BOURBON CONDÉ Louis III de

Catégorie: Portraits
Année : 1690

 

*P.199

Âge du modèle : 22 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues [en pied]
Localisation actuelle inconnue

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1690 pour 690 livres (ms. 624, f° 5 v° : « Mons[ei]g[neu]r le Duc de Bourbon »).

Bibliographie :

Rigaud, 1716, p. 116 ; Roman, 1919, p. 23 [f] ; Constans, 1995, II, p. 762, n° 4300 ; Perreau, 2013, cat. *P.199, p. 86.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud, H. 190 ; L. 149 cm. Insc. : « Louis duc de Bourbon / Prince de Condé ». Versailles, musée national du château, MV4327.

« M. le Prince, fils du grand Condé, le fit venir à Versailles en 1694 [sic], pour peindre M. le duc de Bourbon, son fils. Le portrait est de sa hauteur, groupé d’un maure qui lui porte le manteau ducal. Ce tableau a huit pieds de haut [environ 2 m 44] ; il est dans l’appartement de Chantilly. » Si l’on prête foi aux dires de Rigaud, il faut écarter l’interprétation de Roman qui voyait ici une possible effigie d’Henri III Jules de Bourbon (1643-1709), duc d’Enghien, puis Prince de Condé, Duc de Châteauroux et Pair de France, Duc de Montmorency (puis d’Enghien) et Pair de France, Duc de Guise (1704) et Pair de France, Marquis de Graville, Premier Prince du Sang. Parmi les portraits connus de ce fils du Grand-Condé, aucun ne semble en effet appartenir à l’art de Rigaud.

La seule effigie d’un Condé par Rigaud, ne nous est connue que par une copie d’atelier fort médiocre conservée à Versailles, cataloguée d’ailleurs comme portrait du fils d’Henri III Jules, Louis III de Bourbon (1668-1710), surnommé « Monsieur le duc », 6e prince de Condé, duc de Bourbonnais et Pair de France, Duc d’Enghien et Pair de France, Duc de Châteauroux et de Guise (1709) et Pair de France, Prince de Condé et Duc de Bellegarde. Pour avoir examiné de près cette vaste composition, nous pensons qu’il s’agit à l’évidence d’un travail d’atelier réalisé de manière sûre d’après un original du maître. Louis III y est représenté en pied (ce qui justifierai les 690 livres demandées), accompagné d’un jeune serviteur maure, dans une posture qui n’est pas sans présenter quelques analogies avec celle du prince de Conti. Si l’on retrouve ici tous les éléments récurrents de l’art du catalan (mur de fond, rideau, pilastres, mise en scène spectaculaire, délicatesse de la main, drapés animés, belle restitution de l’armure…) on remarque cependant le peu de grâce de la posture même du personnage, comme si Rigaud, encore hésitant à représenter son modèle debout, n’avait pas parfaitement saisi les subtilités de la torsion naturelle exigée ici. La version de Versailles est traditionnellement datée de 1694 alors qu’aucun membre de la famille des Condé n’apparaît dans les livres de comptes à cette date…

Louis III venait d’épouser, en 1685, Mademoiselle de Nantes, Louise-Françoise de Bourbon (1673-1743), fille de Louis XIV et de Mme de Montespan. Roman signalait deux autres copies d’après celle de Versailles : l’une au musée Groeninge de Bruges et l’autre à l’Alte Pinakothek de Munich. Ces deux musées nous ont toutefois infirmé ces localisations.

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan