COLBERT DE CROISSY Louis François Henri

Catégorie: Portraits
Année : 1693

 

P.313

Âge du modèle : 16 ans

Huile sur toile
H. 136 ; L. 104,5 cm
France, collection particulière

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1693 pour 367 livres et 10 sols (ms. 624, f° 8 v° : « Mons[ieu]r le chevalier de Croissy ») ; ; collection Colbert au château de Sablé-sur-Sarthe ; château des Rues ; par descendance, collection particulière.

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 33 [f], 81, 83 ; Hulst/2, p. 164 ; Marcel, 1906, p. 254 ; Brême, 2000, cat. 34, p. 37, 65 ; James-Sarazin, 2003/2, p. 302-303 ; Delaplanche, 2006, cat. PP. 5, p. 224 ; Perreau, 2013, cat. P.313, p. 101.-102.

Œuvres en rapport :

  • 1. Pierre noire, estompe, encre noire, pastel noir, rehauts de craie blanche sur papier bleu (jauni), collé en plein, traces de mise au carreau d’après Rigaud par Charles Viénot. H. 37,5 ; L. 28,7 cm. Paris, musée du Louvre. Inv. 32725. Confectionné vers 1700 ; Ancien fond (L. suppl. 1886a). Voir : Labbé & Bicart-Sée, 1987, note 9, p. 534 ; James-Sarazin, (1999) 2003, p. 302 (note 10), repr. fig. 1, p. 303 ; Brême, 2000, cat. 34, p. 65, repr. p. 37. Exp. : Paris, 1954, n°33 & Paris 1958/1, n°3.

Copies et travaux :

  • 1700 : « Un dessein de m[onsieu]r le chevalier de Croissy » par Charles Viénot (ms. 625, f° 9 v°).
  • 1700 : « Une [copie] de m[onsieu]r le chevalier de Croissy » par Adrien Leprieur pour 16 livres (ms. 625, f°8 v°).

Nous pensons que c’est avec erreur que Roman identifiait ce personnage comme étant Charles Colbert, dit « le Chevalier de Croissy », mort en 1708. Il poursuit en concédant que, bien qu’Édelinck ait gravé ce portrait en 1691, ceci impliquait une erreur soit dans la date de la gravure, soit dans les livres de comptes de Rigaud. En réalité, il s’agit, vu l’intitulé, du portrait de son fils, Louis-François-Henri Colbert de Croissy (1677-1747), chevalier puis comte de Torcy, ambassadeur de Suède, frère cadet de Torcy. Il était effectivement l’un des sept enfants de Charles Colbert de Croissy (1629-1696), peint par Rigaud en 1691, frère cadet du Grand Colbert, et de Françoise Béraud (1719), fille unique d’un conseiller d’État, grand audiencier de France, sieur de Croissy-en-Brie. Chevalier de Croissy, mousquetaire du roi (1691), il reçut une lieutenance au Régiment royal le 15 décembre de la même année, fit le siège de Namur, la bataille de Steenkerque et supporta le bombardement de Charleroi en 1692. On lui donna le Régiment d’Infanterie de Santerre lors de sa création, le 4 octobre suivant, avec lequel il fit le siège de Huy et la bataille de Nerwindeen. Brigadier en 1702, maréchal de camp (1704), lieutenant général (1710), ambassadeur extraordinaire auprès de Charles XII (1714), il fit presque toutes les campagnes de Flandres et obtint, en 1711, le gouvernement de Crécy-en-Brie. Le jeune Chevalier sera à nouveau peint par Rigaud en 1697, au sein d’une triple commande. Louis-François-Henri était âgé respectivement de 16 puis 20 ans sur les portraits de 1693 et de 1697. Il épousa le 30 décembre 1711, Marie Brunet de Rancy (morte en 1742), « à qui l’on donne 600 000 francs, 100 000 francs pour les frais de noces et plusieurs années de nourriture » nous avoue Tessé dans une lettre au prince de Monaco, datée 27 septembre 1711. Elle était la fille de Paul-Étienne Brunet, seigneur de Rancy, riche financier. On a souvent confondu le présent portrait avec celui fait en 1697 sur le modèle de celui du Grand Dauphin, et pour lequel Joseph Parrocel sera sollicité.

Localisation de l´œuvre :

château des Essarts, France

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan