AUBUSSON DE LA FEUILLADE Louis d'

Catégorie: Portraits
Année : 1691

 

*P.226

Âge du modèle : 18 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1691 pour 164 livres et 10 sols (ms. 624, f° 6 v° : « Mons[ieu]r le duc de foeüillade [rajout : Feüillade] »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 25 [f], 48, 49, 61 ; Perreau, 2013, cat. *P.226, p. 90.

Copies et travaux :  

  • 1695 : « Deux [copies] de mons[ieu]r Le Duc de la foeuillade » pour 140 livres (ms. 624, f°12).
  • 1695 : Gaspard RIgaud reçoit 20 livres pour « une copie de M[onsieu]r de la feuillade » (ms. 625, f°3 v°).
  • 1697 : Dupré reçoit 29 livres pour « deux Copies de M[onsieu]r De la feuillade » (ms. 625, f°4 v°).

Louis d’Aubusson, duc de La Feuillade (1673-1725), avait porté les titres de comte de La Feuillade, vicomte d’Aubusson et Baron de La Borne, puis Duc de Roannais (dit de La Feuillade) et Pair de France, Baron de Pérusse et Seigneur de Felletin. Duc de La Feuillade en cette année 1690 sur démission de son père (Roman optait pour ce dernier personnage) Maréchal de France servant dès l’âge de 15 ans comme volontaire dans l’armée, il fut fait maître de camp d’un régiment de cavalerie de son nom en août 1689. Brigadier en janvier 1702 et enfin maréchal de camp le mois suivant, il était devenu en 1701 le gendre du ministre Chamillart en épousant sa fille, Marie-Thérèse (1683-1716) après avoir été veuf de Charlotte Phélypeaux de La Vrillière, peinte par Rigaud en 1694). Saint-Simon, qui le détestait et ne pouvait donc être objectif à tout le moins, en dresse cependant un portrait assez précis (Mémoires, 1701, III, 17) : « Il était parfaitement bien fait, avait un air et les manières fort nobles, et une physionomie si spirituelle qu'elle réparait sa laideur et le jaune et les bourgeons dégoûtants de son visage. »

Débauché, négligent à l’armée, « il avait beaucoup d'esprit et de toutes sortes d'esprit. Il savait persuader son mérite à qui se contentait de la superficie, et surtout avait le langage et le manège d'enchanter les femmes. Son commerce, à qui ne voulait que s’amuser, était charmant ; il était magnifique en tout, libéral, poli, fort brave et fort galant, gros et beau joueur. Il se piquait fort de toute ses qualités, fort avantageux, fort hardi, grand débiteur de maximes et de morales, et disputait volontiers pour faire parade d'esprit […]. C’était un cireur corrompu à fond, une âme de boue, un impie de bel air et de profession ; pour tout dire, le plus solidement vrai honnête homme qui ait paru de longtemps. [...] La Feuillade était déjà veuf sans enfants de la fille de Châteauneuf et sœur du secrétaire d’État La Vrillière et qu’il avait fort maltraitée lorsqu’il songea à se remarier avec la fille de Chamillart, cruellement vilaine » nous avoue Saint-Simon. Lieutenant général en Savoie (1704), puis dans le comté de Nice (1705), avant d’être nommé Maréchal de France (1724), le duc de la Feuillade sollicitera à nouveau Rigaud en 1699 mais pour la commande d’une copie du portrait du Grand Dauphin (200 livres).

Le père de notre modèle, François III (1631-1691), avait fait élever la place des Victoires sur les terrains acquis le 13 décembre 1683 du duc de La Ferté Senneterre. Il en vendit ensuite une partie, le 20 août 1689, à Gabriel de La Fontaine qui devint le bailleur de Rigaud entre 1689 et 1720.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan