LE PAGE Mademoiselle

Catégorie: Portraits
Année : 1709

 

*PC.1042                                                                         

Huile sur toile
Dimensions inconnues [buste]
Localisation actuelle inconnue.

Historique :

Paiement inscrit aux livres de comptes en 1709 pour 150 livres (ms. 624, f° 29 v° : « M[adam]e Le Page, de Roüen »).

Bibliographie :

Roman, 1919, p. 145 [f], 149 ; Perreau, 2013, cat. *PC.1042, p. 215 [Marguerite Fichet ?] ; James-Sarazin, 2016, II, cat. *P.1094, p. 365 [sans proposition].

Copies et travaux : 

  • 1709 : Bailleul reçoit 10 livres pour avoir « habillé Mad[demoisel]le [sic] Le Page » (ms.  625, f° 26).

L'utilisation du titre « Madame » pour le portrait original puis, consécutivement, de « Mademoiselle » pour la participation de Bailleul à la vêture, semble ne pas aider l'historien pour déterminer avec exactitude l'identité du modèle. Qu'elle soit épouse d'un Le Page ou fille d'un Le Page, plusieurs modèles pouvaient tout aussi bien prétendre à remporter ici l'adhésion.

Roman, le premier, proposa Anne d’Anfreville qui, mariée dès 1688 à Jean Le Page (1659-1702), seigneur du Rouvroy, vivait en 1709 dans l'état du veuvage à Épénancourt-sur-Somme. Cette retraîte du monde parisien n'en faisait pas à notre sens une candidate idéale1.

On pourrait encore avancer, avec de menues précautions, le nom Marguerite Fichet de Lamberville, épouse de Jean Le Page (mort en 1714), originaire de Rouen et qui avait été justement pourvu de la charge de premier avocat au présidial de Caen par lettres du 18 mai 1709 : « Aujourd'huy, 2 febvrier 1709, M. Jean Le Page, fils de M. Le Page, maistre du carrosse de Rouen, a pris possession de la charge d'advocat du Roy au Bailliage et Siège présidial de Caen, que possédoit feu M. de Vauquelin, escuyer, sieur d'Ennecy ». Cette acquisition aurait tout à fait pu motiver Le Page à commander un portrait de son épouse avant de quitter la capitale normande2.

Plus récemment, et à l'issue de la redécouverte du portrait des enfants Bouette de Blémur peint en 1703 par Gaspard Rigaud (œuvre retouchée pour Hyacinthe), James-Sarazin a proposé de voir dans le présent modèle, Marie-Anne Margueritte Bouette de Blémur, épouse depuis le 6 mars 1707 de Louis Le Page, juge consul, puis prieur de la Chambre de commerce de Rouen. Le présent portrait ne serait donc pas l'effigie de « Mademoiselle Le Page » mais de « Madame Le Page ».

 


1. Selon James-Sarazin, qui ignorait en 2016 la date de décès de Jean le Page, rien ne prouvait que le couple habitait Rouen « vingt ans après leur contrat de mariage reçu au tabellionnage de Beauvais. »

2. Bulletin de la Société des antiquaires de Normandie, 1909, tome 26, p. 61. Cette idée a été rejetée par James-Sarazin pour qui l'avocat « attaché à cour [sic] subalterne de province » lui semblait plutôt « appartenir à un rang qui ne frappait plus depuis deux décennies à la porte de Rigaud. »

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Autoportrait de Hyacinthe Rigaud. Coll. musée d’art Hyacinthe Rigaud / Ville de Perpignan © Pascale Marchesan / Service photo ville de Perpignan