. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 80 ; L. 64,8. Londres, National Gallery. Inv. NG.903 (liste d’autres versions dans French School, 2e ed. 1957, p. 200), don du Gral Charles Richard Fox en 1874.
  • 24. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 81 ; L. 64,5. Metz, musée des Beaux-arts. Inv.  11.464. Cat. Metz, n°191. Don du comte de Coëtlosquet.
  • 25. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 71 ; L. 58. Vente Christie’s, 8 novembre 1963, lot 88.
  • 26. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 72 ; L. 59. Goudstikker, Amsterdam, 1924 et vente du même au Dorotheum de Vienne les 13-16 mars 1962, Schönburg collection, lot 90, repr.
  • 27. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 80 ; L. 65. Versailles, musée national du château. Inv. 7570, MV6332, B 1894. Inscr. en bas : A.H. Cl de FLEURY. 1717. Peut-être la version peinte par Elisabeth Vigée Le Brun en 1775 (« J’ai peint les portraits du cardinal Fleury et La Bruyère d’après des gravures contemporaines », Lettre III). Voir Constans, 1995, II, p. 768, n°4333.
  • 28. Huile sur toile d’après Rigaud par Louis Tocqué (1696-1740) chez le comte Moltke au Dannemark (Doria, 1929, n°107).
  • 29. Huile sur toile d’après Rigaud par Gustav Lundberg (1695-1786), peinte le 14 février 1762 (KB. Åkeröark, vol. 7, fol. 115), Ancienne collection Tessin en 1770 (Granberg, 1930, p. 238).
  • 30. Huiles sur toile d’après Rigaud dans les collections Morrison, Stopford-Sackville et Francis Collin.
  • 31. Huile sur toile d’après Rigaud (Goulding & Adams, 1936, p. 203-204).
  • 32. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 83,5 ; L. 66,5. Collection J. S. W. S. Erie Drax, Olantigh Towers, Wye, Kent, n°645 (selon une étiquette collée sur le cadre) ; sa vente après décès, Londres, Christie’s, 19-21 février 1910, lot 102 (comme Mignard) ; Vente Christie’s, 15 décembre 2004, lot 517, (comme atelier de Rigaud). Exposé à Birmingham, Alabama, Museum of Art, The Reformation and Conter-reformation, 15 septembre - 15 octobre 1954, p. 15.
  • 33. Huile sur toile d’après Rigaud par Jean-Pierre Franque (1774-1860), diamètre 37 cm, agrandi de motifs décoratifs peintes par J. Alaux, H. 48 ; L. 62,7. Versailles, musée National du château. Inv. 4617 8, MV8253 B, LP 4222. Commandé en 1839. Voir Constans, 1995, I, p. 344, n°1964.
  • 34. Huile sur toile d’après Rigaud (dans un ovale). H. 76,2 ; L. 60,3. Vente Londres, Christie’s, 19 avril 2000, lot 285.
  • 35. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 82 ; L. 63. Vente Vienne, 13 mars 1962.
  • 36. Dessin à la technique non précisée, d’après Rigaud : « un dessin colorié au cabinet de M. de Fontette, in-fol. maj. » signalé par Lelong. 
  • 37. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 82 ; L. 63,5. Vente Paris, hôtel Drouot, Pierre Bergé & Associés, 14 décembre 2016, lot. 204. Porte une ancienne inscription au dos de la toile : « Peint pour Nicolas Lefebvre /... Séminaire de Saint Sulpice ».

Gravures :

  • 37. Gravé à mi-corps par Pierre Drevet en 1730, « frère et fils. Mais plus par le premier, la démence du fils étant très forte alors » selon Hulst. H. 51,7 ; L. 38,5. Sous le cadre, de part et d’autre d’une composition aux armes : « André Hercules, - Cardinal de Fleury, / Grand Aumonier de la Reine, - Ministre d’Etat Grand Maître et, / Surintendant - des Postes. / Offerebat J. S. Brissart abbas - Sti Martini Nivernensis ». Sous le trait carré, respectivement à gauche et à droite : « Peint par Hyacinthe Rigaud Chevalier de l’ordre de St Michel – Gravé par P. Drevet ». Trois états connus. La date de 1730 n’apparaît que sur le troisième état.
  • 38. Gravé par Étienne Jehandiers Desrochers, par un anonyme pour Gauterot, sans date.
  • 39. Gravé en buste à gauche [droite] par François Chéreau, en 1726 selon Hulst [d’après le portrait de 1728 en réalité]. Dans la bordure de l’ovale : « ANDR. HERCVLES DE FLEURY, S.R.E. CARDINALIS, ANT. FOROJVL. EP. REGNI. ADMINITER MAGNVS REGINAE ELEEMOSYNARIVS &c. » Dans la bordure extérieure de l’ovale : « OFFEREBAT - R. BAUYN BORD PRIOR ». Sur la corniche à gauche : « Hyacinthe Rigaud pinx » ; à droite : « Franciscus Chereau major Sculp. »
  • 40. Gravé par Simon Thomassin dans un ovale (avec sa bordure) soutenu par Diogène [composition de Louis Autreau]. Sur le rebord de pierre : « Quem frustra quæsivit cynicus olim / ecce inventus adest ». Sous le trait carré : « Peint par Autreau – Gravé par Simon Thomassin. / André Hercules cardinal de Fleury / Grand Aumonier de la Reine Ministre d’Etat, Grand Maître et Surintendant des Postes ».
  • 41. Gravé par Charles Roy dans un ovale (avec sa bordure) soutenu par Diogène (en contrepartie de l’épreuve de Thomassin). Sur le rebord de pierre : « Quem frustra quæsivit cynicus olim / ecce inventus ad est ». Sous le trait carré : « Peint par Autreau – Gravé par C. Roy ». Au bas de l’estampe, la lettre suivante : « André Hercules cardinal de Fleury / Grand Aumonier de la Reine Ministre d’Etat, Grand Maître et Surintendant des Postes / Dans Athènes jadis tu le cherchais en vain / Ridicule cynique il devait naître en France / Cet Homme si parfait si rempli de prudence / Nous l’avons trouvé pour certain / Sans avoir comme toi la lanterne à la main / Sufit de voir Son Eminence ». Deux états connus.
  • 42. Gravé à l’identique du précédent par Jacob Houbraken. Sous le trait carré à gauche et à droite : « Peint par Antreau. - Gravé par J. Houbraken ». Dessous, la lettre suivante : « André Hercules Cardinal de Fleury / Grand Aumonier de la Reine, Ministre d'État, Grand Maitre et Surintendant des Postes ». Dans le corps de l’estampe, sous l’ovale de Fleury : « Effigiem pinxit Hiacinthus Rigaud divini Michaelis eques ordinis ». Au bas : « Dans Athènes jadis tu le cherchais en vain / Ridicule cynique il devait naître en France / Cet Homme si parfait si rempli de prudence / Nous l’avons trouvé pour certain / Sans avoir comme toi la lanterne à la main / Sufit de voir Son Eminence ».
  • 43. Gravé à l’identique des précédents par Pinel, Pinssio et un anonyme, tous sans date.
  • 44. Gravé en couleur par Leblond en 1738.
  • 45. Gravé par Johann Georg Wille (jusqu’aux genoux) en 1730. De part et d’autre d’un médaillon aux armes, la lettre suivante : « André Hercules - Cardinal de Fleury / Grand Aumonier de la Reine, - Ministre d’Etat, Grand Maître et / Surintendant - des Postes / Offerebat [...]. »

Copies et travaux :

  • 1728 : « Une copie [en buste] de M[onsieu]r l[e] C[ardina]l de Fleury pour M[onsieu]r Bernard[1] » pour 300 livres (ms. 624, f°43).
  • 1728 : « Seconde copie [en buste] de M[onsieu]r l[e] C[ardina]l pour Bloüin » pour 300 livres (ms. 624, f°43).
  • 1728 : « Troisième copie [en buste] de M[onsieu]r l[e] C[ardina]l pour le marquis de Pezé » pour 300 livres (ms. 624, f°43)[2].
  • 1728 : « Quatrième copie [en buste] de M[onsieu]r l[e] C[ardina]l p[ou]r M[onsieu]r l[e] premier [sic] » pour 300 livres (ms. 624, f°43).
  • 1728 : « Cinquiesme [copie enbuste] de M[onsieu]r l[e] C[ardina]l pour M[onsieu]r de Contade » pour 300 livres (ms. 624, f°43)[3].
  • 1728 : « Sixième copie [en buste] de M[onsieu]r l[e] C[ardina]l pour M[onsieu]r d’Argenvillier, ministre de la guerre » pour 300 livres (ms. 624, f°43)[4].
  • 1728 : « Septième copie [en buste] de M[onsieu]r l[e] C[ardina]l de Fleury pour M[onsieu]r le comte de Zuisindorf[5] » pour 300 livres (ms. 624, f°43 v°).
  • 1728 : « Huitième copie [en buste] de M[onsieu]r l[e] C[ardina]l pour M[onsieu]r le marquis du Muy » pour 300 livres (ms. 624, f°43 v°)[6].
  • 1728 : « Neuviesme copie [en buste] de M[onsieu]r l[e] C[ardina]l pour M[onsieu]r l’archevêque de Paris » pour 300 livres (ms. 624, f°43 v°)[7].
  • 1728 : « Dixième [copie en buste] pour M[onsieu]r l’abbé Brissart » pour 300 livres (ms. 624, f°43 v°).
  • 1729 : « Une [copie en buste] de M[onsieu]r le cardinal p[our]r m[onsieu]r le comte de Sinzindorff » pour 300 livres (ms. 624, f°43 v°).
  • 1734 : « Une [copie en buste] de M[onsieu]r le cardinal de Fleury p[our]r Milord Waldegrave, ambassadeur d’Angleterre » pour 300 livres (ms. 624, f°44 v°)[8].
  • 1735 : « Deux [copies en buste] de M[onsieu]r le cardinal de Fleury p[our] milord Wualdegrave » sans prix (ms. 624, f°45).

 

Ce nouveau portrait du cardinal de Fleury après celui, peint en buste en 1706 [PC.915], est autant une glorification du statut du principal ministre de Louis XV qu’une commémoration de sa nomination, en 1726, au titre de cardinal. Rigaud a simplement réutilisé ici les traits de l’ancien évêque de Fréjus peints 22 ans plus tôt pour les adapter au sein d’une composition ronflante de grande envergure, à mi-corps, proche de celle utilisée pour le portrait du cardinal Dubois [P.1320]. Le modèle est ainsi représenté assis dans un large fauteuil aux accoudoirs décorés de feuilles d’acanthes ; meuble ayant sans doute appartenu au peintre car on le retrouve à maintes reprises sur les portraits produits à partir de 1720. Son riche dossier fait écho à la richesse du décorum et à la verve des drapés de la robe rouge sang du cardinal. Fleury croise ses mains sur son couvre-chef et pose dans un environnement probablement imaginaire fait d’un fond de mur à pilastres, séparé du premier plan par une bordure de pierre sur laquelle vient se déposer en cascade un lourd rideau doublé de brocart.

Allusion à ses fonctions ministérielles, une table que l’on devine à droite supporte quelques missives, un nécessaire à écriture et cinq livres ayant sans doute trait à la politique. Toute à fait ostentatoire, cette effigie connaîtra un vif succès, comme en témoignent les nombreuses copies et réductions en buste réalisées par l’atelier jusqu’en 1735. Si nous ne connaissons pas la localisation du portrait original, les versions de Stockholm et de Goodwood, les plus belles connues à ce jour, doivent être considérées comme des répliques de la main de l’artiste. Selon Fontaine, un autre exemplaire fut offert à l’Académie en 1738.

La gravure, œuvre conjointe de Pierre et Pierre-Imbert Drevet, reproduit avec exactitude et fougue l’œuvre originale. Si Hulst et Mariette insistent sur le fait que Pierre-Imbert subissait à cette époque le contre-coup de sa folie, ce dernier, dans une supplique adressée à l’Intendant des bâtiments du roi le 12 août 1738, avait pourtant argué que sa maladie ne l’empêchait pas d’exercer son art (A. N., O1, 1672, 39). La gravure de François Chéreau, datée de 1725, gardant le souvenir du premier buste peint en 1706, toutes les autres estampes font référence au portrait de 1727.

Les livres de comptes gardent le souvenir de 14 copies officielles, toutes en buste réduit, valant pour l'essentiel 300 livres (du type [1349-13]). Celles à mi-corps que nous connaissons ayant été faites par Stiémart et l’équipe du Cabinet du roi. Parmi les commanditaires des bustes on note quelques clients en vue et des clients de Rigaud : Samuel Bernard, Hubert de Courtavel (1680-1734), marquis de Pézé, le lieutenant général Georges-Gaspard de Contades (1666-1735), Nicolas Prosper Bauyn d’Angervilliers (1675-1740), secrétaire d’état à la guerre, le comte Sinzendorf, Jean-Baptiste de Félix, marquis du Muy, le cardinal de Noailles, l’ambassadeur d’Angleterre James, comte Waldegrave.


[1] Samuel Bernard, comte de Coubert.

[2] Hubert de Courtavel (1680-1734), marquis de Pézé.

[3] Georges-Gaspard de Contades (1666-1735), brigadier, gouverneur de Schelestadt (1715), lieutenant général, gouverneur de Beaufort (1721), de Guise (1727).

[4] Nicolas Prosper Bauyn d’Angervilliers (1675-1740), intendant du Dauphiné, secrétaire d’État à la guerre en 1728.

[5] Joseph Wenzel von Sinzendorf.

[6] Jean-Baptiste de Félix, premier marquis du Muy (1697), conseiller au parlement (1699).

[7] Louis-Antoine de Noailles, cardinal.

[8] James Waldegrave.

 

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan