GREDER Franz Lorenz von

Catégorie: Portraits
Année : 1705

 

PC.871

Âge du modèle : 47 ans

Huile sur toile
H. 80 ; L. 63.
Solothurn, Museum Blumenstein. Inv. 1951.70

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1705 pour 140 livres (ms. 624, f° 23 v° : « M[onsieu]r de Greder Lieutenant General [rajout :] Habillem[ent] Répété ») ; anciennement au château d’Auvernier à Neuenburg.

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 114 [f], 120 ; Paul de Vallière, Treue und Ehre, Geschichte der Schweizer in Fremden Diensten, Les éditions d’art suisse ancien, Lausanne, 1940, p. 429 ; Stefan Blanck, Die Kunstdenkmäler des Kantons Solothurn ; Stadt Solothurn II. Profanbauten, Volume 2, Weise, 2008, p. 147 ; Perreau, « Franz Laurenz Greder, un nouveau Suisse croqué par Rigaud », en ligne, www.hyacinthe-rigaud.over-blog.com, 14 février 2014 ; Perreau, 2013, cat. *PC.871, p. 189.

Copies et travaux : 

  • 1705 : Bailleul est payé 9 livres pour avoir fait « l’habit de m[onsieu]r greder » (ms. 625, f° 19).

Descriptif :

Second portrait de Franz Lorenz dit « François-Laurent » von Greder (1658-1716) après une première effigie en 1691. Le militaire au service de la France repassa chez Rigaud afin de célébrer son tout nouveau grade de lieutenant général, obtenu en 1704. Roman proposait Louis Greder, pourtant mort depuis 1703.

Notre modèle opte pour un portrait en « habillement répété » largement inspiré de modèles contemporains qui remportaient alors un vif succès. L'œuvre, anciennement au château d’Auvernier à Neuenburg, orne aujourd’hui le trumeau de la cheminée du salon rouge du musée Blumenstein de Soleure (ancienne demeure de plaisance des Mollondin) et nous offre ainsi d’utiles éléments comparatifs sur la morphologie du modèle (elle remplace dans le même cadre, une copie du portrait de Charles XII de Suède peinte par Rigaud...). On y retrouve la face assurée du même homme, de la moindre inflexion du sourcil à l’acuité du regard déjà présents quelques quinze ans plus tôt. Présenté de trois quarts vers la droite (plutôt que de face), Greder avait gagné en renommée et portait haut ses faits d’armes. À la même époque, plusieurs militaires optèrent pour semblable posture. Nous pensons notamment à Christian III de Bavière, comte palatin de Birkenfeld (1674-1735) ou à Alexandre-Etienne-Raoul-Claude de Labbadie d’Aumay (1687-1773) l’année suivante, toutes réductions en buste d’une attitude inventée vers 1690 par Rigaud pour les grand militaires à mi corps, brandissant un bâton de commandement devant un paysage de bataille du type du « Grand Dauphin ». On retrouvera semblable mise en scène, réduite en buste, dans bien d’autres portraits de militaires, ces derniers renvoyant par leurs variantes à des prototypes très voisins du genre « Belle-Isle ». Mais la liste pouvant s’allonger à l’envie et Rigaud s’amusant à varier à l’infini ses postures comme le prouvent les répertoires de postures cuirassées qu’il nous a laissés.

Le tableau de Solothurn est aujourd’hui encadré d’une effigie de la sœur du modèle, Maria Franziska (1674-1749) d’après Largillière et du portrait de l’époux de cette dernière, Franz Heinrich von Stäffis-Mollondin (1673-1749), lui-même copie XVIIIe d’après un original également peint par Rigaud en cette même année 1705.

Nous remercions le Dr. phillip Erich Weber, conservateur du Museum Blumenstein de Solothurn pour nous avoir aidé dans nos recherches et nous avoir donné l’exclusivité des photographies de son musée.

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan