THIARD DE BISSY Henri Pons de

Catégorie: Portraits
Année : 1715

 

*P.1240

Âge du modèle : 60 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1715 pour 300 livres (« M[onsieu]r le Ca[rdina]l de Bissy »).

Bibliographie :

Hulst/3, p. 193 ; Roman, 1919, p. 177, 179, 180 ; Portalis & Béraldi, 1880-1882, I, p. 497 ; Destailleurs & Paté, p. 28 (« portrait d’un cardinal ») ; Cat., Châlon, 1947, p. 5 (attr. à Largillierre) ; Cat. Châlon (Armand-Caillat), 1963, p. 6, n°77 ; Perreau, 2013, cat. *P.1240, p. 247-248.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile (d’après Rigaud ?). Huile sur toile. H. 79 ; L ; 63 cm. Châlon-sur-Saône, musée Denon. Inv. P.104 ; anc. au Château de Pierre, en Bresse. Peut-être le « portrait du cardinal de Bissi » raccommodé en 1745 par Delamare ; Ancienne collection Jean-François Carbillet, directeur de l’école de dessin ; Entré au musée en 1829 (achat).
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud augmentée par Charles Sévin de La Penaye (v.1686-1740). H. 148 ; L. 125 cm. Versailles, musée national du château. Inv. 7566, MV4361, LP 7402. Acquis en 1848 (don Thiard). Voir Soulié, 1880, n°4361 ; Constans, 1980, n°4227 ; Constans, 1995, II, p. 834, n°4717.
  • 3. Gravé par Nicolas Tardieu en 1716 selon Hulst qui donne la date de 1714 pour la confection du portrait original. Buste sans mains, grandeur de thèse pour celle de Pierre Jullien avec la lettre suivante : Henry de Thiard – de Bissy, cardinal de la / S.E.R. Evêque de – Meaux Abbé de l’Abbaye / Royale de Saint – Germain des prez.
  • 4. Gravé par Marie-Hyacinthe Hortemels.
  • 5. Gravé par Marie-Anne Hortemels-Tardieu plus petit que le précédent. Buste à gauche.H. 25 ; L. 18,7 cm. De part et d’autre d’un médaillon aux armes, dans un bandeau au bas de l’estampe : Hyacinthe Rigaud pinxit 1715 – Marie Nicolle Horthemels sculpsit / Henry de Thiard – de Bissy, cardinal de la / S.E.R. Evêque de – Meaux Abbé de l’Abbaye / Royale de Saint – Germain des prez &. / Commandeur des ordres de Sa – Majesté le deux février 1724 / Offerebat Petrus Jullien / se vend rue S. Jacques au Mecenas.
  • 6. Gravé par Étienne Jehandier Desrochers.
  • 7. Huile sur toile, H. 125 ; L. 88 cm. Meaux, musée Bossuet (anc. Coll. de l'évêché). Extrapolé en pied comme la version conservée à Versailles. Avec l'inscription apocryphe sur la toile, en haut à droite : « HENRY / DE THIARD / CARDINAL DE / BISSY ».

Copies et travaux :

  • 1715 : « Une [copie] de M[onsieu]r le Ca[rdina]l de Bissy » pour 100 livres (ms. 624 f°37 v°).
  • 1715 : La Penaye, reçoit 24 livres pour « un buste du cardinal de Bissy » (ms. 625, f°31 v°).

Henri Pons de Thiard de Bissy (1657-1737), fut évêque de Besançon le 10 mars 1692, de Toul de 1687 à 1707. Déclinant un transfert à Bordeaux (1698), il devint évêque de Meaux (9 février 1705), fut élu cardinal (29 mai 1715), et s’installa comme cardinal-prêtre de Santa Quirico e Giulitta (16 juin 1721), puis de S. Bernardo alla Terme (14 août 1730). Abbé de Saint-Germain-des-Prés et commandataire de Trois-Fontaines, il était le fils de Claude de Thiard (1621-1701), comte de Bissy, baron de Pierres, de Vauvry et d’Hautume et frère de Jacques de Thiard de Bissy, lieutenant général des armées du roi et gouverneur de la Lorraine. Notre cardinal était détenteur d’un doctorat en théologie à Paris et fut fait commandeur de l’ordre du Saint-Esprit le 7 juin 1724. Selon l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, « le cardinal de Bissi, l’un des plus ardens défenseurs de la bulle [Unigenitus], avoua dans une de ses lettres, qu’elle n’auroit pas été reçue avec plus d’indignité à Genève qu’à Paris ». Il participa aux conclaves de 1721 et 1730, puis fut Commissaire Apostolique pour la réforme de l’ordre de St Benoît de Cluny le 24 août 1730. Bissy doit d’être connu pour sa violente opposition, ferme et constante au parti janséniste. Il participe en 1720 aux conférences avec Noailles pour l’établissement du corps de doctrine. En 1725, allié à Fleury, il s’emploie à faire échouer les timides tentatives du duc de Bourbon pour une conciliation. En 1733, il forme le projet, qui n’aboutira pas, d’un concile national qui accepterait canoniquement la bulle Unigenitus. Prélat bienfaisant, il fait construire de ses deniers à Paris le nouveau marché Saint-Germain (1721-1727). Il ne néglige pas pour autant son diocèse, et son nom est attaché à la publication d’un Missel de Meaux.

Le tableau peint par Rigaud devait représenter le prélat en buste à l’exemple de la gravure de Nicolas Tardieu et de son épouse Marie-Anne Hortemels (1682-1727), ceci compte tenu des 300 livres demandées. La toile de La Penaye est sans doute une extrapolation plus vaste comme en témoignent les nombreuses maladresses de perspective. La version de Châlons-sur-Saône semble être la meilleure conservée quoiqu’elle semble tronquée dans le bas. Le cardinal porte la croix de l’ordre du Saint-Esprit qui ne lui sera conférée qu’en 1724 ce qui plaide pour un rajout ultérieur (cette distinction est absente de la gravure d’Hortemels).

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan