LA FOSSE Charles de

Catégorie: Portraits
Année : 1682

 

P.32

Âge du modèle : 46 ans

Huile sur toile ovale
H. 83,2 ; L. 66,2.
Collection particulière

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1682 pour 88 livres (ms. 624, f° 1 v° : « Mons[ieu]r Delafosse »).

Bibliographie :

Hulst/1, p. 131 ; Eudel, 1910, p. 2 ; Roman, 1919, p. 3 ; Gallenkamp, 1956, p. 167 ; Brême, 2000, p. 66, partie du n° 39 ; Perreau, 2013, cat. P.32, p. 66 ; James-Sarazin, 2016, cat. P.38, p. 28-29.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile ovale d’après Rigaud, H. 81 ; L. 65. France, collection particulière (cat. P.32-1).

Peintre d’allégories et d’histoire, Charles de La Fosse (1636-1716) fut incontestablement un proche de Rigaud. Lui aussi fut élève de Charles Le Brun à qui on attribue bien souvent un protectorat bienfaisant en faveur du catalan, lors de son arrivée à Paris. Il semble, selon Hulst, que c’est en voyant ce premier portrait de La Fosse que Le Brun aurait réussi à convaincre Rigaud de rester à Paris et de se consacrer au portrait. Reçu tardivement à l’Académie (1673) avec un Enlèvement de Proserpine, directeur (1699) puis chancelier (1715), La Fosse fut donc l’un des professeurs de Rigaud dans cette institution, ainsi qu’un des juges qui lui décernèrent son Grand Prix en octobre 1682. Le jeune peintre aura d’ailleurs l’occasion de fixer à nouveau les traits de son aîné, en 1691, dans un portrait plus abouti, gravé à cette occasion par Duchange et Dupin.

Les liens qui unissaient les deux hommes sont attestés, notamment, par le nombre relativement important de toiles de La Fosse dont l’Inventaire après décès de Rigaud témoigne : « deux tableaux peints par la fosse dans leurs bordures dorées numerotés l’un comme l’autre quatre vingt dix neuf, prisés ensemble la somme de trente livres, cy » notés comme n°356 de l’inventaire. De même, au n°382, apparaît « un tableau Esquisse plafond de M. la fosse représentant Saint louis dans sa bordure dorée numéroté cent vingt quatre, prisé la somme de dix livres, cy ». Il s’agissait probablement d’une esquisse préparatoire au plafond du dôme de l’église Saint-Louis des Invalides peint entre 1703 et 1706 et figurant Saint-Louis remettant son épée à Jésus-Christ après avoir vaincu les infidèles. Ce tableau réapparaît dans le catalogue de la vente Collin de Vermont, en 1761, sous le numéro 33, acquit par le peintre Jean Valade au prix de 149 livres 19 sols : « Petit Tableau rond sur toile, peint à l’huile, Esquisse de la coupole des Invalides par la Fosse » (Catalogue de la vente Collin de Vermont, p. 7). Au n°384, la collection de Rigaud livre « un tableau Esquisse de la fosse représentant le temps qui découvre la vérité dans sa bordure dorée numéroté cent vingt six, prisé la somme de huit livres, cy », qui pourrait correspondre à la toile conservée au musée des Beaux-arts de Rouen (Inv. 822.1.38, 2), « esquisse pour un décor non identifié », passée dans la collection Gabriel Lemonnier puis acquise par le musée en 1822. Puis, « deux Petits tableaux Esquisses de M. de la fosse dans leurs bordures dorées numérotés l’un comme l’autre cent quarante quatre, prisés ensemble la somme de dix livres, cy » sont référencés au n°402.

Si les différents biographes ont de tout temps reproché à La Fosse une imperfection du dessin, son goût pour la couleur, fruit d’une puissante étude des maîtres anciens et flamands, ne pouvait que le rapprocher de Hyacinthe Rigaud  : « Charles de La Fosse étoit très prévenu en faveur de Rubens et de vandyck qui, comme lui, s’étoient perfectionnés sur l’école vénitienne, trouvant que ces deux peintres avoient même porté plus loin les connoissances sur l’intelligence de la peinture, et avoient surpassé les Vénitiens dans certaines parties de la couleur » nous avouera d’Argenville. La Fosse obtiendra ensuite d’importantes commandes royales notamment à Versailles et à Trianon. On lui doit également de nombreuses œuvres d’inspiration religieuse à l’église de l’Assomption à Paris et au temple de l’église des Carmes à Toulouse (1682).

Localisation de l´œuvre :

Collection particulière, France

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan