FAGON Guy Crescent

Catégorie: Portraits
Année : 1694

 

*P.384

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste agrandi]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1694 pour 280 livres (ms. 624, f° 10 : « Monsr Fagon, premier médecin du Roy »).

Bibliographie :

Hulst/3, p. 176 ; Vicq d’Azur et d’Alembert, 1791, p. 258 ; Faucheux, 1884, p. 57 ; Legrand, 1911, p. 275-278 ; Roman, 1919, p. 40, 48 ; Weigert, IV, 1961, n° 143, p. 38 ; Amiel, 1981, p. 193-194 ; Perreau, 2013, cat. *P.384, p. 111.

Œuvres en rapport :

  • 1a. Gravé par Gérard Édelinck en 1702 selon Hulst, dans un ovale de pierre, buste à droite, « l’estampe petite grandeur de thèse pour celle de Claude Berger. Elle est devenue très-rare, la planche en étant perdue. » Dans l’ovale : « GUIDO CRECENTIUS FAGON REGI A SANCTIORIBUS CONSILIIS ARCHIATRORUM COMES ». Sur le plat du socle, de part et d’autre de l’ovale : « Hyacinthe Rigaud pinxit - Édelinck sculpsit C. P. R ». Dans le cartouche du socle : « Quem sibit Rex légit Medicis ex omnibus unum / Jam per vola diu publica lectus erat. / Quae Sortes ! Quae Sata Viro concredita ! Regni / Dum venit à Slavo Principe tuta Salus / Santolius Victorinus ». 33,3 x. 25,5 cm ;
  • 1b. Gravé par Étienne Ficquet, en contrepartie : « GUY CRESCENT FAGON. / 1er. Médecin du Roy / Né à Paris le 11 May 1638. Mort le 11 Mars 1718 ». Sur la corniche, de part et d’autre de l’ovale : « Hiacinte Rigaud Pinx. – Ficquet Sculp ». H. 15,5 ; L. 11,2.
  • 2. Huile sur toile ovale. H. 81,5 ; L. 59. Villeurbanne, commerce d'art, galerie Lomberger-Ponvianne, 7 mai 2017 (« Epoque 18e. Portrait de Magistrat »). 

Copies et travaux :

  • 1695 : Leroy reçoit 10 livres « pour une copie de mr Fagon » (ms. 625, f° 2 v°).

« Le docteur est une figure dont vous aurez peine à vous faire une idée. Il a les jambes grêles comme celles d’un oiseau, toutes les dents de la mâchoire supérieure pourries et noires, les lèvres épaisses, ce qui lui rend la bouche saillante, les yeux couverts, la figure allongée, le teint bistre et l’air aussi méchant qu’il l’est en effet ; mais il a beaucoup d’esprit et il est très politique. Je ne crois pas, je le répète, et vous en conviendrez après cette description, qu’il vous eût été possible de vous faire une idée exacte de ce personnage ».

Ainsi s’exprimait la princesse palatine dans une de ses lettres à Sophie de Hannovre, écrite à Port-Royal le dimanche 15 juillet 1696 en décrivant le médecin du roi Guy Crescent Fagon (1636-1718), comte des Archiâtres. Dans l’effigie qu’il nous a laissé, et que nous connaissons par la gravure d’Édelinck, Rigaud a suivit avec précision, la transcription des traits peu flatteurs de son modèle. Figure hideuse à l’accoutrement singulier, asthmatique et bossu selon Saint-Simon, Fagon, fera une carrière exemplaire à la cour : médecin du régiment des gardes suisses (1678), de Marie-Christine de Bavière, l’épouse du Grand Dauphin (1680), de la reine Marie-Thérèse d’Autriche qu’on l’accuse d’avoir envoyé à la mort en peu de temps, il est chargé ensuite de la santé des enfants de France. Ennemi farouche de son collègue D’Aquin dont il prend la place de premier médecin du roi (1693), il sera également surintendant du Jardin du roi et des eaux minérales du royaume. Les 280 livres exigées pour son portrait prouvent sans doute que l’estampe d’Edelink ne nous donne qu’une idée tronquée de la toile originale, sans doute élaborée à l’origine à mi-corps. Selon Vicq d’Azur et d’Alembert : « La Faculté témoigna à Fagon sa reconnoissance [il avait employé son crédit auprès du roi pour obtenir la suppression de la chambre des médecins provinciaux]. Elle décida le 16 avril 1695, que son portrait seroit placé dans les écoles supérieures. Ce portrait peint par le célèbre Rigaud, fut gravé la même année par Édelinck ».

Un portrait d’homme, anciennement dans les collections du conservateur du musée des Beaux-arts de Dijon, Alfred Joliet (Huile sur toile ovale, H. 50 ; L. 61 cm, au v° réf. AF 450, indication au crayon « Fagon médecin de Louis XIV par Rigault ») et aujourd’hui dans une collection privée, doit être aujourd’hui rejeté de l’iconographie du modèle et de Rigaud. En serviteur fidèle du roi Fagon commande également en cette année 1694, une copie en buste du portrait de Louis XIV valant 140 livres (ms. 624, f°10, v° : « Une du Roy p[our]r m[onsieu]r. fagon »).

La version conservée en 2017 dans une galerie d'art à Villeurbanne, quoi qu'à la matière assez usée dans les cheveux et le manteau de Fagon, présente un traitement du visage assez fidèle à ce que devait être l'œuvre originale de Rigaud. Il n'est cependant pas aisé de déterminer s'il s'agit de la copie réalisée par Leroy.

 

mise à jour : 07/05/17

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan