FLÉCHIER Valentin Esprit

Catégorie: Portraits
Année : 1690


*P.211

Âge du modèle : 58 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1690 pour 115 livres (ms. 624, f° 6 : « Mons[ieu]r Levesque de Nismes [rajout : Esprit Fléchier] ») ; Béziers, coll. Mathilde Bellaud-Dessalles, 1919.

Bibliographie : 

Hulst/2, p. 151 ; Hulst/3, p. 172 ; Paignon-Dijonval, 1810, p. 257 (n°s 7425 et suiv.) ; Portalis et Béraldi, 1880-1882, II, p. 662 ; Roman, 1919, p. 23 [f], 24 ; Weigert, IV, 1961, n° 154, p. 40 ; Constans, 1995, II, p. 766, n° 4318 ; Perreau, 2013, cat. *P.211, p. 87.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 63 ; L. 52 cm. Versailles, musée national du château. Inv. 9208, MV2925, LP 4005. En dépôt à Paris, Institut de France. Inscription à même la toile : « E. FLECHIER – 1673 », ce qui correspond à la date de sa nomination à l’Académie française. Collection Académie Française. Don de l’Académie. Voir Constans, 1995, II, p. 766, n°4318.
  • 2a. Gravé par Gérard Édelinck en 1698 selon Huslt, dans un ovale de pierre : « Spiritus Flechier Episcopus Nemausensis, / Regi a Consilys, olim Serenissima Dnx, D. Delphinae / ab Elecmosynis Ordinarius. » Sur le plat du socle : « Hyacinthus Rigaud Pinxit - Édelinck Sculpsit C.P.R. » H. 21,5 ; L. 15,7 cm. Huslt précise : « Estampe en buste, de huit pouces de haut dans œuvre. Il y a une copie de format d’un in-4° », destiné pour le recueil des Hommes illustres de Perrault.
  • 2b. Gravé par Gérard Édelinck, sans date, en contrepartie de la précédente, dans un ovale à droite. H. 13 ; L. 8 cm. Dans le socle : « MRE. ESPRIT FLECHIER / EVESQUE DE NISMES. » Sous le trait carré : « H. Rigaud pinx – Édelinck sculp. » Versailles, musée national du château - LP30-893). Hulst semble ne pas attribuer à Édelinck cette estampe « quoi qu’en dise la planche […] » et la décrit comme suit : « Buste format d’un in-4° ou de grand in-8°, copié sur l’estampe précédente et qui, par cette raison, peut être retranché du présent œuvre, à moins qu’on ne le voulût grossir de toutes les copies et arrière-copies de plusieurs autres estampes y rassemblées. Celle-ci cependant peut être dans le cas d’une exception à cet égard. »
  • 2c. Gravé par Renée Élisabeth Marlié-Lépicié dans le même sens que la première estampe d’Édelinck. H. 14,5 ; L. 10,2 cm. Dans le socle : « ESPRIT FLECHIER / Evêq. De Nîmes, de l’Acad. Franç.se / Né à Pernes, près de Carpentras, le 1er. Juin 1632. / Mort à Nîmes le 16 Février. 1710. » Sous le trait carré : « A Paris chez Odieuvre md. d’Estampes quay de l’Ecole vis-à-vis le côté de la Samarit.e à la belle Image. » Sur le plat du socle, de part et d’autre de l’ovale : « H. Rigaud Pinx – E. l. Marbé Lépicié Sc. »
  • 2d. Gravé par Charles Germain de Saint-Aubin (1721-1786), dessinateur du roi, frère du peintre Gabriel-Jacques de Saint-Aubin (1724-1780). Buste à gauche dans un ovale. Dans un cadre au-dessous : « FLECHIER. »
  • 2e. Gravé par Duflos. Buste à droite dans un ovale. Dans un cartouche sous l’entablement : « Esprit Fléchier / Eveque de Nismes, et l’un des Quarante / de l’Académie Françoise ». Sous le trait carré, respectivement à gauche et à droite : « Hiasinthe Rigaud pinx. / Duflos le jeune sculp. ». H. 18,5 ; L. 13,6 cm. Mis en tête du premier volume des Œuvres complètes de Fléchier, Paris, Despres, 1782.
  • 2f. Gravé par Jean Moreau. Médaillon du portrait de Fléchier, soutenu par des figures allégoriques.
  • 2g. Gravé par Étienne Jehandier Desrochers dans le même sens que le tableau. Sous l'ovale de pierre, dans un cartouche : « M[essi]re Esprit Fleschier / Evesque de Nismas un des 10 de / L'académie françoise Aumosnier de / M[adam]e la Dauphine mort à Montpellier / le 15 mars 1710 âgé de 78 ans ». Dessous, dans la corniche : « Gr[avé] par E[tienne] Desrochers et se vend chez luy a Paris rüe du foin res la rüe St Jacques ». Dans le socle, en dessous : « Flechier par sa haute Eloquence / Mérita de montrer au degré de Pasteur / Et son zele en ce rang a fait mettre en balance / s'il fut moins bon Prelat que parfait orateur ».
  • 2h. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 72 ; L. 61 cm. Nîmes, évêché. Cité dans Sarazin, 2016, II, cat. *P.216, p. 77 (2003, cat. I, n°183), avec dimensions fautives. Nous remercions Guillaume Bernard, conservateur des antiquités et objets d'art du Gard d'avoir bien voulu nous signaler les deux versions et de nous en avoir fourni les clichés.[1]
  • 2i. Huile sur toile d'après Rigaud (XIXe). H. 91 ; L. 73 cm. Nîmes, évêché. Cité et illustré en noir et blanc dans Sarazin, 2013, p. 77 (2003, cat. I, n°183), avec dimensions fautives et assimilé à l'exemplaire précédent.

Copies et travaux :

  • 1690 : « Deux [copies] de Mons[ieu]r Levesque de nismes » pour 100 livres (ms. 624, f°6).

« [La mort] de l'évêque de Nîmes arriva dans son diocèse. C’était Fléchier qui avait été sous-précepteur de Monseigneur, célèbre par son savoir, par ses ouvrages, par ses mœurs, par une vie très-épiscopale. Quoique très-vieux, il fut fort regretté et pleuré de tout le Languedoc, surtout de son diocèse » nous avoue Saint-Simon (Mémoires, 1710, VIII, 6). Valentin-Esprit Fléchier (1632-1710) fut effectivement nommé évêque de Nîmes en 1687. Roman optait pour sa part pour son prédécesseur, Jean-Jacques III Séguier de la Verrière (1606-1689).

Célèbre orateur, Fléchier naquit à Pernes-les-Fontaines (Comtat Venaissin) et fut élevé par un oncle maternel, le Révérend Père Hercule Audiffret, qui dirigeait alors le collège des frères de la Doctrine chrétienne à Tarascon. Membre de cette congrégation (1648), il enseigna ensuite la rhétorique à Narbonne où il prononça en 1658 sa première oraison funèbre : celle de l’archevêque de cette cité, Claude de Rebé (1595-1658). Ordonné prêtre le 26 mars 1657, sa réputation gagna la cour de Louis XIV, où il devint célèbre par ses panégyriques et ses oraisons funèbres. Fléchier trace alors de lui-même, comme c’est la mode, un portrait qui rejoint l’effigie fixée par Rigaud : « Il a un caractère d’esprit net, aisé, capable de tout ce qu’il entreprend ; il a fait des vers fort heureusement, il a réussi dans la prose, les savants ont été contents de son latin. La Cour a loué sa politesse et les dames les plus spirituelles ont trouvé ses lettres ingénieuses et délicates. Il a écrit avec succès, il a parlé en public même avec applaudissement ». Après avoir été pensionné par le roi (1663) en qualité de poète latin, précepteur chez le conseiller d’État Caumartin, lecteur du Grand Dauphin grâce à l’influence du duc de Montausier (1668), il prononce, en 1672, l’oraison funèbre de Julie d’Angennes (1607-1671), duchesse de Montausier, qui achève sa réputation. Reçu à l’Académie Française en 1673 (le même jour que Racine), il reçoit de Louis XIV l’Abbaye de Saint-Séverin et la charge d’aumônier ordinaire de la Dauphine (1685). Évêque de Lavaur la même année, il achève sa carrière comme évêque de Nîmes, et jusqu’à sa mort.

C’est donc un personnage bien en cour que Rigaud peint ici, dans une posture relativement sobre, privilégiant l’étude fine d’un caractère complaisant.

Notons un second portrait de Fléchier en 1709 pour 150 livres, ce qui correspond également à un buste. En 1711, l'artiste peindra également le portrait du successeur de Fléchier à l'évêque, Jean-Jacques Rousseau de La Parisière.

 


[1] Mise à jour 28 février 2018.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan