CATTANEO Nicolo

Catégorie: Portraits
Année : 1705

 

P.868

Âge du modèle : 29 ans

Huile sur toile
H. 102,5 ; L. 82.
Gênes, Collection particulière

Daté et signé au dos : « Fait / par Hyacinshe / Rigaud a / Paris / 1705 »

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1705 pour 200 livres (ms. 624, f° 23 v° : « M[onsieu]r le marquis de Catano, de Génes »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 114 ; Sanguineti, 2001, p. 42 ; Sanguineti, 2011, p. 35-36 ; Perreau, « Ces Gentilshommes de Rigaud », [en ligne], 21 mai 2012, www.hyacinthe-rigaud.over-blog.com ; Perreau, 2013, cat. P.868, p. 188-189 [marquis de Catano (1679-1751), attr. fautive], p. 912 [anonyme] ; Sanguinetti, 2015, n°4, p. 70-75.

Descriptif :

L'identification des modèles génois inscrits dans les livres de comptes de Rigaud par les historiens de l'art français fut longtemps difficile à mener à bien. Cela est dû principalement au manque de source directe et à l'approximation des témoignages historiques concernant le passage de ces gentilhommes à Paris. La méconnaissance également de la généalogies des patriciens génois n'a pas aidé à préciser les hypothèses. Ainsi, Roman, en 1919, ne formulait-il aucune proposition. En 2011, le spécialiste du portrait génois et de l'œuvre de Il Mulinaretto (qui s'inspira grandement du style de Rigaud), avait tenté de remettre de l'ordre dans ces modèles, en ayant la possibilité de voir un certain nombre de portraits à Gênes même. Il avait proposé de voir dans le marquis de Catano, Niccolo Cattaneo Della Volta, marquis de Catano (1679-1751) en faisant correspondre au modèle le visage d'un homme en habit de ville, aujourd'hui donné comme possible effigie du marquis Giacomo Lomellini.

À la faveur d'une très récente exposition, le dottore Sanguineti a pu revenir sur cette attribution en examinant un autre portrait qu'il n'avait pu voir de près. Daté et signé au dos, il semble correspondre idéalement en âge, en prix et en style à la seule effigie d'un Génois peint par Rigaud cette année là. L'homme est vu en armure, le buste de profil, tenant d'un revers de la main, le pommeau d'une canne. Le style de la perruque correspond tout à fait à la mode de la décennie 1700-1710 et la posture n'est pas sans évoquer d'autres portraits de militaires, le bras tendu vers l'extérieur du tableau.

Mais bien plus encore, de préciseuses recherches de Monsieur Sanguineti dans les archives privées des Cataneo a pu mettre en lumière la présence du portrait peint par Rigaud. Ainsi, dans le journal de Nicolo Cattaneo (1676-1746), fils d'Alesandro et d'Elena Grimaldi Cebà, on pouvait lire aux années 1699-1719 : « per valuta du franchi 150 che pagai in Pariggi a Monsieur de Rigo per il mio rittratto che li anni passati colà mi feci fare, lire 250 » (Archivio privato, Giornale de Nicolo Cattaneo, registre 8).

 

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan