VAUBAN Sébastien Le Prestre, marquis de

Catégorie: Portraits
Année : 1704

 

PC.848

Âge du modèle : 71 ans

Huile sur toile
H. 136 ; L. 103.
Paris, Collection particulière.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1704 pour 500 livres (ms. 624, f° 22 v° : « M[onsieu]r le maréchal de Vauban ») ; château Bazoches, 1779 ; collection Feriol ; Tours, collection de Beaumont ; collection marquise de Vauban, 1784 ; Paris, collection comte de Fontenay, 1878.

Bibliographie :

Hulst/3, p. 183 ; Allent, 1805, p. 700 ; Jouin, 1878, p. 46 ; Saige, 1906, p. 268-275 ; Roman, 1919, p. 108, 120 ; cat. Dijon, 1968, n° 320 ; Perreau, 2004, p. 117, 161 ; Marcheteau de Quincay, 2006, p. 21 ; James-Sarazin, 2009/1, n° 41 (gr.), p. 120 ; Perreau, 2013, cat. PC.848, p. 186.

Exposition :

1878, Paris, n°213.

Copies et travaux :

  • 1705 : Bailleul reçoit 40 livres pour avoir fait « l’habit de m[onsieu]r le maréchal de vaubam » et 100 livres pour « Deux copies du même maréchal » (ms. 625, f° 19).

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile, suiveur de Rigaud (esquisse), H. 37 ; L. 29. Dijon, musée des Beaux-arts. Inv. 320.
  • 2. Huile sur toile d’après Rigaud [nf], H. 129,5 ; L. 96,5. Collection particulière (ancienne collection R. Bernal ; sa vente, Londres, Christie’s, 5 mars 1855, lot 787 ; Écosse, Hamilton Palace, collection W. A. A. Archibald, 11e duc d’Hamilton ; par descendance à W. A. L. Stephen, 12e duc d’Hamilton ; vente Christie’s, Londres, 17-20 juillet 1882, lot 1112 ; collection A. Primrose, 5e comte de Rosebery ; par descendance à Sir Albert Primrose, 6e comte de Rosebery ; vente Londres, Christie’s, 5 mai 1939, lot 121 ; vente Londres, Christie’s, 2 mai 1958, lot 35 ; vente New York, Christie’s, 4 juin 2009, lot 50.
  • 3. Pierre noire d’après Rigaud Paris, Inspection du Génie.
  • 4. Pastel de couleur, estompe sur papier bleu, suiveur de Rigaud, H. 49,8 ; L. 32,5. Collection particulière (vente Paris, Christie’s, 21 novembre 2007, lot 77).
  • 5a. Gravé par Nicolas Gabriel Dupuis dans un ovale de pierre en contrepartie, en 1738 selon Hulst « buste sans mains, pris dans un tableau de plus grande composition. Petite estampe de la collection d’Odieuvre et ainsi de forme à peu près d’un in-4° » : « SEBAST. LE PRESTRE, DE VAUBAN / Marêchal de France / Né le 12 Mai 1633. Mort à Paris le 30 Mars 1707 ». Sur le socle, de part et d’autre de l’ovale : « Hyac. Rigaud pinx. - N. Dupuis Sculp. / C.P.R ». Sous le trait carré : « A Paris chez Odieuvre, Md d’Estampes, quai de l’Ecole, vis-à-vis la Samarite à la belle image » ;
  • 5b. Gravé par Georg Frédéric Schmidt.

Sébastien Le Prestre (1633-1707), seigneur puis marquis de Vauban, Bazoches, Pierreperthuis, Pouilly, Crevon, Lacherre, Epiry, fils d’Urbain Le Prestre et d’Edme Corbignolles se fit portraiturer par Rigaud pour commémorer son titre récent de maréchal de France, que le roi lui donna en janvier 1703. En plus du bâton fleudelysé que conférait cette distinction, Vauban est représenté le buste ceint du cordon de l’ordre du Saint-Esprit qu’il reçut le 2 février 1705. Il porte également l'écharpe blanche du commandement militaire obtenu en 1688.

C'est en 1660 qu'il épousa Jeanne d’Osnay, fille de Claude d’Osnay, baron d’Epiry et d’Urbaine de Cormier, dont un médiocre portrait d’après l’effigie de Marie Cadenne par Rigaud est conservé au château de Bazoches.

Saint-Simon admirait beaucoup le militaire et lui consacra un long article dans ses Mémoires pour souligner la modestie de l’homme à l’occasion de cette nomination prestigieuse :

« C’était un homme de médiocre taille, assez trapu, qui avait fort l’air de guerre, mais en même temps un extérieur rustre et grossier pour ne pas dire brutal et féroce. Il n’était rien moins : jamais homme plus doux, plus compatissant, plus obligeant, mais respectueux sans nulle politesse, et le plus avare ménager de la vie des hommes, avec une valeur qui prenait tout sur soi, et donnait tout aux autres […]. Ce prince [Louis XIV] s’était ouvert à lui, un an auparavant, de la volonté qu’il avait de le faire maréchal de France. Vauban l’avait supplié de faire réflexion que cette dignité n’était point faite pour un homme de son état, qui ne pouvait jamais commander ses armées, et qui les jetterait dans l’embarras si, faisant un siège, le général se trouvait moins ancien maréchal de France que lui. Un refus si généreux, et appuyé de raisons que la seule vertu fournissait, augmenta encore le désir du Roi de la couronner. Vauban avait cinquante-trois sièges en chef, dont une vingtaine en présence du Roi, qui crut se faire maréchal de France soi-même et honorer ses propres lauriers en donnant le bâton à Vauban. Il le reçut avec la même modestie qu’il avait manqué de désintéressement. Tout applaudit à ce comble d’honneur, où aucun autre de ce genre n’était parvenu avant lui et n’est arrivé depuis ».

Plus tard, le mémorialiste requalifiera Vauban d’homme « le plus honorable et le plus vertueux pour son âge, incapable de se prêter à n’importe quoi faux ou mauvais ». La posture utilisée par Rigaud connut un franc succès et sera reprise avec plus ou moins de variantes pour plusieurs autres modèles.

Roman signalait une version au musée de Saintes ce qui nous a été infirmé.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan