MANTOUE Charles III Ferdinand de Gonzague, duc de

Catégorie: Portraits
Année : 1705

 

P.904

Âge du modèle : 53 ans

Huile sur toile
H.172 ; L. 162.
Newport, Marble House. Inv. PSNC. 9-871.

Historique :

Mentionné dans les livres de comptes dès 1705 par les travaux réalisés par les aides d'atelier ; paiement final inscrit en 1709 pour 500 livres (ms. 624, f° 29 v° : « M[onsieu]r le Duc de Mantoue [rajout :] attitude originale, un des beaux Portraits de M. Rigaud ») ; atelier Rigaud en 1705-1712 ; soldés par N. Durazzo [P.1170], 1712 ; Gènes, coll. Durazzo ; Rome, palais Ambrogio Doria (banque de Rome), 1773 [« deux portraits par Rigaud et un portrait du prince Charles de Lorraine, fait à paris par le célèbre Rigaud »] ; Paris, marché de l’art, v. 1890 ; achat Allard et fils pour W. K. Vanderbilt ; acq. F. H. Prince avec la Marble House, 1932).

Bibliographie :

Rigaud, 1716, p. 119 ; Hulst/3, p. 185 ; Mariette, 1740-1770, VII, f ° 13 ; Moreri, 1759, VI, p. 405 ; Dussieux, 1856, p. 289 ; Blanc, 1857, I, p. 188 ; Roman, 1919, p. 140, 141, 145 ; O’Neill, 1984, p. 187 et 193 ; Breteuil, 1992, p. 155-214 ; Constans, 1995, II, p. 764, n° 4312 [f] ; Caretta, 1999, 6, p. 64-73 [tableau original en localisation inconnue] ; Brême, 2000, p. 42-43 [dessin] ; Sanguineti, 2001, p. 11-25, 39-67 ; James-Sarazin, 2003/2, p. 316, note 71 [tableau original en localisation inconnue] ; Widauer, 2004, F. 978, p. 195 [dessin] ; Perreau, 2004, p. 118-19 [tableau original en localisation inconnue] ; Levallois-Calvel, 2005, II, p. 98, cat. P. Dr. n° 42 [gravure] ; James-Sarazin, 2011/1, p. 50 [tableau original en localisation inconnue] ; Perreau, « Hyacinthe Rigaud et les portraits du duc et de la duchesse de Mantoue (1704-1712) » [en ligne], www.hyacinthe-rigaud.over-blog.com, 18 septembre 2013 [tableau original en localisation connue] ; Perreau, 2013, cat. PC.904, p. 195-196 [tableau original en localisation connue] ; James-Sarazin, 2016, II, cat. P.905, p. 305-306 [États-Unis, collection privée avec historique fautif sur la localisation de l'original].

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud (Leprieur), 1708, H. 141 ; L 111,5 cm. Versailles, musée national du château. MV6386 (ms. 625, f° 23, 70 livres ; Inventaire après décès de Rigaud, 1744 n° 316 (?) ; coll. Collin de Vermont ; sa vente, 14 novembre 1761, n° 90 [« un grand Portrait du Duc de Mantoue en cuirasse par idem. La Bataille du fond, par Parrocel », 125 livres] ; acquis par Bernard de Bury (Versailles, 20 août 1720 – Versailles, 19 novembre 1785), neveu de Collin de Vermont ; Inventaire après décès de de Bury [inédit], 1785 [« item un autre tableau peint sur toile representant le duc de Mantoue par Rigau dans sa bordure de bois sculpté doré prisé la somme de vingt quatre livres cy »]).
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud (esquisse), H. 22 ; L. 16 cm. France, Collection particulière (vente Lisieux, Hôtel des ventes, 12 juillet 2008).
  • 3. Pierre noire, lavis et rehauts de gouache blanche sur papier bleu. H. 36 ; L. 28. Paris, Collection particulière. Marque en bas : « Le Grand Duc de Mantoue dessiné par M[onsieu]r Rigaud sur le tableau qu’il en a fait qui appartient à M[onsieur] de Bury. / Ce portrait n’a jamais été gravé. » Élaboré vers 1706 ; Vente Paris, Hôtel Drouot, Libert & Castor, 16 avril 1999, lot 12. Voir Roman, 1919, p. 141 ; James-Sarazin, (1999) 2003, p. 317, note 75, repr. p. 317, fig. 8 ; James-Sarazin, 2003/2, p. 215, repr. fig. 13, p. 216 ; Perreau, 2004, p. 118, repr. p. 119, fig. 91. 
  • 4. Huile sur toile d'après Rigaud (XIXe). H. 40.7 ; L 34.2 cm. Ancienne collection Eugene M. Lang. Vente Doyle, New York, 31 janvier 2018, lot. 37.

Copies et travaux : 

  • 1708 : Leprieur reçoit 70 livres pour « une coppie du duc de Mantoüe en grand » (ms. 625, f°23).
  • 1708 : Monmorency touche 6 livres pour « un dessein de M[onsieu]r. le Duc de Mantoue » (ms. 625, f° 23 v°).

Descriptif :

Commandés dès la fin de l’année 1704 à l’occasion du mariage des modèles, les portraits originaux du duc de Mantoue et de son épouse, Suzanne Henriette d'Elbeuf, n'étaient connus, jusqu'en 2013, que par des copies assez bien documentées. Nous avions alors pu les redécouvrir pour la première fois à la Marble House de Newport. Confectionnées pour les visages en 1705, comme le montrent les différents travaux des livres de comptes à cette date, ils sont cités dans une lettre du duc datée de janvier de cette année-là : « Vous payerez des premiers Deniers de votre recette au Comte Truzzy[1], Notre envoyé extraord[inai]re S[a] M[ajes]té très chrestienne la somme de deux mil sept cent trente livres pour estre parluy employée au payement des Portraits que nous avons fait faire pendant notre séjour à Paris par les S[ieu]rs De Troyes et Rigaud, tant de nous que de la Ser[enissi]me Duchesse notre espouse »[2].

Le duc avait en effet également sollicité François de Troy qui réalisa des bustes en pendant, en même temps qu’une composition plus vaste de la duchesse qui nous est parvenue[3]. En mars 1705, Truzzi avouera au comte que son trésorier Carlovilla tardait toujours à lui remettre les fonds pour les œuvres de Rigaud et, en septembre, que le peintre était loin d’avoir achevé son travail : « J’ai demandé à Rigaud la raison du retard de ces Joyaux, tout en l’encourageant à terminer les deux portraits de Altesse Sérénissime et la maîtresse qui ne ne sont pas prêts d’être finis ; mais je m’attends pas à ce qu’il le soient tant qu’il [Rigaud] n’aura pas déclaré que ses Joyaux le seront ». Finalement restés impayés par la mort des modèles, les deux effigies furent « soldées » en 1709 par le comte Durazzo :

« En cette même année 1704, M. le duc de Mantoue lui ayant fait l’honneur de venir chez lui [Rigaud] pour voir ses ouvrages, voulut aussi qu’il fît son portrait et celui de la princesse, sa femme. Ces deux portraits lui étant restés par la mort de ce prince et de cette princesse, M. le comte Durasso, envoyé de la République de Gênes auprès du roi, s’étant fait peindre chez Rigaud, emporta ces deux portraits avec le sien, pour les mettre dans son palais, par la seule estime qu’il fait de ses ouvrages, à l’exemple de plusieurs Génois qui en ont grand nombre » (Rigaud, 1716, p. 119).


[1] Joseph, Comte de Truzzy (1666-1726), envoyé extraordinaire du duc de Mantoue.

[2] Archives d’état de Mantoue, fonds Gonzague (ASMn, AG), carton 701 (E. XV. 3 – « Carteggio d’Inviati e Diversi », 9 janvier 1705).

[3] Huile sur toile, H. 131 ; L. 98 cm. Vente Paris, hôtel Drouot, De Maigret, 13 juin 2007, lot 67. Voir la lettre de Truzzy au duc de Mantoue (ASMn, AG, busca 700, 8 octobre 1704) : « J’ai été chez le peintre de Troye et j’ai trouvé que la duchesse d’Elbeuf avait eu raison de me recommander de le faire presser pour les ornements du petit buste du portrait de Votre Excellence pourqu’il soit envoyé en Italie ; bien que le peintre m’ait montré le buste achevé, il n’est pas en état d’être expédié et ne sera pas susceptible d’être sec d’ici a trois ou quatre jours ; il travaille aussi à un plus grand buste, et m’a dit que la duchesse veut le mettre dans sa maison. » Cité en Italien dans Caretta, p. 25, note 36.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan