COLBERT Jacques Nicolas

Catégorie: Portraits
Année : 1696

 

*P.473

Âge du modèle : 42 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [à mi-corps]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1696 pour 1400 livres (ms. 624, f° 12 : « Mons[ieu]rl’archevesque de Rouën Colbert »).

Bibliographie :

Hulst/2, p. 163 ; Hulst/3, p. 177 ; Mariette, 1740-1770, VII, f° 7 ; Du Pradel, 1692 (1878), I, p. 47, II, p. 292 ; Mireur, 1910, II, p. 534, 536, 538 ; Roman, 1919, p. 52, 60, 61, 74, 76, 77 ; Perreau, 2013, cat. *P.473, p. 124.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud Collection particulière [=Jean-Baptiste Michel Colbert, archevêque de Toulouse] (voir François de Colbert, Histoire des Colbert du xve au xxe siècle, ed. F. de Colbert, Grenoble, 2000).
  • 2a. Gravé à mi-corps par Pierre Drevet en 1699 selon Hulst, « rien que le buste, car le tableau est de la figure entière » ; H. 45,3 ; L. 36,3. Sur le pourtour de l’ovale, de part et d’autre d’une composition aux armes : « JACOBUS NICOLAUS COLBERT ARCHIEPISCOPUS ROTHOMAGENSIS NORMANIÆ PRIMAS ABBAS BECCENSIS ET PRIOR DE CHARITATE ». Sur le dessus de la corniche du socle, de part et d’autre de la même composition aux armes, à gauche : « Hyacin.t Rigaud pinxit » ; à droite : « Petr. Devret Sculpsit ». Trois états connus. Voir : Moreri, 1759, III, pp. 801-802 ; Lelong, 1775, p. 171, n°10 ; Paignon-Dijonval, 1810, 7397 ; Nagler, 1836, III, p. 479 et 1843, XIII, p. 183 ; Le Blanc, 1856, II, P.Dr, n°39 ; Firmin-Didot, 1876, P. Dr., n°33 ; Firmin-Didot, 1875-1877, P. Dr., n°417 ; Audin & Vial, 1919, p. 287 ; Jougla de Morenas, 1975, III, p. 15 ; Roux, IV, 1951, n° 321, p. 56 ; Thieme & Becker-Saur 2001, XXIX, p. 409 ; Levallois-Clavel, 2005, I, p. 171, 203, 255 ; ibid. II, p. 150, 152-153, 160, 162, 165, 174, 178, cat. P. Dr. n° 70 ;
  • 2b. Gravé [buste] par Nicolas Habert. Dans un ovale à gauche. Sur le plat du socle, à gauche et à droite : « H. Rigaud. P - N. Habert Sc. ». Dans le socle, de part et d'autre d'un cartouche aux armes : « MESSIRE JACQUES NICOLAS COLBERT / Archevêque de Roüen, Primat de Normandie ». H. 26 ; L. 18,6.
  • 2c. Gravé par Étienne Jehandiers Desrochers, buste tourné à droite dans un ovale avec la lettre suivante : « Jacques Nicolas Colbert / Arch. de Roüen Doct. en The. de la Facul. de Paris / de la Maison et Société de Sorbonne Abbé du Bec / Prieur et seig. Temporel de la Charité sur Loire / mort à Paris en 1707 agé de / 53 ans ». Sur le plat du socle : « Gravé par E Desrochers rue du Foin pres la rue St Jacques ». Sur la tablette, un quatrain « Digne fils d’un illustre Pere / si fameux par son Ministere ; / Colbert fit voir avec Eclat / Tous les Talents d'un grand Prelat », H. 14,4 ; L. 10. Voir Roux, VII, 1951, n°132, p. 161.
  • 2d. Gravé par un anonyme v. 1699.

Copies et travaux :

  • 1697 : « Deux [copies] de mons[ieu]r L’archevesque de Roüen » pour 140 livres (ms. 624, f°13 v°).
  • 1697 : Jean Ranc reçoit 18 livres pour avoir « fini deux tetes de M[onsieu]r larchevecque de Rouen » (ms. 625, f°4 v°).
  • 1697 : Doudenarde reçoit 18 livres « pour une copie de M[onsieu]r l’archevecque de Rouen » (ms. 625, f°4 v°).
  • 1699 : « une [copie] de m[onsieu]r L’archevesque de Rouën » pour 50 livres (ms. 624, f°17).
  • 1699 : Adrien Leprieur reçoit 8 livres pour « une tête de Monsieur l’archeveque de Rouen » (ms. 625, f°6 v°).
  • 1699 : Legros reçoit 7 livres pour « L’habit de M[onsieu]r Larcheveque de Roüen » (ms. 625, f°7).

Malgré le grand nombre des copies réalisées de 1696 à 1699, le portrait original de Jacques-Nicolas Colbert (1654-1707)  demeure non localisé.  Fils du Grand Colbert, docteur en Sorbonne, abbé du Bec, archevêque de Rouen de 1691 à 1707, Jacques-Nicolas fut donné comme coadjuteur en 1680 à François IV Rouxel de Médavy, auquel il succéda en 1691. Il harangua Louis XIV, à la tête du clergé de France, en faveur des protestants. Élu à l’Académie Française grâce à l’influence de son père, il intégra également l’Académie des Inscriptions. « Le grand mérite dont il avait fait preuve, ses connaissances en théologie, les études approfondies auxquelles il s’était livré sur les matières religieuses, le rendaient précieux pour un diocèse où il fallait convaincre par la parole […]. L’Archevêque Colbert était d’ailleurs très empreint des idées de la Cour » (L. Fallue, Histoire de la cathédrale de Rouen, 1851, p. 252). On retrouvera chez Rigaud d’autres membres de sa famille tels ses frères le marquis de Blainville [*P.207] et le comte de Linières [*PC.356 et *PC.791]. Quant à sa sœur, Marguerite-Louise, elle était unie au duc de Saint-Aignan, autre modèle de l’artiste [*P.322].

Les 1400 livres exigées en paiement du tableau indiquent qu’il s’agissait probablement d’une effigie vue jusqu’aux genoux, dont l’estampe de Drevet ne nous donne qu’une idée tronquée ainsi que le précise Hulst dans son catalogue : « Gravé en 1699 par P. Drevet, rien que le buste, car le tableau est de la figure entière ». L’estampe fut commandée par la congrégation des moines de La Charité-sur-Loire dont Jacques Nicolas Colbert était le prieur, seigneur spirituel et temporel.

Le musée des beaux-arts de Rouen possède un portrait du prélat, assis dans un fauteuil, très proche dans son ordonnance de l’œuvre de Rigaud mais réalisé vers 1675 (selon une ancienne étiquette au dos). Plus simple dans sa réalisation, il montre également Colbert assis dans un large fauteuil à haut dossier et à accotoirs décorés d’acanthes, devant une table recouverte de velours. Il montre de la main droite une missive roulée sur le plat du meuble (huile sur toile, H. 116,5 ; L. 102, inv. 914.4.6).

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan