LOUIS XV

Catégorie: Portraits
Année : 1729

 

P.1356

Âge du modèle : 17 ans

Huile sur toile
H. 271 ; L. 174.
Versailles, musée national du château. MV3750 

Daté et signé sur la toile : « Fait par Hyacinthe Rigaud 1730 ».

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1729 pour 15 000 livres (ms. 624, f° 43 v° : « Le Roy en pié et debout ; la tête fait en 1727 ») ; collection de la couronne.

Bibliographie :

Hulst/3, p. 198 ; Fontenai, 1776, II, p. 452 ; Delignières, 1873, n° 35 ; Portalis et Béraldi, 1880-1882, I, p. 672 (n° 70) ; Granet et Isabey, 1840, n° 1254 ; Morel d’Arleux, 1797-1827, n° 10878 ; Reiset, 1869, n° 1295 ; Delignières, 1872, n° 35, p. 25 ; Montaiglon et Guiffrey, 1887-1912, vol. 9 ; Gruyer, 1900, n° 87, p. 206-207 ; Roman, 1919, p. 205, 213 ; Engerand, 1900, K 141, n° 7 ; Colomer, 1973, p. 25-26 ; Schnapper, 1980, p. 56 ; Constans, 1995, p. 755, n° 4262 ; Brême, 2000, p. 52, 70 ; James-Sarazin, 2003, p. 308 ; Perreau, 2004, p. 108-109 ; Pinette, 2006, p. 68-69 ; James-Sarazin, 2009/1, n° 28, p. 108 ; Perreau, 2013, cat. P.1356, p. 280.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 275 ; L. 194 cm. Amiens, musée de Picardie. MP2004-17-167 (dépôt du Louvre, 1873, inv. 7549).
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud par Prévost. H. 266 ; L. 200. Chantilly, musée Condé. Inv. 336. Exécuté pour Louis-Henry de Bourbon, prince de Condé ; peut-être le « portrait de Louis XV en pied » cité dans l’antichambre de l’appartement du roi en 1789 (Voyage pittoresque de la France, 1789, p. 52) ; Inventaire de Chantilly (1846), n°187, f°35 ; offert par M. Masson, envoyé à Twickenham, août 1852 ; Inventaire de Twickenham (1853-1872), école française, n°163, « Prévost (d’après Rigaud), Portrait en pied de Louis XV » ; Inventaire du duc d’Aumale (n°113). Bibl. Gruyer, 1898, n°87, p. 206-207 ; Gruyer, 1899, n°336 ; Gruyer, 1900, n°87, p. 206-207 ; Châtelet, 1970, n°139, repr.
  • 3. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 216 ; L. 149 cm. Château de Paulhac. Inv. PM43 000368.
  • 4. Huile sur toile d’après Rigaud Florence, Palais Pitti.
  • 5. Huile sur toile d’après Rigaud (cabinet du roi), H. 260 ; L. 175. Fontainebleau, musée du Château. Inv. 7548 (acq. de Mme Vve Rosières, 1816 ; ancienne collection Louis XVIII ; dépôt du Louvre).
  • 6. Huile sur toile d’après Rigaud (Stiémart), 1739. Anc. coll. Gyllenborg.
  • 7. Huile sur toile d’après Rigaud, diamètre 54 cm. Gal. Chanois, 2006 (n° 6, p. 12 du cat.).
  • 8. Pierre noire, rehauts de blanc sur papier bleu (jauni), collé en plein. H. 28,1 ; L. 38,6. Paris, musée du Louvre. Inv. 32723. Sign. sur la base de la colonne : « d’après Hyacinthe Rigault par Prevost 1742 ». Historique : Ancienne collection Pierre-Jean Mariette (sa marque en bas à droite : L. 1852). Montage avec cartouche : « Hyacinthi Rigault » ; sa vente en 1775 (partie du n°1341) ; saisie des Emigrés ; marque du Louvre (L. 1886). Bibl. : Granet et Isabey, 1840, n°1254 ; Morel d’Arleux, 1797-1827, n°10878 ; F. Reiset, 1869, n°1295 ; Cat. expo. Nantes-Toulouse, p. 245 ; Brême, 2000, n°52, p. 69, repr. p. 53 ; James Sarazin, (1999) 2003, p. 308. Expo : Paris, 1845, n°1254 ; Paris, 1967, n°263 ; Paris, hôtel de la Monnaie, 1974, n°156, repr. p. 187.
  • 9. Pierre noire, rehauts de craie blanche sur papier bleu. H. 27,9 ; L. 43,8.  Besançon, musée des Beaux-arts et d’archéologie. Inv. D. 1708. Annotations au crayon sur le glomy : « Etude de draperie » ; dans l’angle inférieur droit du montage, à l’encre : « Hyacinthe Rigaud » ; au dos, dans l’angle inférieur droit, à l’encre brune : « 294 ». Ancienne collection du comte J. P. van Suchtelen (1751-1836), marque en bas à droite L. 2332 ; collection J. F. Gigoux (1806-1894), marque en bas à gauche L. 1164 ; légué par lui au musée (marque en bas à gauche L. suppl. 238c). Bibli. : Schnapper, 1980, p. 56 ; cat. Washnington, New-York, Minneapolis, Malibu 1981-1982, p. 81 ; Brême, 2000, n°53, p. 70, repr. p. 53 ; James Sarazin, (1999) 2003, p. 308,  repr. p. 309 ; cat. Exp. Rigaud intime, La Célestina, 2009, n°28, p. 108, ill. p. 112. Exp. ; Londres, 1958, p. 91, n°185 ; Paris/2, 1958, n°244. La feuille présente deux études, sans doute préalable au portrait achevé, figurant plusieurs variations pour le drapé autour de la colonne. Le degré de finition des deux mains de Louis XV tend à prouver qu’il s’agit là d’un exercice de style visant à satisfaire une clientèle friande des fameuses « mains » de Rigaud.
  • 10a. Gravé par François Chéreau à mi-corps en 1729.
  • 10b. Gravé par Jean Daullé en buste en 1737, présentant le roi en armure, le bras gauche tendu, ceint du cordon bleu de l’ordre du Saint-Esprit. La perruque est également différente, plus courte. Selon Hulst, cette attitude, inédite en peinture chez Rigaud, a été spécialement dessinée par le peintre pour « faire plaisir » à Daullé ; « la tête d’après celle peinte par M. Rigaud en [1727] ». 

Copies et travaux :

  • 1735  : « Une [copie] du Roy en pied pour Perpignan » sans prix (ms. 625, f° 45). 

« J’apprends que M[onsieur] Rigaud fait le portrait du Roy et que Sa Majesté a la bonté de luy donner du temps » témoigne Nicolas Wleughels (1668-1737), directeur de l’Académie de France à Rome, dans une lettre au duc d’Antin du 7 avril 1729. Selon Hulst, le peintre aurait fixé les traits de Louis XV dès 1727. La magnificence de ce troisième et dernier portrait royal justifie sans doute le délai avec lequel l’artiste livra finalement son travail et en fut payé en 1730. Il commença d’ailleurs son « habillement », accompagné du décorum au début de l’été 1729, comme le prouve la lettre de cachet du monarque au prieur de Saint-Denis lui ordonnant de prêter au portraitiste les insignes royaux pour les reproduire dans le portrait (25 juin).

Vêtu de son grand costume royal, placé dans un environnement pallatial et féérique, le roi est ici magnifié à l'instar de ce qu'avait voulu Louis XIV. Le tableau, à l’impact visuel marquant est sans doute l'un des plus harmonieux réalisés par Rigaud, accusant déjà le revirement stylistique du peintre par comparaison avec celui de l’aïeul du jeune souverain, peint en 1701 ou l'attitude plus « passive » du premier portrait de Louis XV de 1715. Là où la pose hiératique, surchargée et magnifique valorisait l’impression de sévérité et de grandeur d’un Louis XIV admiré et craint de toute l’Europe, le jeune Louis XV, désormais affranchit du joug de la Régence, affirme son pouvoir en se faisant représenter dans un décorum plus ostentatoire encore, digne du plus pur style rococo.

Alors que le lourd manteau d’hermine de Louis XIV ne faisait que retomber sur le sol, tout ici semble s’envoler, y compris les drapés fougueux du fond qui nappent les colonnes avec un savant jeu de marionnettes. La composition, faite pour impressionner en dépit d'une certaine douceur émanant d’un visage moins sévère que celui du précédent monarque, achèvera de fixer pour longtemps les grandes représentations royales pour lesquelles optera également Louis-Michel Van Loo. Rigaud se souviendra de ces effets ronflants dans son spectaculaire portrait du prince Wenzel de Lichtenstein en grand costume de l’ordre de la toison d’or

La copie faite en 1735 pour Perpignan était anciennement à l’hôtel de ville mais fut détruite à la Révolution (Perpignan, Inventaire sommaire des archives communales antérieures à 1790, p. 25). Dès le 24 août 1735, Rigaud en avait annoncé l'envoi, dans une lettre adressée aux consuls de la ville, « parce que la source des honneurs que j’ay reçus en ma vie a commencé par vos bienfaits ». Ceux-ci répondirent le 19 octobre suivant, en le remerciant pour l’effigie « que nous chérissons comme un prince plein de justice et de bonté », et exprimant le souhait d’avoir « de tous les temps des citoyens aussi distingués que vous êtes, par votre talent et surtout par votre vertu ».

La version [P.1356-7] fut offerte par Louis XV au premier ministre du roi de Suède, Carl Gyllenborg (1679-1746). Le tableau fut payé 900 livres à Stiémart et la bordure 850 livres en 1739 au sculpteur André Tramblin (Bruno Pons, « Les cadres français du XVIIIe siècle et leurs ornements », Revue de l’art, 1987, n°76, p. 52).

Localisation de l´œuvre :

Château de Versailles, France

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan