HARCOURT BEUVRON Henri d'

Catégorie: Portraits
Année : 1697

 

P.349b

Âge du modèle : 43 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Anciennement au château de Thury-Harcourt (détruit dans un incendie en 1944).

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1694 pour 120 livres (ms. 624, f° 9 v° : « Mons[onsieu]r le maréchal [sic] d’harcourt »).

Bibliographie :

Hulst/3, p. 176 ; Roman, 1919, p. 37 ; Soulange-Boudin, 1928, pl. 34 ; Corp, 1995, note 68, p. 60 ; Perreau, 2004, p. 205 ; Marcheteau de Quincay, 2006, p. 19-20 ; Perreau, 2013, cat. P.349, p. 106-107.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 128 ; L. 92 cm. Collections du 12e duc d’Harcourt. Semble être une version du XIXe siècle (voir le catalogue de l’exposition Du Duc d’Anjou à Philippe V, le premier Bourbon d’Espagne, Sceaux, musée d’Île-de-France, 1993, n°30, p.82-83, repr.).
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud. Voir « La famille d’Harcourt, Histoire, iconographie », Art de Basse-Normandie, 1979, n°78, p. 2.
  • 3. Huile sur toile d’après Rigaud. Présenté à l’exposition militaire de 1889, publiée dans les Carnets de la Sabretache, 1901, t. 1, p. 344-352, repr.
  • 4. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 65 ; L. 51 cm. Autriche, coll. priv. ; vente Vienne, Auktionshaus im Kinsky, 18 octobre 2016, lot 739.
  • 5. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 83 ; L. 62 cm. Vente Genève enchères, 19 septembre 2018, lot. 462 (« École française début XVIIIe s, atelier de Hyacinthe Rigaud »). Cette copie, qui adapte le modèle dans une posture très en vogue dans les années 1710, telle celle de Niccolo Durazzo, est nettement de la main d'un aide d'atelier, peut-être même d'un artiste s'en étant émancipé. En témoignent l'aspect scolaire des boucles de la perruque et le léger défaut anatomique dans la représentation de la bouche et que le maître aurait sans doute corrigé. La copie semble avoir été faite avant 1705 puisque le cordon bleu de l'ordre du Saint Esprit reçu par le modèle est ici absent.

La répparition récente d'une copie du portrait original d’Henri, duc d’Harcourt-Beuvron (1654-1718), de celui que Rigaud peignit en 1694, permet de réserver un numéro propre dans notre catalogue, au grand portrait qui se trouvait avant la seconde guerre mondiale au Château de Thury-Harcourt près de Caen. Détruit dans un incendie en 1944, l'œuvre est connues par, plusieurs copies, certaines assez faibles montrant le modèle à mi-corps, tenant un bâton de commandement sur le principe désormais bien connu du portrait du Grand Dauphin.

Nous avions déjà émis quelques réserves quant à la relation qu'il convenait de faire entre cette attitude (qui devait avoir nécessité un paiement d'au moins 500 livres) avec celle de 1694, pour seulement 120 livres. Cette dernière, un simple buste, correspondait d'ailleurs à la gravure en contrepartie de Chéreau [1].

On ne sait pas à quelle époque le duc souhaita extrapoler son visage dans une nouvelle posture dont certaines versions proposent d'ailleurs l'habillement du bâton originellement nu, en un insigne militaire fleurdelysé, illustrant l'accession, en 1703, d'Henri de Harcourt au titre de maréchal de France. Le cordon bleu de l’ordre du Saint-Esprit est également présent, malgré la date également tardive de cet honneur : 1705.

Reste à départager la version la plus fidèle à l’original. Celle du douzième duc d’Harcourt, malgré sa fidélité avec l’ancien tableau détruit, ne nous semble pas digne du talent du peintre. Le visage est sans expression, les drapés secs et la perruque lourde. La seconde version, appartenant également au duc, semble de meilleure qualité, avec toutefois des variantes dans l’écharpe et la présence d’un nœud dans la perruque, à l’image du portrait du Grand Dauphin conservé dans les collections royales espagnoles. Le visage également, plus rond à la physionomie nettement plus malicieuse cadre pourtant mal avec celui de la gravure de Chereau et celui de la première version ducale. Enfin, la troisième version appartenant au vicomte d’Harcourt, calque les moindres détails de la précédente mais propose un visage plus allongé, plus conforme d’ailleurs à la gravure de Chéreau. 

 


mise à jour 24 août 2018 (P.349b-5)

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan