ALBERT D'AILLY Louis Auguste d'

Catégorie: Portraits
Année : 1707

 

PC.959

Âge du modèle : 31 ans

Huile sur toile
H. 146 ; L. 114.
Château de Dampierre

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1707 pour 500 livres (ms. 624, f° 26 : « M[onsieu]r Le Vidame D’amiens Chevreuse. [rajout :] H[abillement]. r[épété]. »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 131, 134 ; Le Glay, 1917, p. 140 ; Perreau, 2004, p. 207 ; Marcheteau de Quincay, 2006, p. 21 et note 88 [=réplique selon James-Sarazin] ; Perreau, 2013, cat. PC.959, p. 203.

Œuvres en rapport :

  • 1. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 127 ; L. 108. Versailles, musée National du château. Inv. 7518, MV3675, LP 6395. Achat de M. Lacroix pour Versailles en 1845. Voir Constans, n°3872 ; Constans, 1995, II, p. 761, cat. 4289. 
  • 2. Huile sur toile, suiveur de Rigaud, H. 92 ; L. 73. Vienne, Collection particulière (vente Paris, hôtel Drouot, Pillet, 9 avril 1865 ; coll. Gariel ; vente Paris, hôtel Drouot, Boscher Studer Fromentin, 20 novembre 2009, lot 5 ; vente Vienne, Dorotheum, 14 décembre 2010, lot 254).
  • 3. Huile sur toile d’après Rigaud. H. 135,6 ; L. 100,7 cm. Collection particulière (vente Londres, Christie’s, 22 avril 2008, lot 252 [=comte d’évreux]).

Copies et travaux : 

  • 1707 : Leprieur reçoit 58 livres pour avoir « habillé m[onsieu]r le vidame d’Amiens en grand » (ms. 625, f° 22).

Descriptif :

Lorsque Louis-Auguste d’Albert d’Ailly (1676-1744), vidame d’Amiens puis duc de Chaulnes (1711), baron de Picquigny et comte de Vignacourt, passe devant Rigaud, il convient avec l’artiste d’un modèle repris d’une attitude antérieure à l’exemple du portrait du comte d’Evreux de 1703, lui-même « habillement répété ». La vêture fut réalisée par Adrien Leprieur qui en reçoit 58 livres pour parfait paiement de son travail. Sur certains exemplaires de son portrait, tel celui de Versailles, le duc fit rajouter le cordon bleu de l'ordre du Saint Esprit, reçu des mains du roi le 2 février 1724. La version d'atelier vendue à Vienne en 2010 ne comporte pas cette distinction ce qui pourrait la dater d'avant 1724.

Maréchal de France (1741), il était le fils cadet de Charles-Honoré d'Albert (1646-1712), duc de Luynes, peint par Rigaud la même année, et de Jeanne Marie Colbert (1650-1732), elle même fille de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). Il combattit en Flandre, en Italie et au siège de Philippsbourg, et se fit notamment remarquer lors de la marche sur Gand en 1706. Capitaine au régiment du Roi (1695), sous-lieutenant aux chevau-légers de la Garde (1702), capitaine lieutenant des deux cens chevaux légers de la garde ordinaire (1704), lieutenant général (1718), chevalier des ordres (1724), gouverneur d’Amiens et de Corbie (1729), notre modèle est cité par Dangeau dans son Journal à l'occasion de l'obtention du duché pairie, le 8 octobre 1711 :

« Le roi fait duc et pair le vidame d'Amiens, fils de M. De Chevreuse, en érigeant de nouveau la terre de Chaulnes en duché et pairie dont il portera le nom. Cette terre avait déjà été érigée en duché et pairie pour le maréchal de Chaulnes, frère du connétable de Luynes, et dans les lettres il y avait : ‘pour les hoirs et successeurs’. Ce mot de successeur établissait le droit de M. De Chevreuse sur ce duché, et il y avait des exemples qui autorisaient ce droit. Le duché de Joyeuse avait passé plusieurs fois aux successeurs, quoiqu' ils ne fussent pas hoirs ; et quand le roi fit les quatorze ducs en 1664, quelques-uns d'entre eux avoient fait mettre dans leurs lettres le mot de successeur, ce que le parlement ne voulut pas passer et les obligea de changer, ce qui marque bien la force de ce mot-là en pareil cas. Hoirs, dans ces lettres-là, ne signifie pas simplement héritiers, quoique ce soit la signification naturelle ; il veut dire fils ».

Le comte de Tessé, dans une lettre à Antoine 1er du 11 octobre 1711, le nomme encore vidame d’Amiens et « second fils de M. le duc de Chevreuse ». Le duc avait épousé, le 21 juillet 1704, Marie-Anne-Romaine de Beaumanoir de Lavardin (1688-1745), fille d’Henri Charles de Beaumanoir (1644-1701), peint par Rigaud en 1690.  

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan