VINTIMILLE DU LUC Charles Gaspard de

Catégorie: Portraits
Année : 1731

 

P.1367

Âge du modèle : 76 ans

Huile sur toile
H. 157 ; L. 134 cm
Rochester, memorial art Gallery of University. Inv. 68.1

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1731 pour 3000 livres (ms. 624, f° 44 : « M[onsieu]r l’archevêque de Paris, [rajout :] Charles Gaspar Guillaume de Vintimille du Luc ») ; collection Vintimille du Luc ;  son inventaire après décès, Arch. Nat., M. C., XCII, 543, n°37 ; ancienne collection du comte Maurice Allard du Chollet (1863-1937) en son hôtel, boulevard Malesherbes à Paris ; Galerie Heim, Londres ; don du Women’s Council au musée en 1968. 

Bibliographie :

Hulst/3, p. 198 ; Mariette, 1740-1770, VII, f ° 23 ; Basan, 1767, I, p. 176-177 ; Lelong, 1775, p. 283, n° 4 ; Delignières, 1872, n° 87, p. 65 ; Roman, 1919, p. 207 ; Gallenkamp, 1956, p. 353 ; Rosenthal, 1984, p. 17-22 ; Glorieux, 2002, p. 439 ; Perreau, 2004, p. 117 ; Salmon, 2004, p. 76-77 ; Levallois-Clavel, 2005, I, p. 91, 197, 255 ; ibid. II, p. 352, cat. C. Dr. n° 6 ; Perreau, « Quand Monseigneur de Vintimille commande à Rigaud », [en ligne], 16 juin 2011, www.hyacinthe-rigaud.over-blog.com ; Perreau, 2013, cat. P.1367, p. 284.

Expositions :

Berlin, 1966, n°54 ; Londres, 1968, n°3 ; Rochester 1976 ; New-York, 1977, p. 44, repr. 

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile, suiveur de Rigaud (grisaille), H. 40,5 ; L. 32,2 cm. Rochester, memorial art Galerie of University. Marion Stratton Gould Fund, 93.16 (vente Londres, Phillips, 20 avril 1993, lot 58).
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud [buste], H. 81,8 ; 65,2 cm. Sign. v° : « fait par Hyacinthe Rigaud 1732 ». Collection particulière (vente Londres, Christie’s, 8 juillet 2011, lot 147 [=non identifié] ; ibid, 4 mai 2012, lot 151).
  • 3. Pastel, suiveur de Rigaud (Quentin de La Tour), H. 34,4 ; 26,4. Collection particulière (coll. C. Groult, Paris ; vente Paris, palais d’Orsay, 28 novembre 1978, lot 9 ; gal. Wildenstein, N-Y, 1999).
  • 4a. Gravé par Claude Drevet en 1736 selon Huslt, en contrepartie, à mi-corps, dans un encadrement de pierre. H. 52,5 ; 39,5 cm. Dans la bordure intérieure du cadre, à gauche : « Peint par Hyacinthe Rigaud Chevalier de lordre [sic] de St Michel » ; et à droite : « Gravé par C. Drevet. » Sous le cadre, de part et d’autre d’une composition aux armes : « Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille / Des Comtes de Marseille du - Luc, Archevêque de Paris / Duc de Saint-Cloud, Pair de France, - Commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit, &c. » Deux états connus. 
  • 4b. Gravé par Jean Daullé en buste en 1737. H. 28,8 ; 19,5 cm. « Buste sans mains, pris dans le grand tableau pour une thèse de Louis-Jérôme de Suffren de Saint Tropez ». Sous l’ovale, à gauche : « Rigaud pinx. » ; et à droite : « J. Daullé sculp. » Dans le bas du socle : « Charles Gasp. Guil. de Vintimille des Comtes de Marseille du Luc. / Archevêque de Paris, Dux de St. Cloud Pair de France Com.eur de l’Ordre du St. Esprit ». Sous le trait carré : « OFFEREBAT LUDOVICUS HIERONYMUS DE SUFFREN DE ST. TROPEZ clericus Arelatensis ». 
  • 4c. Gravé par Simon François Ravenet 
  • 4d. Gravé par Étienne Jehandiers-Desrochers.

Comme son frère et son neveu avant lui, Charles Gaspard Guillaume de Vintimille du Luc (1655-1746) vit en Rigaud l’artiste idéal, capable de glorifier avec suffisamment d’esprit et de savoir faire, un honneur récent. Sa récente nomination à la tête de l’archevêché parisien, survenue deux ans plus tôt, avait en effet coincidé avec son élection comme duc de Saint-Cloud.

Né à Le Luc le 15 novembre 1655, Charles Gaspard avait commençé sa carrière épiscopale à Marseille où il fut évêque de 1684 à 1708. Avant d’arriver à Paris, il s’exerça à la fonction d’archevêque à Aix-en-Provence, jusqu’en 1729. Rigaud a parfaitement su, ici, rendre la hauteur de la charge du modèle mais ne déroge cependant pas à la tradition des portraits d’ecclésiastiques assis, valant 3000 livres. L’archevêque s’accoude sur les bras d’un fauteuil dont le prototype se retrouve dans de nombreuses autres effigies à cette époque, tenant sa barrette dans la main droite. Il porte la soutane, un rochet de dentelle en point de Sedan, une longue cape moirée et la croix de l’ordre du Saint-Esprit sur sa poitrine, distinction obtenue le 3 juin 1724. Le réalisme du visage et la réussite de l’étude psychologique motivèrent Maurice Quentin de La Tour à réaliser une copie au pastel de la face de l’archevêque fixée par Rigaud[1].

Quant à l’œuvre de Claude Drevet, elle reprend avec précision les détails des vêtements et force l’admiration. Le prélât, sans doute très satisfait de ce travail, sera d’ailleurs témoin au mariage du graveur en 1745. Enfin, on signalera un portrait de Vintimille, en buste, tourné vers la gauche, conservé à l’archevêché de Paris, très proche de l’effigie fixée par Rigaud, et probablement contemporain de l’œuvre du catalan. C’est peut-être celui qui est répertorié dans le trésor de la cathédrale par Stein[2].


[1] Salmon, 2004, n°10, p. 76, repr.

[2] Henri Stein, « État des objets d'art placés dans les monuments religieux et civils de Paris au début de la Révolution », N.A.A.F., 1890, p. 31  (dans le trésor).

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan