BEAUVAU DU RIVAU René François de

Catégorie: Portraits
Année : 1715

 

*P.1236

Âge du modèle : 51 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [à mi-corps]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1715 pour 1000 livres (ms. 624, f° 37 : « M[onsieur]r l’archevesque de Toulouse. [rajout :] René-François de Beauveau du Riveau, depuis archevesque de Narbonne »).

Bibliographie :

Anselme 1726, IX, p. 336 ; Hulst/3, p. 194 ; Mariette, 1740-1770, VII, f ° 20 ; Basan, 1767, p. 174 ; Lelong, 1775, p. 145, n°3 ; Fontenai, 1776, I, 527 ; Huber & Rost, 1797, VIII, p. 4 ; Paignon-Dijonval, 1810, 7399 ; Joubert, 1821, I, p. 435 ; Nagler, 1836, III, p. 476 et 1843, XIII, p. 183 ; Le Blanc, 1856, II, P. Dr., n°18 ; Firmin-Didot, 1876, P. Dr., n°17 ; Firmin-Didot, 1875-1877, P. Dr., n°403 ; Portalis, 1880, II, p. 508 ; Portalis & Béraldi, 1880-1882, I, p. 502 (n°26) ; Ibid. II, p. 21 (n°51) ; Ibid. III, p. 522 (n°5) ; Bellier & Auvray, 1882, I, p. 446 ; Bryan, 1893, I, p. 425 ; Mireur, 1910, II, p. 534, 536-538, 540 ; Thieme et Becker, 1913, IX, p. 560 ; Soulange-Bodin, 1914, pp. 6-49 ; Roman, 1919, p. 177 ; Audin & Vial, 1919, p. 287  ; IFFXVIIIe 1951, VII, P. Dr., n°14 ; Mesuret, 1956, p. 86 ; Mémoires de Saint-Simon, IV, p. 685, VII, p. 442, 506 ; Cat. expo. Toulouse, 1984, p. 36, n°15, repr. (pour la version peinte de l’hôpital de Narbonne) ; Thieme & Becker-Saur, 2001, XXIX p. 409 ; Penent, 2004, p. 220 ; Perreau, 2004, p. 155, repr. fig. 124 (pour la gravure) ; Levallois-Clavel, 2005, I, p. 87, 126, 160, 198 ; Ibid. II, p. 255, cat. P.-I. Dr. n°124/III ; Lepage, 2009, p. 191 ; Perreau, 2013, cat. *P.1236, p. 246-247.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 136 ; L 96cm. Narbonne, hôpital de la Charité, salle du conseil d’administration. Inv. CNMHS, PM11001188.
  • 2. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 145 ; L. 114cm. Narbonne, cathédrale Saint-Just. Inv. CNMHS, PM11000430.
  • 3. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 144,7 ; L. 114,5cm. Narbonne, musée des Beaux-arts. Inv. n° 845.2.2.
  • 4. Huile sur toile d’après Rigaud [buste], Toulouse, archevêché.
  • 5. Huile sur toile, H. 144 ; L. 112. Montbrisson, musée d'Allard. Inv. 2013.06.022. Don Dugas de Varennes en 1838. Le très mauvais état de la toile (chancis, soulèvements et manques) empêche de juger de la réelle qualité de cette version. Nettement plus belle cependant que les versions de Narbonne, elle reprend la composition générale imaginée par Rigaud, ajoutant également le sceau épiscopal au doigt du modèle.  
  • 6. Pastel sur papier d’après Rigaud. H. 40 ; L. 39 cm. Bussy-le-Grand, château de Bussy-Rabutin. Inv. CNMHS, PM21002835. Identification erronée portée par le comte Sarcus au milieu du XIXe siècle au dessous du dessin (sur la paroi) et au revers : « CHRISTOPHE DE BEAUMONT ARCHEVEQUE DE PARIS EN 1746 ».
  • 7a. Gravé par Pierre et Pierre-Imbert Drevet en 1727 (erreur de Hulst qui donne 1737), en contrepartie de la toile originale. H. 49 ; L. 36 cm. Dans la bordure intérieure, en bas, respectivement à gauche et à droite : « Hyacints. Rigaud pinx - P. Drevet sculp. 1727 ». Sous le cadre, de part et d’autre d’une composition aux armes : « René François - de Beauvau / Archevêque Duc de Narbonne, Primat - de la Gaule Narbonnoise, Président né des / Etats généraux de la Province du Languedoc, - Commandeur de l’Ordre du St. Esprit »;
  • 7b. Gravé par GeorgFriedrich Schmidt, 1738 (vignette pour l’oraison funèbre du modèle).
  • 7c. Gravé par Crépy. Dans un ovale à droite. Dans l'ovale, la lettre suivante : « RENE FRANCOIS DE BEAUVAU ARCHEVEQUE DUC DE NARBONNE ». Dans le socle, de part et d'autre d'une composition aux armes : « Primat de la Gaule Narbon / noise President né des Etats / Généraux de la Province  de Lan / guedoc Commandeur de l'or / dre du Saint Esprit ». Sous l'image : « A paris, chez Crépy rue St Jacques à St Jacques ».
  • 8. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 136 ; L. 96. Collectione privée. Inv. 11W00269. Charenton-le-Pont, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine. 

Fils puîné de Jacques de Beauvau (mort en 1702), seigneur de La Besselière, marquis du Rivau, maréchal de camp et de Diane-Marie de Campet, demoiselle de Saujon, René-François de Beauvau du Rivau (1664-1739), fut successivement évêque de Bayonne de 1700 à 1708, de Tournai de 1708 à 1713, archevêque de Toulouse de 1713 à 1719 puis de Narbonne de 1719 à 1739. Saint-Simon évoque brièvement le prélat dans ses Mémoires : « Le roi fut si content de la conduite de Beauvau, évêque de Tournai, pendant et après le siége de cette place, surtout de ce qu'il n'avait pas voulu en demeurer évêque depuis la prise, qu'il lui donna l'archevêché de Toulouse, vaquant par la mort du frère de Villacerf et de Saint-Pouange. Il passa depuis à Narbonne, et fut avec le marquis de Beauvau, son frère, de la promotion de l'ordre de 1724 […]. » Un peu plus loin il note : « Beauvau, qui de Bayonne avait passé à l'évêché de Tournai, fit merveille de sa personne pendant le siège et de sa bourse autant et plus qu'elle se put étendre. Il offrit même à Surville de prendre l'argenterie des églises. Il n'imita pas M. de Fréjus, il refusa nettement de chanter le Te Deum, dont il fut pressé avec toutes les caresses possibles, encore plus de prêter serment, et partit le matin du jour du Te Deum, et avant l'heure de le chanter. Le roi le reçut très bien, et l'entretint seul trois quarts d'heure. C'est le même qu'il fit archevêque de Toulouse, qui passa après à Narbonne, et qui eut l'ordre avec son frère à la grande promotion de M. le Duc, en 1724. Le rare est qu'il fut beaucoup mieux traité sur les choses de la religion par le duc de Marlborough que par le prince Eugène ». Enfin : « M. le duc d'Orléans fit une distribution de bénéfices qui mérite d'avoir place ici. Beauvau, d'abord évêque de Bayonne, après de Tournay, puis archevêque de Toulouse, comme on l'a vu ici en son temps, eut Narbonne. Son nom et sa conduite méritaient bien ce grand siège ; mais sa tête n'était pas assez forte pour être à la tête des états de Languedoc et de toutes les affaires de ce pays-là. »

Beauvau fut effectivement reçu commandeur de l’ordre du Saint-Esprit le 7 juin 1724, distinction qui apparaît sur la copie de l’hôtel-Dieu de Narbonne ainsi que sur la gravure de Drevet. Ce type de posture où l’on voit le prélat assis dans un fauteuil et tenant un livre, connaîtra un formidable succès. Notons l’absence du sceau d’archevêque sur la gravure alors qu’il apparaît sur la copie de Narbonne ainsi que sur celle de Montbrisson.

Un « Portrait de M. de Beauvau, Archevêque de Toulouse, […] belle copie d’après Rigaud » sera exposée au Salon du Capitole de Toulouse en 1791 (n°108). Rappelons ce que dit Portalis concernant la gravure de Schmidt : « Ce fut Hyacinthe Rigaud qui décida de sa fortune. Schmidt avait gravé d’après lui, très délicatement, un petit médaillon de R. F. de Beauvau, archevêque de Narbonne, entouré d’ornements par Cochin, pour servir d’en-tête à l’oraison funèbre de ce prélat ». Le succès de la posture fixée par Rigaud se retrouvera dans le portrait de l’évêque de Metz, Claude de Saint-Simon et dans celui de l’archevêque de Paris, François de Harlay de Champvallon (1671-1695), conservé à l’archevêché de Paris et peint par un imitateur du catalan. Un portrait de François de Valbelle, évêque de Saint Omer de 1727 à 1754, calque son attitude sur celle de Rigaud (Huile sur toile, H. 169 ; L. 135 cm. Saint-Omer, hôpital général, inv. PM62001478, « portrait attribué à un élève de Hyacinthe Rigaud  », 1728). Voir également une réduction en buste (H. 87 ; L. 79,5 cm), Saint-Omer, hôpital général, inv. PM62001477).

Le frère de l'archevêque de Narbonne, le comte de Beauvau, fut également peint par Rigaud en 1711.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan