MORSZTYN DE CHATEAUVILLAIN Michel Albert

Catégorie: Portraits
Année : 1697

 

*P.505

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1697 pour 140 livres (ms. 624, f° 13 : « Mons[ieu]r le comte de Morestein »).

Bibliographie :

Du Pradel, 1692 (1878), I, p. 218 ; Roman, 1919, p. 57 ; Perreau, 2013, cat. *P.505, p. 130.

Roman proposait le portrait de « Michel Adelbert, comte de Morszstyn et de Châteauvillain », fils de Jan Andrzej Morsztyn que Rigaud avait déjà peint en 1692. Colonel du régiment de Hainaut, Michel-Albert Morsztyn, comte de Morstein et de Chateauvillain (m. 1695) était pourtant déjà décédé à cette date, puisqu’il tomba lors du siège de Namur le 18 avril 1695.

Cette interprétation supposerait donc que l’inscription aux livres de comptes ait été erronée, rapportée plus tardivement d’un portrait fait dès 1695 ou tout simplement posthume et arrangé d’une œuvre faite par un autre peintre. Le témoignage, dès 1692 d’Abraham du Pradel qui annonce un portrait isolé de Morszstyn père reprend sans doute la confusion d’avec son fils (« Rigaud l'avoit peint avec sa fille, puis séparément »). Très vite, les historiens ont également tenté de rapprocher cette mention avec un portrait présumé de Morszstyn père conservé au musée national de Varsovie en Pologne (huile sur toile, à l’origine ovale et agrandie à la taille, H 116,5 ; L. 88. Inv. Inv. 232457). Anciennement dans la collection L. H. Morstin à Plawowice, Cracovie et Varsovie, il fut donné au musée en 1966 (voir Mycielski, 1911, p. 112 ; Portrety osobistości polskich, n°138a ; Ryszkiewicz, 1967, p. 12 ; Cat. Varsovie 1970, n°1057, p. 68, repr.).

Une autre version est également conservée au musée national de Varsovie (Huile sur toile ovale. H. 37 ; L. 29. Inv. Inv. Wil. 1199 [anciennement 648]). Elle provenait des Collections du palais Wilanów1. Cependant le doute persiste sur l’identité du modèle. En effet, ces traits vieillis empêchent d’y voir Morsztyn dont on connaît l’iconographie par le tableau de Cherbourg, ni même son fils, déjà décédé. Jan Andrzej, diplomate, n’a en effet jamais été militaire ce qui remet en question l’interprétation du catalogue du musée de Varsovie. On rendra donc à cette toile sa part d’anonymat tout en supposant que compte tenu de sa qualité, elle pourrait tout à fait être imputable à Rigaud lui-même. Cependant, seul l’ovale présentant le visage semble être original ; le reste fut probablement échafaudé suivant un autre modèle par un artiste tardif.

 


1. Voir Skimborowicz & Gerson, Album widoków i pamiątek oraz kopje z obrazów. Galleryi Willanowskiej wykonane na drzewie w drzeworytni warszawskiej z dodaniem opisów skreślonych przez Dra H. Skimborowicza i W. Gersona, Varsovie, 1877, p. 150, comme portrait de Henri de La Grange d’Arquien ; Czajewski, n°648 ; Portrety osobistości polskich, n°138b ; Ryszkiewicz, 1967, p. 13 ; Cat. Varsovie 1970, n°1058, p. 68, repr.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan