CORSINI Néri Maria

Catégorie: Portraits
Année : 1710

 

PC.1094

Âge du modèle : 25 ans

Huile sur toile
H. 140 ; L. 185 cm
Florence, Palazzo Corsini

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1710 pour 400 livres (ms. 624, f° 31 ; « M[onsieu]r le marquis Corsiny, [rajout :] envoyé de florence depuis cardinal neveu du pape habillem[en]t répété ») ; collection Corsini.

Bibliographie :

Hulst/3, p. 189 ; Roman, 1919, p. 152, 155 ; Gallenkamp, 1956, p. 349 ; Bandera Bistoletti, 1978, p. 28-47 ; cat. Florence, 1977, p. 180 [Rosenberg], n° 127 ; Sanguineti, 2001, p. 42, 43 ; Brême, 2000, p. 46-47, 68 ; Perreau, 2004, p. 76, 77 ; Prat, 2007, n° 808, p. 428 ; Perreau, « Rigaud et Florence : il signore Neri Maria Corsini révélé », [en ligne], 30 novembre 2011, www.hyacinthe-rigaud.over-blog.com ; Perreau, 2013, cat. P.1094, p.221-222.

Expositions :

Florence, 1977, p. 180, n°127

Œuvres en rapport :

  • 1. Pierre noire, estompe, rehauts de craie blanche, sur papier bleu (jauni). H. 36,6 ; 27,8 cm. Ancienne collection du marquis de Chennevières ; sa vente Paris, Hôtel Drouot, 5-6 mai 1898, lot 160, p. 62 ; vente baron*** [Du Theil du Havelt], Paris, Hôtel Drouot, 19 mars 1906, lot 48, repr. p. 45 ; M. de Bourguignon de Fabregoules ; M. Charles-Joseph Barthélemi Giraud (1802-1881) ; banquier Flury-Hérard (L. 1015), sa marque « 122 » ; vente Londres, Christie’s, 2 juillet 1991, lot 325, repr. p. 108-109 ; vente New York, Christie’s, 20 janvier 1997, lot 133 ; Paris, collection Philippe Alez ; vente Paris, hôtel Drouot, 7 décembre 2011, lot 59 (Hulst/3, p. 189 ; Mireur, 1912, p. 265 ; Brême, 2000, p. 46-47, 68, repr. p. 46 ; Sanguinetti, 2001, p. 42, repr. fig. 30, p. 43 (Exposé à Paris, 1990, p. 74 & Meaux, 2000, n°46).
  • 2. Gravé à l’eau-forte par Pietro Antonio Pazzi entre 1730 et 1760 d’après un dessin de Giovanni Domenico Campiglia (1692-1772). H. 36 ; L. 24,3 cm. Sous l'image, la lettre suivante : « Nerius Marchio Corsinius / Italus / Hyacinthus Rigaud pinxit, 1710 - Ioa. Dom. Campiglia delin. - P. Anton Pazzi sculp ».

Copies et travaux :

  • 1711 : Bailleul reçoit 4 livres et 10 sols pour avoir « ébauché M[onsieur] Corsiny, toile de 50 s[ols], un jour et demi » (ms. 625, f° 28).

Fils de Filippo Corsini (1647-1706), Néri Maria (1685-1770) collectionna les missions diplomatiques pour la cour Florentine ce qui lui donna de nombreuses occasions de voyager en Europe. Entre 1709 et 1721, il se rend ainsi à Paris, Londres, les Pays-Bas et Vienne. Il renouvelle ses visites à Paris où il se familiarise avec la politique et la culture. C’est à cette époque qu’il débute son activité de collectionneur en achetant livres, gravures et dessins. Il en profite pour se faire peindre par Rigaud selon un prototype déjà éprouvé et avec l'aide du savoir faire de Bailleul qui ébaucha la composition. En actualisant la perruque et en substituant à la cravate un col ouvert avec un nœud laché, Rigaud réexploitait ainsi des postures vues dans le portrait du comte de Jersey en 1699 ou de Michel III Larcher en 1705, et avec variantes dans celui du cardinal de Rohan peint cette même année 1710.

En 1728, Corsini s’établit à Rome de façon permanente, où il assiste son oncle, le cardinal Lorenzo Corsini (1652-1740), dans la vie politique et culturelle de la ville. Neri Maria est fait cardinal lui-même lorsque son oncle est nommé pape en 1730. Ses responsabilités s’accroissent en prestige, comme celles de secrétaire d’état ; tout en étant en charge de la plupart des affaires sous le pontificat de Clément XII. En tant que collectionneur, Corsini a accumulé une grande quantité d’estampes et de dessins, avec l’aide de Giovanni Gaetano Bottari. Il n’est pas aisé d’attribuer exclusivement ce dessin au maître ni de le rejeter totalement de l’art du peintre et graveur Giovanni Domenico Campiglia (1692-1775). On sait que ce dernier, élève de Tomaso Redi et de Lorenzo del Moro, travailla presque exclusivement à Rome mais surtout à Florence. Vers 1760, il grava pour le Museum Florentium les portraits des plus éminents peintres, architectes, sculpteurs et mécènes florentins mais fut également l’auteur de ses propres toiles. Si l’on ne retrouve pas dans le dessin la grande finesse des meilleurs crayons de Rigaud, l’œuvre reprend pourtant fidèlement le moelleux des drapés de la toile originale. Il s'agit d'ailleurs peut-être de la feuille mentionnée par Hulst dans son catalogue de l’œuvre gravée d’après Rigaud.

Il n'est pas impossible non plus que ce dessin ait pu être retouché par Campiglia par exemple, lequel était suffisamment familier de l’art du catalan pour que le mimétisme soit convainquant. On se rapportera d'ailleurs au portrait qu’il fit d’Anna Maria Francisca, gravé par Georg Martin Preisler (1700-1754) en 1737, et dans lequel on retrouve de nombreux éléments communs aux deux peintres (Florence, Chronologica Simulacrorum Reggiae Familiae Medice).

Notons que Prat cite également deux autres dessins de la collection Chennevières mais difficilement attribuables à Rigaud (p. 428-429) : « un ministre, assis près d’une table, dans une salle de palais, discute un plan de fortification avec quatre personnages debout qui l’entourent ; à gauche une femme debout » (n° 807) et « un portrait d’homme à perruque et à grand rabat avec tete de parlementaire » (n° 810).

Localisation de l´œuvre :

Florence Palais Corsini, Italy

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan