NEUVILLE DE VILLEROY François de

Catégorie: Portraits
Année : 1691

 

*P.230

Âge du modèle : 47 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1691 pour 141 livres (ms. 624, f° 6 v° : « Mons[ieu]r le duc de Villeroy [rajout : Villeroi] »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 25 ; Perreau, 2013, cat. *P.230, p. 90.

Personnage considérable de la cour de France, François de Neuville (1644-1730), marquis d’Allincourt, passe ici pour la première fois devant le pinceau de Rigaud. Il ne faut cependant pas confondre ce portrait (sans doute un buste) avec la vaste composition, faite sur le type « d’homme en armure tenant un bâton de commandement » qui sera peint en 1698 et dont le château de Vaux-le-Vicomte possède une copie [*P.548]. L’iconographie du duc devra d’ailleurs beaucoup à cette toile.

Duc de Villeroy (1685) et de Beaupréau, maréchal de France (1693), ministre d’Etat, président du conseil des Finances, gouverneur de Louis XV, Villeroy était le fils de Nicolas IV de Neufville (1598-1685), maréchal de France et de Madeleine de Créquy (1609-1675). Le futur maréchal épousa quant à lui, le 28 mars 1662, Marguerite-Marie de Cossé-Brissac (1648-1708), dame de Beaupréau (fille de Louis de Cossé, 3e duc de Brissac et de Marguerite-Françoise de Gondi), avec qui il aura sept enfants. Par testament, Louis XIV le fit gouverneur de Louis XV ; fonction qu’il remplira de 1717 à 1722. Membre du Conseil de Régence et président du Conseil des finances, il bénéficie d’un portrait cinglant par Saint-Simon (Mémoires, XII, 6), ce qui nous permettra sans doute d’imaginer le buste peint en 1691 :

« C’était un grand homme bien fait avec un visage fort agréable, fort vigoureux, qui sans s’incommoder faisait tout ce qu’il voulait de son corps. Quinze et seize heures à cheval ne lui étaient rien, les veilles pas davantage. Toute sa vie nourri et vivant dans le plus grand monde ; fils du gouverneur du Roi, élevé avec lui, dans sa familiarité dès leur première jeunesse, galant de profession, parfaitement au fait des intrigues galantes de la cour et de la ville, dont il savait amuser le Roi, qu’il connaissait à fond, et des faiblesses duquel il sut profiter, et se maintenir en osier de cour dans les contretemps qu’il essuya avant que je fusse dans le monde. Il était magnifique en tout, fort noble dans toutes ses manières, grand et beau joueur sans se soucier du jeu, point méchant gratuitement, tout le langage et les façons d’un grand seigneur et d’un homme pétri de la cour ; glorieux à l’excès par nature, bas aussi à l’excès pour peu qu’il en eût besoin, et à l’égard du Roi et de Mme de Maintenon valet à tout faire. C’était un homme fait exprès pour présider à un bal, pour être le juge d’un carrousel, et, s’il avait eu de la voix, pour chanter à l’Opéra les rôles de roi et de héros, fort propre encore à donner les modes, et à rien du tout au-delà. Il ne se connaissait ni en gens ni en choses, pas même en celles de plaisir, et parfait et agissait sur parole ; grand admirateur de qui lui imposait, et conséquemment dupe parfaite, comme il le fut toute sa vie de Vaudémont, de Mme des Ursins et des personnages éclérants ; […] il se piquait néanmoins d’être fort honnête homme ; mais, comme il n’avait point de sens, il montrait la corde fort aisément aux occasions même peu délicates, où son peu de cervelle le trahissait, peu retenu d’ailleurs quand ses vues, ses espérances et son intérêt, même l’envie de plaire et de flatter ne s’accordaient pas avec la probité. […] Sa politesse avait une hauteur qui repoussait, et ses manières étaient par elles-mêmes insultantes quand il se croyait affranchi de la politesse par le caractère des gens. Aussi était-ce l’homme du monde le moins aimé, et dont le commerce était le plus insupportable, parce qu’on y trouvait qu’un tissu de fatuité, de recherche et d’applaudissement de soi, de montre de faveur et de grandeur de fortune, un tissu de questions qui en interrompaient les réponses, qui souvent ne les attendaient pas, et qui toujours étaient sans aucun rapport ensemble. »

Roman faisait erreur en situant la toile au musée de Perpignan. Voir le portrait de ses fils, François Catherine et François Paul, peints dès 1690 [*P.190].

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan