LAMOIGNON DE BASVILLE Chrétien II de

Catégorie: Portraits
Année : 1713

 

*P.1199

Âge du modèle : 37 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [à mi-corps]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1713 pour 700 livres (ms. 624, f° 35 : « M[onsieu]r le président de la moignon [rajout :] hab[illement] rep[été] ») ; selon Roman le tableau était conservé chez M. le comte de Ségut-Lamoignon à Paris en 1919.

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 169 [f], 172, 174 ; Perreau, 2013, cat. *P.1199, p. 240.

Copies et travaux :

  • 1714 : « Trois [copies] de M[onsieu]r le président de Lamoignon » pour 225 livres (ms. 624 f°36).
  • 1714 : Vialy reçoit 60 livres pour « trois bustes de M[onsieu]r le président de La Moignon », sans doute les copies de l'année (ms. 625, f°31 v°).

Frère de Lamoignon de Blancmesnil peint en 1716, neveu de l'intendant de Languedoc, Chrétien II de Lamoignon, marquis de Basville (1676-1729) était le petit-cousin du chancelier Voysin par sa mère Marie-Jeanne (1654-1727). Avocat du roi à ses débuts, il reçut le titre de président à mortier au parlement de Paris en 1706, en survivance de son père, Chrétien François (1644-1709). Commandeur-Greffier des Ordres du roi depuis 1707, il prêta serment l'année de son portrait, en 1713, avant de se démettre trois ans plus tard. Marquis de Basville mais aussi de Milhars, Baron de Saint-Yon, Seigneur de Lamoignon, de Broc, de Bergonne, Gignac, Auterive, Saint Yvoine, Lagueilhe et Bois-Jardin, il avait épousé, le 5 Septembre 1706, Marie-Louise Gon de Bergonne.

Roman, qui confondait le personnage avec l’intendant de Languedoc, reliait le portrait avec la toile de la collection Ségur-Lamoignon, soit celle anciennement dite représenter Lefebvre d'Ormesson et rendue désormais à l'iconographie de Lamoignon de Basville. À l’occasion d’une vente réalisée par Tajan à Drouot, le 25 juin 2003, Brême pensa identifier l’effigie de Chrétien II dans un grand portrait de parlementaire en pied (lot 51), anciennement dans la collection Casanova au château de Courson. Il le donna à l’atelier de Rigaud en arguant une possible extrapolation d'une figure plus réduite. Nous pensons qu’il s’agit plutôt d’un garde des sceaux, probablement René Charles de Maupeou (1688-1775) qui partage avec son fils les mêmes attributs faciaux : gros sourcils tombants, petite bouche, nez long. Maupeou, bien qu’écarté du poste de chancelier par Louis XV au profit de Lamoignon de Blancmesnil, sera nommé en 1763 vice-chancelier et garde des sceaux (ce qui date à peu près ce pastiche dont une copie est au château du Haut-Rocher à Chenillé). Le tableau a été présenté à Paris en 2003, lors de l’exposition La Place Vendôme art pouvoir et fortune (p. 172).

Il est difficile de dire pourquoi la posture en « habillement répété » du portrait de Lamoignon valait au final le même prix que l’effigie « toute originale » de son gendre le président de Nicolay, peint la même année. Rappelons en effet de Nicolay avait épousé en secondes noces, le 26 novembre 1705, Françoise Élisabeth de Lamoignon (1676-1733), fille de Chrétien II.

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan