LARCHER Michel III

Catégorie: Portraits
Année : 1705

 

PC.908

Huile sur toile
H. 132 ; L. 99.
Paris, Collection particulière.

Historique :

Peint vers 1705 ; ancienne collection du baron de Baye, Paris ; vente Paris, hôtel Drouot, Choppin de Janvry, 22 juin 2011, sans numéro.

Bibliographie :

Roman, 1919, p 293 ; Perreau, « Et revoilà monsieur Larcher », [en ligne], 22 juin 2011, www.hyacinthe-rigaud.over-blog.com ; Perreau, 2013, cat. PC.908, p. 196.

Main sur la hanche, l'autre posée sur un rebord de pierre recouvert d'un velours, regard perdu dans le lointain, mine confiante... tel nous apparaît Monsieur Larcher dont les traits sont indubitablement proches de ceux de son grand-père, Michel II, immortalisés par la gravure. Notre modèle, mort le 9 avril 1715, fut titré marquis d’Olizy, Bojancourt, Nogent le Chemin, baron de Baye, Ormoy, Villevenard, Joches, Tallu, Barnay. Successivement conseiller au Grand Conseil (24 septembre 1681), Grand rapporteur en la Chancellerie (19 mars 1682), maître des requêtes (23 février 1687), Commissaire de la cour souveraine pour la réformation de la justice aux grands Jours (11 août 1688), Intendant de la Généralité de Rouen (15 février 1690), puis de Champagne (24 décembre 1691), il termina conseiller du roi et président en la chambre des comptes sur démission de son père le 17 février 1700. La majeure partie de ces fonctions se retrouve d'ailleurs reportée de manière apochryphe au dos de l'œuvre, sur la toile de rentoilage. Il est intéressant de noter que Michel III Larcher se trouvait lié à la famille des Hébert du Buc et des Legendre de Lormoy, autres clients de Rigaud en 1702. En effet, le frère de notre modèle, Pierre Larcher (mort en 1706) s'était uni avec Anne-Thérèse du Buc, fille du maître des requêtes, André Pierre Hébert et de sa seconde épouse, Anne Françoise Legendre.

Sauf nouveaux éléments, l'attitude choisie par le modèle avait été initiée au printemps 1699 par l’artiste pour deux « portraits en grand », identiques, commandés par Sir Edward Villiers (1656-1711), premier comte de Jersey à l’occasion de son ambassade parisienne (septembre 1698-mai 1699). La vêture fit des émules et perdura dans l’atelier de Rigaud pendant au moins dix ans. On la retrouve en effet en 1710 et avec quelques variantes, à l’occasion du passage à Paris, du futur cardinal Néri Maria Corsini (1685-1770), lors ambassadeur de la cour de Florence. 

Considérant l'état de dégradation avancé dans sa partie basse lors de la vente en 2011, le tableau avait été fort longtemps conservé en milieu humide. Restauré avec soin, nous avons pu l'examiner de manière inédite dans sa collection particulière et le photographier à cette occasion avec la permission des collectionneurs privés que nous remercions.

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan