GUISCARD Louis de

Catégorie: Portraits
Année : 1699

 

PC.604

Âge du modèle :48 ans

Huile sur toile
Dimensions inconnues.
Collection privée.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1699 pour 1500 livres (ms. 624,  f° 16 : « M[onsieu]r le comte de Guiscard, lieutenant général ») ; Coll. baron Descamps, Bruxelles.

Bibliographie :

Roman, 1919, p.70, 77, 110 ; Perreau, 2013, cat. PC.604, p. 145.

Copies et travaux :

  • 1699 : Ranc reçoit 80 livres pour « L’habit de M[onsieu]r de Guiscard » (ms. 625, f° 7).
  • 1704 : « Quatre coppies des ancestres de m[onsieu]r Le Comte de Guiscard » pour 560 livres (ms. 624, f°23, v°). Rigaud exécute ici, à la demande de son client et à l’occasion du portrait de son épouse en 1704, des copies d’œuvres d’autres peintres sans doute, ce qui justifie le prix élevé demandé.
  • 1704 : « Une coppie de m[onsieu]r Le Comte de Guiscard de même grandeur » pour 140 livres (ms. 624, f°23, v°).

Comte de Neuvy-sur-Loire et de La Bourlie, Marquis de Guiscard-Magny, Seigneur de Fourdrinoy, Chevalier de Saint-Louis en 1694[1] puis du Saint-Esprit (1er janvier 1696), Louis, comte puis marquis de Guiscard (1651-1720) fut successivement capitaine, brigadier d’infanterie (1689), inspecteur général de l’infanterie, gouverneur de Sedan (1692) et ambassadeur en Suède (2 août 1698) ce que commémore probablement son portrait par Rigaud.

En cette année 1699, et fort d’avoir dépensé les 1500 livres correspondantes à une effigie à mi-corps que nous faisons correspondre à la toile de l'ancienne collection Descamps, le comte en profite pour commander à Rigaud une copie à 600 livres du portrait de Louis XIV (ms. 624, f°17). Giscard avait épousé en 1677, Angélique de Langlée, dame d’Espicheliere (1653-1725), que Rigaud peindra d’ailleurs en 1703.

Guiscard s’étant illustré à la guerre, Louis XIV érigea pour lui en marquisat (janvier 1703) la terre de Magny, qui prit le nom de Guiscard et que le comte avait acheté en 1699 sous le nom de domaine de Magny aux héritiers de la duchesse de Chaulnes. Le marquis fit construire un nouveau château et aménager autour un jardin régulier. Son fils étant mort lors de campagnes militaires, la terre passa à son gendre Louis-Marie, 4e duc d’Aumont (1691-1723) qui avait effectivement épousé sa fille, Catherine (1688-1723) en 1708. Le duc étant précocement décédé, son fils, Louis-Marie Augustin d’Aumont (1709-1782) en devint rapidement le possesseur. Catherine de Guiscard mourut quant à elle « languissante depuis longtemps et attaquée du poumon. Mme de Guiscard, sa mère, n’est guère en meilleur état » nous dit Tessé dans ses lettres monégasques (Le Glay, 1917, p. 398, 13 juillet 1723). Guiscard aurait usurpé en 1705 la seigneurie de Neuflieux (Aisne) que ses héritiers conserveront jusqu’à la Révolution. Notre modèle était le fils de Jean-Georges de Guiscard, appelé au commandement des Gardes, qui prit le nom de Marquis de la Bourlie.

De sombres et fâcheuses affaires obligèrent ce dernier à quitter son régiment de Normandie pour se retirer sur ses terres de Puy-l’Evêque. Là, ayant été volé, il accusa formellement son premier valet et lui fit administrer une mémorable question. Le procédé n’eut pas l’air de plaire à l’opinion publique et l’on en vint à jaser sur le douteux passé du marquis. Il fut en définitive arrêté et incarcéré à la Conciergerie à Paris. Il mourut en 1712 dans sa propriété de la Vallée de Chevreuse, faussement accusé des manœuvres maladroites qui, ordonnées par Villeroy, avaient fait perdre la bataille de Ramillies en 1706.


[1] Voir D’Hozier, 1817, I, p. 152.

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan