BRIGNOLE SALE Anton Giulio II

Catégorie: Portraits
Année : 1704

 

P.838

Âge du modèle : 31 ans

Huile sur toile
H. 91,5 ; L. 73,4.
Milan, Collection particulière

Sign. v° : « Hyacinthe Rigaud f. à Paris 1704 ».

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1704 pour 300 livres (ms. 624, f° 22 v° : « M[onsieu]r le marquis Brignoly, Envoyé de Genes ») ; coll. anon. Lombarde ; vente Rome, Christie’s, 4 décembre 2002, lot 425 ; vente Milan, Christie’s, 18 juin 2003, lot 465).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 107 ; Tagliaferro, 1995, p. 144-147 ; Boccardo, Fabbio et Besta, 1999, p. 99 ; Tagliaferro, 2000, n° 66, p. 25-34 ; Sanguineti, 2001, p. 42-43 ; Sanguineti, 2002, p. 81-85 ; James-Sarazin, 2003/3, p. 209-210 ; Perreau, 2004, p. 234, 236 ; Sanguineti, 2011, p. 34-36 ; Perreau, 2013, cat. P.838, p. 184 ; Sanguineti, 2015, cat. n°3, p. 62-69.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile ovale, suiveur de Rigaud (Lonrenzo de Ferrari ?), H. 136 ; L. 102. Gênes, Galleria di Palazzo Rosso. Inv. PR 141.
  • 2. Huile sur toile ovale, suiveur de Rigaud. Italie, marché de l’art.

Les documents d’archives et une physionomie caractéristique ont pu rétablir l’identité véritable du modèle (jusqu’ici erronée), comme étant celle d’Anton Giulio II Brignole-Sale (1673-1710), 5e marquis de Gropoli, patricien Génois. Fils de Giovanni Francesco II (1643-1693) et de Maria Durazzo (morte en 1714), il fut successivement ambassadeur de la République de Gènes auprès de S. M. Catholique à Naples en 1702 puis invité extraordinaire de la République de Gènes auprès du roi de France entre janvier et mai 1704 (Vitale le cite avec le prénom erroné de Giambattista). Il avait épousé à Gènes, le 12 octobre 1694, Isabella Brignole, fille de Giovanni Giacomo, patricien génois, sénateur, et de Lucrezia Pallavicini.

La première mention du portrait apparaît, lorsqu’à la mort du modèle en 1710, son second fils paye Lorenzo De Ferrari, le 29 août 1717, pour un « Ritratto del signor Anton Giulio copia di Lorenzo De Ferrari da originale di Monsieur Rigo, 150 lire »[1]. Curieusement, il n’est fait aucune mention du portrait original lors du partage des biens des parents entre Giovanni-Francesco III et Ridolfo Brignole. En effet, dans l’inventaire de 1750 de la collection de Giovanni-Stefano Durazzo est répertoriée la copie du portrait « del Sig. Anton Giulio Brignole » par Lorenzo di Ferrari avec la précision suivante : « L’originale de Mons.r Lebrun légué par testament au Sig. Gio. Stefano Durazzo […] ».

L’exemplaire du Palazzo Rosso, considéré par des publications de 2003 comme l'original de Rigaud, a pourtant longtemps été attribué par tradition au peintre Giovanni Maria delle Piane, dit Il Mulinaretto (1660-1745), grand imitateur de Rigaud. Il fut définitivement rendu par Boccardo et Sanguineti à un suiveur du catalan, probablement De Ferrari. Comme Sanguineti le confirme encore en 2015, la version vendue par Christie’s, à la technique moins lissée, privilégiant les effets de matière, doit revenir entièrement à Rigaud et constituer l’original de 1704.

Le fil du marquis, Francesco III Savério, passera à son tour en 1739 dans l'atelier de Rigaud en compagnie de son épouse, pour deux portraits à mi-corps confectionnés en pendant l'un de l'autre.


[1] Milan, Finarte ; Sanguineti, 2001, repr. p. 43, fig. 29.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan