MONTMORENCY BOUTEVILLE François Henri de

Catégorie: Portraits
Année : 1693

 

*P.320

Huile sur toile
dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1693 pour 122 livres et 10 sols (ms. 624, f° 8 v° : « Mons[ieu]r le maréchal de Luxembourg ») ; ancienne collection Deverre à Paris selon Roman.

Bibliographie :

Hulst/3, p. 175 ; Dezallier d’Argenville, 1745, IV, p. 238 ; Roman, 1919, p. 33, 36, 41, 47 ; Mankowski, 1932, n° 2174 ; Réau, 1931-1932, p. 243 ; Lossky, 1946, p. 35-36, 40 [f] ; Weigert, IV, 1961, n° 203, p. 50 ; Perreau, 2004, p. 205 ; Delaplanche, 2006, cat. PP.18, p. 227 et cat. GR 7, p. 267-268 ; Perreau, 2013, cat. *P.320, p. 103.  

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 64 ; L. 52. Loc. inc. (acq. 1924, à Moscou, d’une vente publique d’œuvres d’art en provenance de musées russes par Adam Tarnowski. Inv. 2174-35).
  • 2. Huile sur toile ovale, suiveur de Rigaud, H. 81 ; L. 65. Collection particulière (vente Paris, hôtel Drouot, Piasa, 25 juin 1999, lot 53).
  • 3. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 32,5 ; L. 26,5. Chantilly, musée Condé. Inv. PE601. Donation du marquis Armand de Poncins-Biancourt en 1939. En bas de la toile, un bandeau peint sur lequel est rapporté l’inscription suivante : « François Henry de Monmorency, duc de / Luxembourg, pair et maréchal de France, / époux de Charlotte de Clermont, duchesse de / Luxembourg lan 1693 ». Voir Cat. Aubert-Malo n° 601 ; Cat. Peintures françaises n° 168.
  • 4a. Gravé par Cornelis Martinus Vermeulen en 1694, « figure jusqu’aux genoux. L’estampe, grandeur de la demi-feuille du papier grand aigle, est devenue assez rare, la planche en ayant été égarée. » Sous le cadre et de part et d’autre d’une composition aux armes : « François de Montmorency, Duc de Luxembourg et de Piney / Pair, Maréchal, premier Baron et premier Chrétien de France, Souverain de Luxe et d’Aigremõt, Chevalier / des Ordres du Roy, Capitaine de la première et plus ancienne compagnie française des Gardes de son Corps, / Gouverneur et Lieutenant gñal pour Sa Majesté en la Province de Normandie, commandant l’Armée en Flandre. » Sous le trait carré : « Hyacinthus Rigaud pin. / Cornelis Martinus Vermeulen Sculp. et. ex. 1694. » Le maréchal brandit le bâton fleurdelisé de maréchal (acquis en 1675) et arbore le cordon de l’ordre du Saint-Esprit (reçu en 1688). L’estampe est une variante sur le modèle du portrait du duc de Matignon peint en 1708.
  • 4b. Gravé par Nicolas-Henri Tardieu après 1695, dans un ovale de pierre. Sur le socle, la lettre suivante : « Franc. Henri de Montmorenci, / duc de Luxembourg, / maréchal de France, / né le 8 janvier 1628, mort à Versailles le 4 janvier 1695. » Sur le haut du socle, de part et d’autre de l’ovale : « H. Rigaud pinx, - Tardieu fils sculp. ». L’estampe est sur le même modèle que celle de Vermeulen.
  • 4c. Gravé par Gérard Édelinck en 1697 selon Lelong, en 1698 selon Hulst ; « buste sans mains [dans un ovale de pierre], différent du grand portrait et pour la tête et pour le tout, fait pour le recueil des Hommes illustres de Perrault. » Dans le cartouche : « François Henri de Montmorency / duc de Piney-Luxembourg. » Sur la corniche sous l’ovale : « Hyacinte Rigaud pinxit / Édelinck sculp. C. P. R. H. ». H. 24,7 ; L. 18,1.
  • 4d. Gravé par Jean-Louis Roullet (1645-1699) d’après Joseph Parrocel (selon Dezallier d’Argenville, 1745-1752, ed. 1762, t. 4, p. 238) et copiant Rigaud. H. 83 ; L. 112. Vignette placée en tête de l’Oraison funèbre de François Henry de Montmorency, duc de Luxembourg, prononcée à Paris dans l’église de la maison professe de la Compagnie de Jésus, le 21e d’avril 1695, par le père Delarue, Paris, chez la veuve de Simon Bernard, 1695. En bas, à gauche : « I. Parosel inv. », à droite : « Roullet sculp. »
  • 4e. Gravé par Vincenso Vangelisti (1744-1798) d’après Rigaud. Buste dans un ovale de pierre. Sur la base du socle : « Le maréchal / de Luxembourg ». Sous le trait carré, respectivement à gauche et à droite : « Rigaud pix – Vangelist sculp. ». H. 23 ; L. 29,5.
  • 4f. Gravé par un anonyme sans date ;
  • 5. Copie (en buste) par Jean-Pierre Franque (1774-1860). Huile sur toile. H. 64 ; L. 54. Agrandi de motifs décoratifs peints par J. Alaux (H. 94 ; L. 55), commandé pour Versailles en 1839. Inv. 4605 7, MV7398, LP 3523 G. Voir Constans, 1995, I, p. 330, n°1863.

Copies et travaux :

  • 1693 : « Deux Coppies de M[onsieu]r Le ma[rech]al de Luxemb. » pour 106 livres et 5 sols (ms. 624, f°9).
  • 1694 : « Quatre Coppies de m[onsieu]r Le Ma[rech]al de Luxemb. » pour 200 livres (ms. 624, f°10).
  • 1694 : Verly reçoit 30 livres pour « trois copies de Mons[ieu]r le marechal de Luxambourg » ; « Plus une copie de M[onsieu]r de luxambourg » pour 10 livres (ms. 625, f°1).
  • 1694 : Joseph Christophe (1667-1748) reçoit 10 livres pour « une copie de M[onsieu]r le marechal de luxambourg » (ms. 625, f°1).
  • 1695 : « une [copie] de mons[ieu]r de Luxembourg » pour 50 livres (ms. 624, f°12).
  • 1696 : Taraval reçoit 9 livres pour « une copie de M[onsieu]r de luxambourg » (ms. 625, f°4).

Dans son article sur les portraits de Rigaud dans les pays Slaves, Boris Lossky identifiait à tort un portrait de Chrétien-Louis de Montmorency-Luxembourg (fig. 3, p. 35, repr.) et ceci afin de « coller » avec la mention en 1733 des livres de comptes d’un portrait du fils du célèbre maréchal de Louis XIV [*P.1383]. Pourtant, cette effigie, celle d’un homme déjà marqué par les guerres mais au regard étonnamment pétillant, rejoint indiscutablement l’iconographie de François-Henri de Montmorency-Bouteville (1628-1695) proposée par la gravure, en contrepartie, d’Édelinck. Le maréchal, le buste ceint du cordon de l’ordre du Saint-Esprit, porte le bustier de son armure sur une veste de velours. L'habillement, rejoint par l’ampleur de la perruque noire typique des années 1690-1700, ne peut à notre sens faire référence à un tableau peint en 1733.

Ce buste est tout à fait en accord avec les 122 livres et 10 sols notées par le rédacteur des livres de comptes en paiement du portrait. Hulst décrit l’estampe de Vermeulen comme une « figure jusqu’aux genoux ». Le visage est exactement le même, en sens inverse, des versions en buste. Ceci sous-entend que la gravure fut peut-être une extrapolation de la version réduite, sans que la vaste composition n’ait été peinte. Le cas n’est d’ailleurs pas rare d’un modèle ne commanditant, non pas une toile, mais simplement une gravure, quelques années après, à l’occasion de l’obtention d’un titre. La même attitude sera d’ailleurs reprise pour le maréchal de Matignon en 1708 [P.993]. Sans doute la composition de Vermeulen fut-elle élaborée pour commémorer la participation de Luxembourg aux batailles de Steenkerque (1692) ou de Neerwinden (1693) ; combats stylisés par un choc de cavaliers et de fantassins en fond de l’estampe. En l’absence d’éléments comparatifs, cette bataille, probablement œuvre de Joseph Parrocel selon M. Delaplanche, reste totalement inédite.

L’inventaire de la galerie d’art du roi Stanislas Auguste mentionnait également un portrait de Grégoire Antoine Oginski, commandant de Sandomir, directement inspiré par l’effigie de Luxembourg (Loosky, p. 36, note 7). Quant à la gravure de Roullet, elle reprend en contrepartie le travail d’Edelink avec une petite variante dans le placement du cordon du Saint-Esprit, sur l’épaule. Si l’on est pas tout à fait certain de la paternité du dessin des figures allégoriques, l’ovale du centre est une exacte copie du buste imaginé par Rigaud. Les copies de Chantilly et celle passée en vente Piasa confirment qu’en cette année 1693, Rigaud avait figuré le maréchal en simple buste cuirassé. Seigneur souverain de Luxe, de Précy, de Blaincourt et de Bouqueval, comte de Bouteville, duc de Piney dit de Luxembourg, fils posthume de François de Montmorency (1600-1727), comte de Luxe, gouverneur de Senlis et d’Elisabeth Angélique de Vienne (1607-1696), notre modèle avait épousé depuis 1661 Madeleine-Charlotte de Clermont-Tonnerre (1635-1701), duchesse de Piney-Luxembourg, princesse de Tingry, héritière d’un duché et fort riche, fille de Charles-Henri, comte de Clermont-Tonnerre et de Marguerite-Charlotte, duchesse de Piney-Luxembourg, ce qui lui rapporta les titres de duc de Luxembourg et de pair de France. Capitaine des gardes du corps (1674), maréchal de France (1675), il fut un homme de guerre réputé, participant aux principales batailles des Flandres, comme commandant des armées : Fleurus (1690), Leuze (1691), Steenkerque (1692) et Neerwinden (1693). 

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan