ROQUETTE Gabriel de

Catégorie: Portraits
Année : 1702

 

*P.765

Âge du modèle : 78 ans

Huile sur toile ovale
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1702 pour 150 livres (ms. 624, f° 20 v° : « M[onsieu]r l’évêque d’Autun La Roquette »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 94, 96, 104 ; Régnier, 1988, p. 190 ; Perreau, 2013, cat. *P.765, p. 172.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 81 ; L. 65 cm. Inscr. rapportée, en haut, de part et d’autre de l’ovale : « Gabriel de Roquette / Ev [èque] d’Autun / Fond[ateu]r de / cet Hôpital ». Autun, musée Rolin. H.V. 185. (anc. hôpital d’Autun).

Copies et travaux :

  • 1702 : Fontaine réalise « deux têtes de l’évêque d’Autun » (ms. 625, f°13 v°).
  • 1703 :  « Deux [copie] de Mons[ieu]r l’évêque d’Autun » pour 150 livres (ms. 624, f°22). 

Fils de François de Roquette, seigneur d’Amade, contrôleur général des finances, avocat au Parlement de Toulouse et capitoul (1620), et d’Anne-Marie de Senaux (morte en 1670), Gabriel de Roquette (1624-1707), fut successivement abbé commendataire de Cluny, prieur de Saint-Denis-en-Vaux, près de Poitiers, et de Charlieu. Très lié à la maison de Conti, il entretient d’étroites relations avec la cour où son caractère aimable et parfois besogneux, sa conversation et ses dons d’orateur font merveille. Il prononce ainsi les oraisons funèbres de la duchesse de Condé, du duc de Candale et, le 22 février 1666, celle d’Anne d’Autriche. Prêtre (1662), docteur en théologie de l’université de Bourges, Abbé de Grandselve et conseiller du roi, Roquette est nommé évêque d’Autun par le roi, le 1er mai 1666. Il devient ainsi comte de Saulieu, baron d’Issy-l’Evêque, seigneur d’Alise-Ste-Reine, président-né et perpétuel des Etats de Bourgogne. Démissionnaire en 1702 au profit de son neveu, Bertrand de Senaux, alors vicaire-général du diocèse, il achève sa carrière comme évêque coadjuteur.

Dans ses Mémoires, Saint-Simon, n’est pas tendre avec l’évêque (II, 45) :

« Tout sucre et tout miel, lié aux femmes importantes, et entrant dans toutes les intrigues ; toutefois grand béat, c’est sur lui que Molière prit son Tartuffe, et personne ne s’y méprit ». Le comte de Bussy-Rabutin en donne, quant à lui, un portrait plus flatteur : « C’étoit un homme d’esprit nourri à la cour [...] ; il étoit exact pour tous ses devoirs, illustre par les amitiés des princes de Condé et de Conti, du chancelier le Tellier et en un mot de tous les gens de mérite qui l’avoient pratiqué [...]. Il commença par se dépouiller d’un bénéfice de 1200 écus de rente […]. Je ne sais pas si ce prélat donna cet exemple à d’autres évêques, mais je doute qu’il l’ait reçu de personne ».

Le faible portrait de l’évêque, conservé au musée Rolin d’Autun et en provenance de l’ancien Hôpital, nous évoque sans doute ce qu’aurait pu être l’original produit par Rigaud en 1702. On y retrouve l’agencement caractéristique des drapés de l’artiste, tandis que le visage, beaucoup plus faible, correspond néanmoins à l’âge que devait avoir l’évêque : soit 78 ans. 

Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan