BOUHIER Jean Jacques

Catégorie: Portraits
Année : 1728

 

P.1350

Âge du modèle : 62 ans

Huile sur toile
H. 81 ; L. 65.
Paris, 5e arr., Collection particulière

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1728 pour 600 livres (ms. 624, f° 43 : « M[onsieu]r. L’Évêque de Dijon [rajout :] Bouhier »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 203 ; Quarré et Geiger, 1968, n° 230 ; Perreau, 2013, cat. P.1350, p. 278.

Œuvres en rapport : 

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 80 ; L. 62 cm. Château de Bussy-Rabutin. nv. PM21002831. Anciennement à l'évêché de Dijon. 
  • 2. Huile sur toile par Henri II Guillemart en 1731 d'après Rigaud (selon une annotation au dos). H. 81 ; L. 66 cm. Musée des Beaux-arts de Dijon. Inv. 2126-1-1. Voir Quarré & Geiger, 1968, n°230 ; et également Dumay, 1889-1895, p. 9. Une autre copie réinterprétée par F. Bailly en 1732 se trouve également au musée de Dijon (inv. 2126-1-2 ; Geiger, 1968, n°176). Le buste de l'évêque y  est repris à l'identique de Rigaud mais avec une main apparente qui s'appuie sur une table et avec, en fond, une bibliothèque et un rideau. Cette ordonnance se retrouve également dans une copie datée de 1782 d'après Bailly, conservée à l'hôtel-Dieu de Beaune (inv. IM21004969). Huile sur toile 82 x 66 cm.
  • 3. Gravé par Gilles Edme Petit, s.d. Dans un ovale dont le pourtour comporte la lettre suivante : « JOHANNES BOUHIER PRIMUS EPISCOPUS DIVIONENSIS 16 SEPTEMBRIS 1731 ». Au milieu du socle, en dessous, un cartouche aux armes.

Jean-Jacques Bouhier (Dijon, 14 mars 1666 - Dijon, 15 octobre 1744), fils de Jean Bouhier (1624-1714), conseiller au parlement de Dijon et de Jeanne Claude Bernardon, appartenait à une riche famille bourguignonne qui se distinguera par ses alliances. De cette famille sont notamment issus les Boyer de Lantenay et la branche des comtes de Vogüé de Dijon.

Reçu conseiller clerc au parlement de Bourgogne le 9 janvier 1693, Bouhier tient ces fonctions jusqu'en 1703. Alors doyen de la Sainte Chapelle de Dijon, il devient député des États de Bourgogne pour le clergé auprès du Roi, le 6 Juin 1711. En 1723, il poursuit sa carrière comme chancelier de la faculté de Droit de sa ville, entamée l'année précédente. Abbé de Saint-Germain d'Auxerre, « grand-prieur du chapitre noble de Gigny », Bouhier se voit nommer, dès 1726, premier évêque du diocèse de Dijon, poste tout juste créé suite à un accord entre le pape Clément XII (bulle du 9 avril 1731) et le roi Louis XV (lettres patentes de juillet) : « Le roi avait obtenu cette année du pape l'érection d'un évêché dans la ville de Dijon une des plus considérables villes de France ayant un parlement une chambre des comptes un hôtel des monnaies et une intendance L'abbé Bouhier qui en avait été nommé le premier évêque est sacré le 16 septembre et prête serment le 23 entre les mains du Roi »[1].

Bouhier avait été forcé de patienter avant que Rome ne finalise sa nomination, l'abbé Leblanc ironisant dès le 12 avril 1728 dans une lettre à Gilles Germain Richard de Ruffey, président à la chambre des comptes de Dijon : « Je vais vous transcrire une petite pièce de vers que je fis dernièrement sur la maladie de notre évêque M. Bouhier ; vous savez qu'il se porte beaucoup mieux et que bientôt il sera parfaitement rétabli : [...] Bouhier ici doit avoir une place ; / Mais rien ne presse un peu plus de quartier ; / Car après; tout que veut on que j'en fasse / S'il meurt ? Quel rang prendra t'il parmi nous ? / Il est évêque, et, ce qui m'embarrasse, /N'est point sacré...»[2].

Les difficultés qu'entraînait l'élection d'un siège épiscopal ; peut-être les oppositions à vaincre, soit de la part de l'évêché de Langres, soit de la part des abbayes de Saint-Étienne de Dijon, et de Saint-Pierre de Bèze, dont on se proposait de former la mense épiscopale ; la mort du pape Benoît XIII, qui avait consenti à l'érection, expliquent comment Bouhier fut présenté pour l'évêché dès 1726, pourtant érigé qu'en 1731. La bulle du pape Clément XII, donné à Rome à Sainte-Marie-Majeure, le lundi 9 avril, expose les motifs de l'érection de l'évêché, et présente un tableau pompeux de la splendeur de la ville de Dijon au commencement du XVIIIe siècle. Cette bulle fut approuvée par Louis XV au mois de juillet, et donc enregistrée au parlement de Dijon, le 8 août 1731. Elle supprimait le titre d'abbé de Saint-Etienne et celui de Saint-Pierre de Bèze pour doter le nouvel évêché mais elle conservait toutefois au nouvel élu, le droit de donner les bénéfices dépendant de ces abbayes, en quelques diocèses que ce soit. Une déclaration royale, datée du 18 mars 1732, établit alors l'évêque de Dijon comme conseiller-né d'honneur au Parlement de Bourgogne, en qualité d'évêque diocésain[3].

Dès lors conseiller-né d'honneur au Parlement, le premier évêque de Dijon remplira ses fonction jusqu'à sa démission, en octobre 1743, au profit de son neveu « à la mode de Bourgogne », Claude Bouhier de Lantenay[4]. Évêque de Saint-Claude (1737), mais sans en prendre possession, il arrêta des statuts synodaux qui furent promulgués par son successeur à l'évêché.


[1] Journal historique du règne de Louis XV, 1766, in 12, 1ère partie, p 117 (année 1731).

[2] Anecdote citée par Gabriel Peignot dans Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, 1832, p. 76, 77 (note 1).

[3] A.-S. Des Marches, Histoire..., 1851, p. 20 d'après une communication de l'abbé Bougaud.

[4] « Mercure de France », op. cit. : « L’abbé Bouhier, vicaire général de l’évêque de Dijon, est nommé à l’évêché de Dijon ». 

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan