SAXE Hermann Maurice de

Catégorie: Portraits
Année : 1740

 

*P.1428

Âge du modèle : 44 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1740 pour 600 livres (ms. 624, f° 46, rajout de Hulst : « M[onsieu]r Le Comte de Saxe »).

Bibliographie :

Le Blanc, 1847, n° 121, p. 95 ; Portalis et Béraldi, 1880-1882, II, p. 73 ; ibid. III, p. 565, 708 (n° 79) ; Roman, 1919, p. 218 ; cat. exp. Chambord, 1998-99 ; cat. exp. Chambord, 2002-2003, p. 31, 32 ; Perreau, 2013, cat. *P.1428, p. 300 ; James-Sarazin, 2016, cat. *P.1515, p. 533.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 105 ; L. 89. Château de Chambord. Inv. CNMHS, CH 41/0537 (anc. château d’Ancy-le-Franc ; sa vente Paris, hôtel Drouot, Laurin-Guilloux-Buffetaud-Tailleur, 24 juin 1986, lot 130 [=Carle Van Loo] ; achat)1.
  • 2a. Gravé par Johann Georg Wille en 1745 dans une fenêtre de pierre, avec la lettre suivante, de part et d’autre d’une composition aux armes : « Maurice – de Saxe / Duc de Curlande – et de Semigallie / Maréchal – de France ». Sous le trait carré : « Peint par Hiacinthe Rigaud Chev. de l’Ord. de St. Michel / Et Gravé par J. G. Wille 1745. / A Paris chez l’Auteur Quay des Augustins entre les Ruës Pavée et Gile-cœur, au logis de M. Emery ». H. 46,2 ; L. 33,2 cm.
  • 2b. Gravé par Gilles Edme Petit sans date. Trois états connus. 2b-1-H. 15,7 ; L. 10,8. Dans un ovale, buste tourné à droite. Dans la bordure : « MAURICE DE SAXE DUC DE CURLANDE ET DE SEMIGALIE MARECHAL DE FRANCE ». Dans le socle au dessous : « Le Bâton dont Louis honore mon courage, / N'est point un vain appui pour reposer mon bras : / J'en veux faire un plus digne usage, / En chassant l'ennemi bien loin de ses Etats ». Sous le trait carré : « Peint par Rigaud - Petit rue S. Jacques près les Mathu[rins] » ; Second état. 2b-2 : H. 32,4 ; L. 24,2. Dans un ovale, buste tourné à droite. Dans le socle, de part et d'autre d'une composition aux armes : « Maurice - de Saxe / Duc de Curlande - et de Semigallie / Maréchal - de France ». En bas : « O vous qui des Héros voulés régler le rang / Quelque fois sans sçavoir, et souvent par caprice / Si vous me demandés lequel est le plus grand / De Pompée ou Cesar je répons c'est Maurice / par M. le Chevalier de Neuvilles ». Sous le trait carré : « Peint par Hyacinthe Rigaud Ecu[i]er Ch[evali]er de l'Ordre [de] S[aint] Michel - A Paris chez Petit rue S. Jacques pres les Mathurins ». Troisième état, 2b-3 : Dans le socle de part et d'autre d'une composition aux armes : « Maurice Comte de Saxe, Duc de / Courlande et de Sémigalle, Maréchal / Général des Camps et Armées de France ». Sous le socle : Peint par Hyacinthe Rigaud, Ecuier, Chevalier de l'ordre de Saint Michel - gravé par Petit ».
  • 2c. Gravé par Dominique Sornique sans date.
  • 2d. Gravé par Pierre Dupin pour le fond Odieuvre (en ovale vers la droite).
  • 2e. Gravé par Friedrich Heinrich Sintzenich.
  • 2f. Gravé par Haid, manière noire.

Descriptif :

Le portrait du comte Hermann-Maurice de Saxe (1696-1750), prince de Courlande peint par Rigaud fut probablement et rapidement occulté par le pastel exposé par Maurice Quentin de La Tour au salon de 1747 ; pièce qui plut à son modèle, ami et proche du pastelliste. Seule la belle gravure de Wille et la copie conservée à Chambord gardent le souvenir de la composition du catalan, calquée, il est vrai, sur un prototype des années 1700, comme l’atteste le portrait de militaire non identifié, passé dans la vente Phillips en 1994 [P.692].

Né à Goslar en Saxe, le fougueux Hermann-Maurice était le fils naturel de Frédéric-Auguste 1er, roi de Pologne sous le nom d’Auguste II (1670-1733) surnommé Auguste Le Fort et de la comtesse Marie-Aurore von Königsmark. Dès l’âge de douze ans, il s’illustra sur les champs de bataille, d’abord en Flandre contre les Français, avant de gagner Paris en 1720. Il exerça ses talents militaires aux confins de la Livonie et servit successivement le prince Eugène, Pierre le Grand et son père, qui l’avait reconnu en 1711. Présenté au Régent, Philippe d’Orléans, il bénéficie alors du brevet de maréchal de camp (7 août 1720) et achète le régiment de Sparre-Infanterie ; régiment étranger de l’armée française qu’il renomme Saxe-Infanterie. Auteur d’un ouvrage de stratégie militaire singulièrement intitulé Mes rêveries, le comte Maurice de Saxe devint grand capitaine des armées de la France et s’illustra à la bataille de Fontenoy (1745) lors de la guerre de la Succession d’Autriche. C’est juste après cette victoire que les gravures furent réalisées. Ses plus grands succès sont l’attaque et la prise de Prague (1741), Bruxelles (1746) et Maastricht (1747). Il jouit de son vivant d’une gloire immense et quelque peu disproportionnée de son mérite selon certains. Frédéric II, à qui il rend visite, l’appellera « le professeur des généraux ». Le roi l’avait fait maréchal général (comme Turenne) le 12 janvier 1747 et lui avait donné Chambord où il vivra dans le faste, entouré d’un régiment de Uhlans employé au service régulier d’une place de guerre. Il meurt au château le 30 novembre 1750, usé par l’hydropisie et la débauche.

Le maréchal de Saxe fut également portraituré par Nicolas de Largillierre et Jean-Marc Nattier. Sur son effigie, on aperçoit le cordon bleu de l’ordre de l’Aigle blanc de Pologne qui rappelle l’origine royale du prince légitimé.


1Expositions : « Portraits royaux de Chambord », exposition, Chambord, château, 1998-1999, Paris, Ed. du patrimoine, 1998 ; « Mes rêveries, le maréchal de Saxe à Chambord », exposition, Chambord, château, 2002-2003, Association des amis de Chambord, 2002.

Localisation de l´œuvre :

Château de Chambord, France

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan