ALLONVILLE DE LOUVILLE Charles Auguste d'

Catégorie: Portraits
Année : 1708

 

PC.1018

Âge du modèle : 44 ans

Huile sur toile
H. 141 ; L. 109 cm
Worcester, Art Museum. Inv. 1980.35

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1708 pour 300 livres (ms. 624, f° 28 : « M[onsieu]r et Mad[am]e de Louville. [rajout :] Hab[illement]. Rép[été]. ») ; coll. Louville au château de Louville-la Chénard ; coll. marquis du Roure ; galerie Ségoura, New York, 1979 ; don Buffington et Paine au musée en 1980. 

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 139, 142 ; Maurice Segoura, Eighteenth Century French Academic Art: Selected Works. New York, 1979, p. 15-17, pl. 3  ; Worcester Art Museum Journal, Vol. 4 (1980-81), repr. p. 40 ; The Burlington Magazine. Vol. CXXIII, n° 936 (mars 1981), p. 192, fig. 34 ; Perreau, 2004, p. 206, 241 ; Perreau, 15 juin 2011, op. cit. ; Perreau, 2013, cat. PC.1018, p. 212.

Œuvres en rapport : 

  • 1. Huile sur toile d'après Rigaud. H. 136,5 ; L. 103. Paris, hôtel Drouot, FL Auction, 29 juin 2016, lot. 9.
  • 2. Copie par Alexandre François Caminade (1789-1862) d’après Rigaud. Huile sur toile. H. 125 ; L. 97. Versailles, musée national du château. Inv. 7553, MV3688, LP 4456. Commandé par Louis-Philippe pour le musée Historique de Versailles en 1840. Signé en bas à gauche : Caminade d’après H[acin]the Rigaud. Inscription en haut à gauche sous l’écusson aux armes : Charles Auguste d’Allonville / M[arqui]s de Louville Chambellan / de Philippe 5 Roi d’Espagne. Voir Constans, 1995, I, p. 139, n°777.
  • 3. Selon Roman, ce portrait fut gravé deux fois par Desrodes à mi-corps, puis par un anonyme en buste, tous deux pour la Galerie Historique de Versailles (1838). 

Copies et travaux : 

  • 1708 : Monmorency reçoit 8 livres pour avoir « habillé m[onsieu]r le marquis de Louville » (ms. 625, f° 24).

C'est selon le principe de l'habillement répêté d'après une attitude déjà employée auparavant par l'artiste, que Rigaud produisit simultanément les portraits du marquis et de la marquise de Louville à l'occasion de leur mariage en juin 1708. On peut ainsi penser que les effigies furent terminées et payées à la toute fin de l'année, compte tenu de la place de leur inscription dans les comptes de Rigaud. Capitaine au régiment du roi infanterie puis colonel du régiment de Lombardie, Charles-Auguste d’Allonville, marquis de Louville (1664-1731) est figuré en armure, une main sur son épée portée à la taille, l'autre tendue vers le côté gauche de la composition, surplombant son casque à joues et panache, posé sur un rebord de pierre. Le fond neutre se compose d'un simple effet de lumière, habillé d'un drapé à droite.

Placé dès 1690 auprès du Duc d’Anjou, comme gentilhomme de la Manche, Louville accompagna en 1701 le nouveau roi Philippe V en Espagne. À cette occasion d’ailleurs, le marquis commande à Rigaud une copie du portrait du nouveau monarque qu’il paye 450 livres. Louville devint ensuite gentilhomme de la chambre du duc de Bournonville, puis attaché au duc de Bourgogne de 1703 au 18 février 1712. Au gré de ses mémoires, Saint Simon considérait en 1694 l'homme, par ailleurs attaché à sa famille par son père :

« C'était un gentilhomme de bon lieu, dont la mère l'était aussi, la famille de laquelle avait toujours été fort attachée à mon père et qu'il avait fort protégée dan sa faveur, et longtemps depuis par M. de Seignelay. Louville, élevé dans ce même attachement, avait été pris, de capitaine au régiment du roi infanterie, pour être gentilhomme de la manche de M. le duc d'Anjou, par M. de Beauvilliers, à la recommandation de mon père, et M. de Beauvilliers, qui l'avait fort goûté depuis, ne l'avait connu, quoique son parent, que par mon père. Louville était d'ailleurs homme d'infiniment d'esprit, et qui, avec une imagination qui le rendait toujours neuf et de la plus excellente compagnie, avait toute la lumière et le sens des grandes affaires et des plus solides et des meilleurs conseils. » 

L'exemplaire vendu aux enchères en 2016 à Paris, que nous avons pu examiner de près, est une reprise anonyme de l'œuvre originale. Conservée dans la branche cadette de la maison de Louville, elle présente d'infimes différences par rapport à l'original américain : la couleur du ceinturon est devenu verte et les anneaux près du ruban de l'ordre, reproduits un peu trop symétriquement. Dans l'exemplaire de Worcester, ils sont un peu décalés ce qui donne plus de naturel et de relief.

Localisation de l´œuvre :

Worcester, Art Museum, United States

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan